CORINE, SATYRE, DRYADE
CORINE
33 T" 'IMPATIENCE agite ma pensée,
I i Comme vne nef des ondes balancée,
■ Comme vn roseau deçà delà mouuant,
36 Qui n'a d'arrest sous les soupirs du vent;
Telle i'atten la périlleuse issue
D'vne discorde à ces amants tissuë,
300 ALPHEE. [v. 939-971
39 DVne fallace, ains d'vne trahigon,
Qu'à ma vindicte extorque la raison:
Te repens-tu? Non, quiconque t'irrite 42 Veut sa ruine, a bon droit la mérite,
Et ce superbe auoir humilié,
Et ce tyran tenu mieux que lié, 45 Tous ses desseins conuertis en fumée.
Te fera crainte ensemble, & renommée! [^98]
lamais, iamais ne te venge à demy, 48 Aussy l'as-tu capital ennemy;
Pourquoy? la fourbe en secret pratiquée,
Au père seul discret communiquée, 51 Demeurera secrette entre nous deux;
0 le plaisir de ce bouquin hideux.
Qui vient icy la teste couronee, 54 Reprendre encor sa poursuite ostinee!
SATYRE
Que diras-tu ma belle, de me voir Vne faueur pareille receuoir?
CORINE
57 Vne faueur marque de ta folie.
SATYRE
Oûy, oiiy, faueur d'vne Nymphe jolie.
DRYADE
Tu la peux bien dernière publier.
CORINE
QQ Et qui voudroit iusques-la s'oublier?
SATYRE
Comme tu fais, chacun ne me méprise, Vne Dryade, & ce nom te sufise.
CORINE
63 La misérable a le goust dépraué.
SATYRE
Ses belles mains flatteuses m'ont laué.
CORINE
Tu as pourtant plus d'vn bon doigt de crasse [499J 66 Dessur la peau de ta vilaine face.
SATYRE
Me croiras-tu, que raillerie à part.
Dedans vn pré someillant à l'écart, 69 Cette flateuse éperdûment éprise,
Apres (Dieu sçait) combien de peine prise, A mélanger, & assortir ces fleurs.