SCENE II
ATYS, CEPHÉE.
ATYS
Victorieux, tu m'auoiiras le pris.
CEPHÉE.
Dy que vaincu, d'aueugleraent épris.
ATYS
53 Vaincu, menteur, comme quoy? ie te passe.
CEPHÉE.
Il ne falloit bouger de cette place Où git la borne, ainsi que ie Tay fait.
ATYS
56 Et si i'ay plus que ma tâche parfait.
CEPHÉE.
Tant pis.
ATYS
Poussif, tu soufflois hors d'haleine, Derrière moy vn jet d'arc par la plaine.
59 Cela te plait à dire.
ATYS
Demandons, Puis qu'aussi bien d'vn tiers nous dé^îendons.
CEPHÉE. [493]
Ouy, ie le veux.
ATYS
Clitie, hô Clitie, 62 Ce beau coureur ne quitte la partie. Répons m'amour, où és-tu mon soucy?
Helas! ie croy qu'elle n'est plus icy.
CEPHÉE.
65 Non, importun, le plaisant éficace De ta prière inciuile la chasse.
266 LE TRIOMFE D'AMOVR. v. 167—98.
ATYS
Sois-tu de Pan maudit si ie le veux, 68 L'occasion empoignée aux cheueux, l'allois cueillir sur la léure de rose Quelque baiser.
CEPHÉE.
La porte t'en est close.
ATYS
71 N'irrite plus vn frelon qui pourroit, CEPHÉE.
Son aiguillon perdre s'il le tiroit.
ATYS
Ah ! qui me tient ?
CEPHÉE.
Viens, tu n'as qu'a me suyure.
74 Mais il vaut mieux ma fuyarde poursuyure,
Sçauoir, helas! ie frissonne d'horreur, [494]
Vn noir soupçon m'enfante vne fureur.