‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 139 sur 230 · PROCRIS. [V.730-75S · texte numérisé non relu

PROCRIS. [V.730-75S

Téméraire semast votre lit de discord,

Il me déplaist assez qu'il soit trop véritable.

PROCRIS

32 0 desespoir horrible ! ô rage insupportable ! Que tu les as de prés contemplez a loisir?

POLIDAME.

Plus près & plus long tems que ie n'auois désir. [310]

PROCRIS

35 Qu'ils s'embrassoient.

POLIDAME.

Ainsy que font Phomme & la femme,

PROCRIS

Et pendant lupiter vne ocieuse flâme, Demeuroit en ta dextre, & tu n'as foudroyé

.38 Ce couple en ces plaisirs exécrables noyé, 0 iniustice grande ! ô terre, ô terre mère, Ne deuois tu creuer sous ce couple adultère,?

41 Trébucher au profond des gouffres de Pluton Ces monstres criminels la proye d'Alecton, Quels discours auoient-ils ensemble, ie te prie?

POLIDAME.

44 Ceux que l'amour pressoit d'vne extrême furie, Pour l'heure ont préféré aux paroles l'effet.

PROCRIS

Donc tu n'attendis pas accomplir le forfait. POLIDAME.

47 Esperonné de crainte, & rouge de leur honte, Les ayant découuerts ie pris la fuitte promte.

PROCRIS

Tu m'as dit neantmoins que ce fut auant iour. POLIDAME.

50 Vne ardante lueur s'épandoit tout autour. Lueur qui les cernoit ainsy qu'vn diadème. Et comme on la remarque au front du Soleil même, [311] 53 La diuine beauté qu'il possedoit alors.

Helas! de mon esprit frénétique ie sors, Vn tançon de fureur me maistrise, & m'emporte, 56 Or tu tiens son amante au iour ouurir la porte? POLIDAME.

Elle a les doigts de rose, & a le front vermeil, Et en fin à l'Aurore il n'est rien si pareil.

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