CORINE, SATYRE
CORINE
CRuel enfant d'vne bénigne mère, Appaise Amour, appaise ta colère, yo Cherche à tes dards ailleurs victorieux
Quelque sujet de renom, glorieux, [4^63]
Domte assei'uy les courages rebelles, 98 Croist ton empire en conquestes nouuelles, De ces beautez orgueilleuses d'auoir Jusqu'à présent ignoré ton pouuoir, 1 De ces beautez que l'âge fauorise, Tu n'as d'honneur désormais à ma prise, Tu ne dois plus meurtrir, lâche vaincœur 4 Qui te rendit sans combatre son cœur. Qui te voiia sa ieunesse passée.
Ha ! vueille donc sortir de ma pensée, 7 Laisse en repos ce qui reste à mes iours: Mais arme-toy plutôt à mon secours.
De ce Narcis réprime l'insolence, 10 Qui de mes feux mocque la violence, Qui se croit seul capable résister, (Chose impossible) au mesme lupiter 13 0 vains regrets, prières superflues; 0 desespoir, ô ingrat qui me tues!
Ne crains tu point que ta témérité 16 Le chastiment subisse mérité?
Que sous mes vers? ha! renfort de martyre, Voicy venir cest importun Satyre, 19 Qui me poursuit frénétique d'amour.
SATYRE
Mon cœur, mon tout, ma lumière, bon iour. Que faisois-tu? que dis-tu ma Carite?