‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 106 sur 230 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

THESEE, MALEAGRE, PIRITHOIS, LINCEE, PLEXIPE, TOXEE, ATALANTE, VENEVR.

VEnus à, ton secours, iuge si telle bande Peut le monstre deffait accomplir ta demande, luge si chez Neptune, où chez le Roy des morts Aucun se treuueroit digne de ses efforts. 9 L'vniuers me connoist leur fléau redoutable, Pourquoy donc employer que madextreindomtable? Thésée combatant, reposez-vous amis, 12 Fussent les infernaux, & les Cieux ennemis. Ma dextre se promet vne victoire entière, Où ie perdray vaincu l'honneur, & la lumière, 15 Les perdre en vn exploit qui peu laborieux [228]

Semble nostre pouuoir blesser iniurieux.

MELEAGRE.

A mon grand deshonneur la rancune céleste 18 Paroist en ce seul point plus inique, & moleste,

M'afflige malheureux dauantage, réduit

A me tenir vaincu de Fennemy qui fuit, 21 M'implorer du secours sans moyen, sans espace,

D'opposer son courage à ce foudre qui passe:

Autrement Jupiter, tu me seras témoin, 24 Que ia vaincœur où mort les armes dans le poin,

La pointe du péril emporteroit éleuë,

Ma première louange aux neueux impoluë:

27 ^Quiconque à ce suiet refuse le trépas,

»Trahit le nom de Roy qu'il ne mérite pas.

PIRITHOIS.

Monarque ^tolien ta valeur indomtée,

30 Au suprême degré de la gloire montée, Ne se peut reuoquer en doute nullement, Chez ceux que même aspect influe également,

33 Chez ceux que tu as eus compagnons de fortune. Quand la première nef triompha de Neptune: Nous sçauons que la peur de ta présence fuit,

36 Qu'vn brutal aduersaire en trahison te nuit : Or me feray-ie fort sa retraite connue. De luy clore les yeux d'vne éternelle nuë,

39 Ton labeur épargné, braue Cecropien, Le chef-d'œviure second du père Olympien.

LINCEE. [229]

Pourueu que seurement conduit dessur ses erres, 42 L'épaisseur des forests, ne distance de terres,

146 MELEAGRE. [v. 343-382

Ne ruse, que sçauroit l'animal employer,

Mon œil qui perce tout ne sçauroit fouruoyer,

45 Découuert vne fois, au péril de la teste, Lincée ose piéger certaine sa conquête.

Du plustost que miré, que receu pour obiet,

48 Diane l'abandone à la Parque suiet.

PLEXIPE.

Entre ces clairs soleils de vaillance guerrière, L'honneur ne nous permet de demeurer derrière,

51 Vnis à la couronne, à qui le même sang

Peut selon Tordre vn iour donner le même rang: Mon frère, que chacun destine là sa vie,

54 D'vne gloire en la mort immortelle suiuie.

TOXEE.

Le cheual généreux en la plaine piquer,

Est sa peine, dit-on, superflue apliquer, 57 Ainsi, n'ay-ie besoin, qu'exemple, où que langage,

Autre que le deuoir à ce combat m'engage:

Heureux si le pais épreuue mon amour, 60 Que qui me le donna me répète le iour,

THESEE.

Telle émulation de bien faire, m'asseure,

Comme aquise dé-ia nôtre victoire seure, gg Que n'executeroit en sa guerrière ardeur

Vne troupe qui n'est que gloire, & que candeur?

Reste à ne la laisser oisiue dauantage, [230]

QQ »Sçauoir user du tems est vn grand auantage.

MELEAGRE.

Les veneurs atendus, qui sur certain raport

Découurent du sanglier le plus facile abord, 69 Qui guident l'assemblée aux bauges reconnues,

Les relais disposez dessur les auenuës.

Chacun auisera de se mettre en deuoir; 72 Mais, quelle Deité maintenant nous vient voir,

La trousse sur le flanc, a Diane pareille?

Ce poil d'or crêpelu, cette face vermeille, 75 Figurent Atalante, hé! qui t'amène icy.

Beauté l'honneur du monde, & des Cieux lesoucy?

ATALANTE

Sur ce qui se passoit n'agueres auertie, 78 Vn désir glorieux me fait de la partie.

Preste à montrer que m]a l'expérience apris.

Et que Vierge, parmy tant d'hommes de grand pris, 81 Atalante, chez eux mérite quelque place,

Qui d'vn sexe craintif l'ordinaire surpasse,

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