‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 135 sur 230 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

POLIDAME SEVL.

IVpiter, que le sort du peuple des humains Est inégalement dispersé de tes mains, éy Qu'aux vns tues propice, & aux autres seuere, Aux vns impitoyable, & aux autres bon père, Ceux-cy trouuent naissants au recoy des citez,

82 Autant d'heur & d'honneur que nous d'aduersitez; Nous de qui le trauail entretient les délices, Qui n'auons innocens de plus doux exercices

85 Qu'à cultiuer la terre, & tout le long d'vn iour, Du contre sur son dos arranger le retour, Qu'à mener les troupeaux aux campagnes herbues,

88 En Juillet pour l'hyuer auec la faux tondues, La plante de Bacchus deschausser, & tailler, Et en mille façons sans cesse trauailler,

91 Cependant si le Ciel veut décocher son ire, Ce sont ce sont nos chefs, que les premiers il mire. Soit que l'air se mutine, où vienne iniurieux

94 Nostre espoir auancé moissonner a nos yeux; Ou il arriuera qu'vne gresle impourueuë. Qui l'espargne d'vn an rauit a nostre veuë,

97 Telle qu'à moy chetif, qui hersoir dans ces bois,

Esgaray trauersant deux miens bœufs à la fois, [304] Bœufs retournez du ioug plus tard que de coustume,

00 (Et comme d'apparence incertain ie présume,) La haste que i'auois en l'obscur de la nuit, Esgarez du troupeau ce dommage a produit; 3 Sur mes bras rebroussant ie cherche depuis l'heure. Voyons dans ce vallon solitaire demeure. Où broutant ils pourroient la nuit auoir passé, 6 Quelqu'vn plus matineux m'a la sente tracé. Voila des pas nouueaux imprimez sur l'herbage, l'entens aussi du bruit ébranler le fueillage,

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