‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 116 sur 242 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

FREGONDE, NOVRRICE, DOM YVAN.

FREGONDE.

CErtes sa galantise a présent reconnue, De mon opinion mauuaise diminue, 55 Trop craintiue jadis, ie me donne le tort.

Cette modeste humeur hait l'impudence à mort, La prudence chez luj poise chaque parole, 56 Sans rien participer d'vne ieunesse foie. Qui sçait sa passion, s'il en a, retenir, Si bien qu'en éuidence elle ne peut venir, 59 Si bien que désormais honorable i'estime La conuersation d'vn seigneur magnanime, Courtois, respectueux, en effet accomply, 62 Et dont les actions ne prennent qu'vn bon ply: Nourrice qu'en dis-tu? la muette pensée Remâche vn souuenir de l'iniure passée, 65 Pardonne, l'oubliant, à la timidité

Qui ne me prendra plus sçachant la vérité: La femme ne scauroit mettre en trop seure garde 68 Sa réputation que moindre cas hazarde. Parle, dy ton auis sur ce que par plaisir Tu auras remarqué de luy tout à loisir.

NOVRRICE. [281]

71 Suspecte, consultez quelque autre indifférente,

Quelque autre à des rigueurs brutales adhérente,

Yn affront enduré demeure là dedans, 74 Qui ne tente deux fois les mêmes accidens.

FREGONDE.

Me voudrois-tu garder de la haine au courage, Aprez ce repentir qui surpasse l'outrage, '^'^ On auroit conspiré ma mort à ce pris là, Sans que ie fisse après mention de cela.

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