‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 181 sur 230 · PB AL ARE · texte numérisé non relu

PB AL ARE

Mon atteinte aporté; ses désirs ébranlez, Ressemblent vne esquif, qui sur les flots salez, 9 Doute forcé du vent, s'il doit encrer, où suiure Vne route, où la mort mille alarmes luy Hure : Ses brandons amoureux à la fois amortis,

12 En soucieux pensers ie les ay conuertis : Thesee, ha! le voicy, qui renient du riuage. En mon auspice heureux reprendre le courage,

15 11 n'a plus qu'imposer vne dernière main.

Au chef-d'œuure entrepris de l'ouurage certain.

THESEE.

Que nous a répondu l'oracle de ma sainte? PHALARE.

18 La prière manquer d'vne libre contrainte. THESEE.

Ton énigme douteux comprendre ie ne puis. [421]

PHALARE.

Non plus qu'elle, augurer tes amoureux ennuis, 21 Croire ta passion m'auoii guidé la langue,

Qu'ambassade en ton nom ie fisse ma harangue.

THESEE.

Venons de grâce au point.

PHALARE.

Hypolite n'est plus, 24 Si parfait au profond de son âme reclus. Ce renom de vertus qui la souloit repaître. Chez elle maintenant est reçeu comme traître? 27 L'amour déraciné d'vn poignant repentir. Ores elle voudroit s'en pouuoir départir.

THESEE.

N'as-tu point en mon nom tâché de la réduire? 30 Au change d'vn party plus sortable l'induire?

PHALARE.

Pense que la veillant infatigable Argus, Ta louange seruoit aux discours ambigus,

33 De centre, de phanal, de principale étoille. Mais l'innocente n'a peu pénétrer ce voile: Au contraire te croit sa germaine adorer,

36 Et que dans le cercueil votre amour doit durer,

0 l'heureuse nouuelle, ô Reine de Cythere, Que ton enfant, & toy propices ie reuere,

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