‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 8 sur 230 · AV SIEVR HARDY · texte numérisé non relu

AV SIEVR HARDY

Coùiuinier de courre vnc plaine, Qui s'étend par tout l'Vniuers, ù l'entens à composer des vers

Trois milliers tout d'vn haleine, HARDY, dont les lauriers féconds 6 Font ombre à tant de doctes testes, Que les plus grands de nos Poètes, îS'honorent d'estre tes seconds.

9 Jamais ta veine ne s'amuse A couler vn Sonet mignard.

Détestant la pointe, & le fard, 12 Qui romt les forces à la Muse.

Que c'est peu d'oiiir Cupidon, B]n Sonet molement s'ébatre, 15 Au pris de voir sur le Théâtre Le desespoir de ta Didon.

l'ayme Renaut, & Theagene, 18 l'en ayme encor vn milion, Mais plus qu'vn liure d'ilion, Scedase mort dessus ta Sçene.

21 le marque entre les beaux esprits, Malherbe, Bertaud, & Porchères, Dont les louanges me sont chères 24 Comme i'adore leurs écrits.

Mais à l'air de tes Tragédies, On verroit failly leur poumon ; L-^^J

27 Et comme glaces du Strymon, Seroient leurs veines refroidies.

Tu parois sur ces arbrisseaux, 30 Tel qu'vn grand Pin de Silesie, Qu'vn Océan de Poésie Parmy ces murraurans ruisseaux.

33 Les enuieux de ton estime, Te donnent peu de sentiment, L'ignorance est le chastiment, 3g Comme la cause de ce crime.

HARDY, contre ces faux abois Tu feras voir comme Cigales, 39 Toutes leurs Muses inégales, Se çreuer en leur propre vois.

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