V. 972-998] PASTORALE
72 Qu'vn bel émail bigare de couleurs, M'en est venu enuironer la teste, A mon réueil atendant toute preste.
DRYADE
75 0 l'impudence ! ô la témérité !
CORINE
Tu aurois bien tes cornes mérité, N'empoignant pas l'occasion sur l'heure.
SATYRE
78 l'aten chez toy ma fortune meilleure. CORINE.
Friuole atente, atente de néant, Tu es en vain à ce morceau béant.
DRYADE
81 Ainsy dans l'eau le mâtin qui aboyé,
Veut prendre l'ombre, & laisse aler sa proye.
SATYRE
Ne m'vse plus d'vn langage moqueur, 84 Suis-ie pas beau de la sorte, mon cœur V
CORINE
Fort, & ce chef que la Lune gouuerne, [500]
Tout propre k faire vn bouchon de tauerne.
DRYADE
87 Voila draper le rustre comme il faut. CORINE.
Sçais-tu que c'est, vite gagne le haut.
SATYRE
Donques après l'amoureuse embrassée.
CORINE
90 D'autres soucis m'ocupent la pensée, Retire-toy auant que mon courous Face éclater vn orage de coups.
93 A ce refus indiscret qui me chasse, Vne plus ieune 'acceptera ta place.
CORINE
Va, que le Ciel te puisse à l'auenir 96 Confondre en cas que veuilles reuenir. DRYADE.
Tu ne tiens rien, ton option mal faite, Me préférant vne sorcière infecte,
302 ALPHEE. [v. 999-1034
99 A qui tu sers de fable & de mépris, Te cuira trop, mon dessein mal compris, Traitre vanteur, monstre, la même ordure,
2 La laideur même, & la même luxure, A peine encor puis-ie croire mes yeux, De ce prodige auenu pour vn mieux,
5 Oûy, vray prodige à qui se représente, D'vn tel amour la matière plaisante, [501]
Et que ce fol a l'incertain courant,
8 En sa folie ores sage me rend.