‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 207 sur 230 · V. 765-8001 PASTORALE · texte numérisé non relu

V. 765-8001 PASTORALE

65 Signe muet qui captiue sa grâce, Qui te fondra ce courage de glace.

SATYRE

Tu ne sçaurois qu'inique refuser 68 A mes tniuaux la faueur d'vn baiser.

DRYADE

Quoy que ce soit l'illusion plaisante, Vne laideur belle luy représente, 71 Corine vieille estimant embrasser, [490]

Qui luy demeure encores au penser.

SATYRE

Tu ne viendras à bout dVne entreprise, 74 Quant au pasteur qui ta flâme méprise.

DRYADE

Comme l'esprit vague iamais ne dort,

Son hôte pris du frère de la mort; 77 Mais acheuons la guirlande auancee,

Dans vn tortis de lierre entrelassee,

Propre ornement sur lé chef du vaincœur, 80 Qui mène esclaue en triomphe ton cœur.

SATYRE

Veux-tu venir en ma grote parée, A receuoir tes grâces préparée V b3 Où force fruit, force laitage frais, Que dédaigneuse ainsy tu me déplais.

DRYADE

Faite autant vaut selon ma phantaisie, 86 De chaque fleur odoreuse choisie, Fren derechef sa mesure, premier Que ses deux bouts ensemblement lier.

SATYRE

89 le sens icy quelque mouche importune. DRYADE.

De l'éueiller tu as couru fortune :

Or ce péril esquiué, tout va bien, 92 Si tu bénis mon labeur, Paphien,

Sans luy toucher presque s'il t'est possible; [491]

Sus pose là, te rendant insensible :

95 Certes voila le pourtrait d'vn Adon,

Voilà qui vaut cent baisers de guerdon ;

Tant elle siet, tant elle a bonne grâce, 98 Auec ces fleurs qui ombragent sa face,

Coye en silence aten donc le réueil

De ce Phœnix en beautez nompareil.

296 ALPHEE. [v. 801-831

SATYRE

1 Tu me veux fuir? ô l'agréable songe,

Où mon amour détenu se replonge,

Corin(t)e auoit ses bras entre les miens, 4 Heureuse feinte, hé! que tu ne reuiens?

Puisque l'éfet véritable n'ariue,

Qu'vn ombre au moins l'espérance cultiue, 7 Spectacle étrange & plein de nouueauté!

D'où me prouient cette douce beauté?

D'où ce chapeau qui le chef m'enuironne, 10 Tissu de fleurs que le Printems nous donne ?

Nymphe gentille, ainsy donc moins à toy.

Qu'à ton loisir ma couronne ie doy.

DRYADE

13 Tu ne la dois qu'à tes rares mérites,

Chez qui Venus a logé ses Carites,

Satyre aymable en toute qualité, 16 Soit pour la forme, où pour l'agilité.

Peu dessur moy l'emportent a la course, Encor hier ie luitay contre vne ourse [^92]

19 Qui succomba,

DRYADE

Tu n'as rien d'imparfait.

SATYRE

Trop glorieux ta louange me fait.

DRYADE

Ne me croy pas, vien voir dans la fonteine, 22 Qu'à peu de coût, & aussy peu de peine On te rendra plus beau que le berger Des trois beautez éleu pour les iuger.

SATYRE

25 A faute d'autre aucunement passable.

DRYADE

Ta couleur brune en est moins périssable.

SATYRE, le veux, miré sur ta relation, 28 Me rendre au lieu de l'assignation.

DRYADE

Tel cherche loin sa fortune meilleure.

Qui la regrette, & bien souuent la pleure.

SATYRE

31 Plus m'aparoist mon image sur l'eau,

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