‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 197 sur 242 · V. 81— 111. PASTORALE · texte numérisé non relu

V. 81— 111. PASTORALE

81 Ce beau Soleil reclamé qui se montre,

Que tu nous viens fauorable à rencontre, [488]

Charme des cœurs, Diane de nos bois, 84 Deux du suffrage imploré de ta voix.

CEPHÉE.

Parle de toy.

ATYS

Pendant comme au supplice, Quiconque attend sa grâce de iustice.

CLITIE.

87 Hé quoy, bergers, auez vous querellé? ATYS.

L'effet quasi aux paroles mêlé.

CEPHÉE.

Mes passions vn peu mieux ie tempère.

ATYS. é^

90 Indice seur d'vne amitié légère.

CEPHÉE.

Ouy ce dis-tu?

CLITIE.

Vous me parlez d'accord.

Et de nouueau retombez en discord, 93 La vérité ne consiste au langage.

Mandée ailleurs ie n'atten dauantage, Si l'vn ou l'autre a l'heure ne me dit 96 En quoy s'étend iusques là mon crédit, De l'appointer sa cause reconnue.

ATYS

Vois-tu, mon heur, l'origine est venue, 99 Dessur la part qu'il prétend quelque iour, [489]

Présomptueux, au ciel de ton amour;

Injure, helas! mille fois plus sensible 2 Que l'aiguillon de la parque terrible,

Playe a mon cœur si viue, qu'y songeant,

Ce foible cors de sueur va na<^eant :

5 Libère donc vn esclaue de crainte,

Dy que tu es ma lumière, ma Sainte,

Dy que tu veux vnique en ta beauté, 8 M'auoir, Phœnix, égal de loyauté,

Défen que plus téméraire il n'attente.

CEPHÉE.

0 calomnie, ô requête impudente.

CLITIE.

11 Le différent ne venoit que de là?

264 LE TRIOMFE D'AMOVR. v. 112-46.

ATYS

Helas, hé quoy, te semble rien cela?

Te semble rien que douteux ie demeure, 14 Et sur ce doute incessamment ie meure.

CEPHÉE.

Quiconque peut ses douleurs exprimer, Oncques ne sçeut que feinteraent aimer.

ATYS

17 Permettras-tu que i'endure l'outrage

D'vn imposteur.

CLITIE.

l'accoiseray Torage,

le vuideray sur le champ ce débat, 20 Voyant lequel, par manière d'ébat, [490]

Aura plutôt d'vne course légère,

Pour borne atteint la prochaine fougère; 23 L'occasion c'est que depuis deux iours,

Thisbe & Cloris vindrent en ce discours.

L'agilité d'Atis & de Cephée 26 Leur proposoit chacune son trophée,

A son party chacune s'affectant.

Deux aignelets on dépose à l'instant, 29 Neutre ie fus dépositaire éleuë,

Et m'obligeay qu'a la première veuë

Vous suppliés de courir deuant moy, 32 l'adjugerois le gage en bonne foy.

ATYS

Quand tu aurois vne carrière ouuerte, Qui fût de dars & de fiâmes couuerte, 35 l'espereroy les tygres deuancer.

Tous les humains derrierre moy laisser, Amour, ce Dieu de force incomparable, 38 Ne me sçauroit qu'assister fauorable.

CEPHÉE.

Assez souuent plus vn tonnerre bruit.

Moins au creuer de dommage le suit, 41 Cela se dit du Prouerbe notoire.

Chanter auant combatre, la victoire, Courons :

ATYS

Ne bouge, atten ie n'y suis pas, 44 Tu auançois pour le moins d'vn grand pas. [491]

CEPHÉE.

As-tu desia rompu ta violence?

CLITIE.

Sus, que des pieds on prouue sa vaillance.

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