V. 1121-1158. TRAGI-COMEDIE
Qui par viues raisons nous le reconcilie, 22 Qui par viues raisons à la raison le plie :
Ainsi pouruoirons-nous à vn stable printems, A viure désormais asseurez & contens.
CALISTENE.
25 Rechercher le superbe, enfle sa vaine gloire,
Il ne s'en fait aprez que dauantage accroire, [199]
Outre qu'aux ennemis creus reconciliez, 28 Plusieurs à leurs dépens, chetifs se sont fiez,
Qu'vne haine couuerte, vne haine ennemie,
Ressemble proprement à la flame endormie 31 Qui s'éueille, impourueuë, & rage impunément,
Premier que l'on résiste à son forcénement. Mon père, croyez-moy, la noce consommée, 34 Qu'auec l'espoir s'en vont les desseins en fumée
De ce présomptueux, contraint à deuorer
Vn auront que le tems luy fera digérer, 37 Ne chaut, ne chaut après que conspire sa rage.
Ses menaces ne sont qu'vn éclair sans orage.
TEOPHANE.
La célèbre action du mariage saint,
40 Ses status obseruez, iusqu'icy nous contraint D'en diÔ'erer l'effet, mais le flambeau du monde Demain n'aura plongé son beau char dessous l'onde,
43 Que la chose entre nous communs d'affection. Paraient indubitable à sa pertection.
Pren courage, demain ta flame impatiente
46 N'a plus dequoy nourrir sa crainte deffiante, Ta maîtresse demain couche dans même lit, Et de tes vœux ainsi le dernier s'accomplit:
49 Mais i'entreuoy là bas quelqu'vn qui s'achemine, Grans Dieux, le cœur d'eô'roy me bat en la poitrine. C'est Straton qui nous semble aborder sousriant,
52 Et comme le passé, magnanime, oubliant.