‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 180 sur 242 · ESPION · texte numérisé non relu

ESPION

Sire, pour acquiter vne charge commise,

38 Ma vie a la mercy de la fortune mise, Présent ie n'ay voulu me fier qu'a ces yeux, Du camp des ennemis visité sur les lieux,

41 Camp où la Macédoine en sa fleur amassée, Semble vouloir domter la terre menacée.

Ses nombreux bataillons offusquent le Soleil,

44 Superbe de soldats, superbe d'appareil.

Il s'auance en bon ordre à dessein de surprendre Ceux qu'il croit éperdus aucun combat ne rendre, [135]

47 Le Roy luy-mème doit au combat se trouuer, Ne garde, disoit-on, que l'heure d'arriuer. Son auant-garde, au reste, accourt à toute bride,

50 La frontière enuahir de butiner cupide,

A quoy ta Majesté trop tôt ne peut pouruoir, Or en ce peu de mots s'accomplit mon deuoir.

COTYS.

53 Courons, braues soldats, auant qu'elle s'épande. Eteindre la fureur d'vne flame gourmande. L'éteindre dans le sang a gros bouillons flotant

56 D'vn ennemy qu'on fait disparoître à l'instant, Qui n'attendra iamais, où comblent vos louanges En l'orgueil moissonné de toutes ses phalanges:-

59 Sus, enf.ins, que chacun secret en ce départ Aille au pieux exploit contribuant sa part.

236 PHRAARTE. v. 1061-1104.

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