SVR SON THEATRE
HARDY, dont l'esprit inuentif r - - -
Rend celuy du Lecteur captif, 3 ~* ""Qui se plaist à voir ton ouurage : Pardonne-moy si ie te dis, Que pour faire des vers Hardis 6 II faut imiter ton langage.
Les autres petits Escriuains, De vers inutiles, & vains 9 Nous vont remplissant les oreilles:
Mais toy, notre Apollon François, Autant de vers que tu conçois, 12 Ce sont tout auant de merueilles.
Ces Rimeurs perdent leur crédit, Le parler leur est interdit 15 Depuis qu'on a veu ce volume ; Et de ja les plus beaux esprits Tiennent tous les vers en mépris, 18 Qui ne sortent pas de ta plume.
Aussy mon HARDY les douceurs, Dont s'entretiennent les neuf sœurs, 21 Auec lesquelles tu t'amuses.
Leurs charmes, leurs plaisirs diucrs, Se rencontrent dedans tes vers, 24 Comme dans le iardin des Muses. L^'^J
Courage, ne te lasse pas, Que ces charmes, & ces apas, 27 Dont souuent ton esprit s'en-yure, Te tiennent en si belle humeur, Que tous les iours ton Imprimeur 30 Fasse vn volume de ton liure.
Et qu'on puisse dire en tous lieux, Que ton esprit laborieux 33 (A qui nul autre ne ressemble) A plus fait en ses jeunes ans, Que tous les Ecriuains du tâns 3(3 Ne feront iamais tous ensemble,
DE LAFFEMAS, Conseiller Secrétaire du Roy, & de ses Finances, & Lieutenant de Monsieur le Duc de Sully, Pair, & Grand- Voyer de France, en la Généralité de Paris.