‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 14 sur 242 · BION · texte numérisé non relu

BION

Sire, la nation m'oblige volontaire,

A vous venir donner vn auis salutaire, 83 Grec, la solde étrangère auec d'autres m'a pris.

Mais l'horreur qu'vn grand Roy, nôtre lustre, svpris

Dans l'embûche donnât des Barbares dressée, 86 Ma fuitte occasionne, importante & pressée;

Vôtre Majesté donc sçache que l'on a mis,

(Stratagème couard des Perses ennemis) 89 Es chemins plus planiers oii selon l'apparence

Vôtre caualerie iroit en asseurance.

Les lieux cauez exprés & qu'vn sablon léger 92 Recouure, détournant le soupçon du danger.

Là sont drues par tout chause-trappes ferrées

Pour perdre les cheuaux, fatalles enterrées: 95 Desordre qui rauit la victoire en vos mains,

Non du Perse, mais bien du reste des humains:

Or le péril gauchi, sa fraude reconnue, 98 Accomplit le dessein qui cause ma venue.

Quelqu'vn le prenne en charge &garde conducteur A ces pièges tendus, où éprouué menteur 1 Vn supplice l'attend, sinon la recompense Opportune receuë est autre qu'il ne pense. [25]

0 père lupiter Prince des immortels, 4 Vn semblable bienfait consacre à tes autels Cent taureaux immolez d'hécatombe pieuse. Or sus braues soldats, troupe victorieuse, 7 L'heureux iour désiré fauorable nous luit, Qui donne à triompher sur l'ennemy réduit Dans ces pas montagneux, azile de sa crainte, 10 A nous montrer les dents, furieuse contrainte Que suggère la faim de trois iours continus, De trois iours en fatigue étrange soutenus, 13 Et pareil de fortune au loup, lors que la neige Aux mois plus froidureux les campagnes assieige,

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