‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 160 sur 242 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

PHILIPPE, AMYNTHE, PHILOCLÉE, BERENICE.

PHILIPPE

89 nr\Ieux immortels, comment peut vne ame royale I / Permettre ou conçeuoir chose tant déloyale? Comment vn qui se dit vieilly dans les combats, 92 Veut-il par le poison terminer nos débats ? Tout généreux courage encore se dépite Depuis qu'vne fureur l'emporte, précipite, 95 lusqu'à priuer du iour vn mortel ennemy. Et son ame en ressent la douleur à demy; Outre que le remors afflige plus extrême, 98 En ceux qui comme nous portent le diadème. En ceux qui ne nous sont qu'vn exemple eiîroyant Du sort sur les humains son pouuoir déployant; I Voilà que maintenant cet autre Diomede, [896]

Qui son prédécesseur en cruautez précède, Attente lâchement par des femmes sur moy, 4 Vn acte qui répugne à ce titre de Roy, Vn sourd assassinat que la bonté céleste A ma pure innocence aujourd'huy manifeste : ' Or toy que nous auons du crime délateur, Regarde à n'auancer vn mensonge, imposteur, Mets derechef la main dessur ta conscience, 16 Auant que in'embarquer de certaine science, Dans vne forte guerre, auant que te vouloir De ma crédulité facile préualoir.

AMYNTHE.

13 Chez vôtre Majesté ma fortune contente Ne flotte sous vn vent d'ambitieuse attente. Elle demeure ferme à l'ancre dans le port;

16 Vn Oracle n'est pas plus vray que mon rapport; Et d'ailleurs ie ne croy ces femmes eflrontées, lusques à me nier l'attentat, confrontées,

19 Leur dénégation ridicule ne fait

Que les arres au pis n'auerent ce forfait,

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