‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 136 sur 230 · V. 609-650] TRAGEDIE · texte numérisé non relu

V. 609-650] TRAGEDIE

9 Aproche de plus prez, Dieux! qu'ay-ie découuert? Deux amans enlassez dessur le gazon vert, Serrez flanc contre flanc, & bouche contre bouche:

12 Las! vne froide peur hi parole me bouche, Ce sont des Deïtez; vne viue splendeur Demonstre le pouuoir de leur sainte grandeur;

15 C'est fait, c'est fait de moy, ie suis perdu prophane, Pan ioiiit en ce lieu des beautez de Diane, Pan est d'vne autre forme, il faut donc que ce soit

18 Le chasseur Orion qu'en ces baisers reçoit Diane, ie le croy, & mon œil ne me trompe, Vn chien est auprès d'elle, vn dard, & vne trompe,

21 Toutefois à ses mains, & à son front vermeil, On la diroit plutost fourrière du Soleil; Déesse pardonnez a ma soif curieuse, [305]

24 La coulpe est imprudente, & non malicieuse, le la commets surpris d'vn prodige nouueau, Mais, Cephale ressemble à l'heureux iouuenceau,

27 D'asseurance c'est luy ; ô âme desloyale Fais-tu si peu de cas de la foy nuptiale? De ta chaste Procris, trop chaste pour souffrir

30 Vn autre à tes ardeurs en sa place s'offrir? M'aduienne que pourra de la rancœur céleste, le m'en vay le forfait luy rendre manifeste.

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