‹ Le théâtre d'Alexandre HardyChapitre 198 sur 220 · SCENE IIII · texte numérisé non relu

SCENE IIII

CYDIPPE, DORILAS.

CYDIPPE.

CErtes Amour, ta lustice a ce coup, Frappe visible, & m'allège beaucoup, y^ Ce fier ingrat, qui ne m'estime belle,

A la raison, comme à tes loix rebelle,

Qui veut enfreindre vne chaste amitié, 98 Et l'innocent opprimer sans pitié,

Ce Dorilas dont la vaine pensée

la triomphoit des volontez d'Alcée, 1 Pourtant l'espreuue infiechible a l'effect,

Nymphe qui sert de modelle parfait

Où il s'agist de la foy d'Hymenée, 4 Puisse plus d'heur suiure ta destinée,

Puisses-tu Nymphe, vn jour parfaitement

Jouir des fruicts de ton contentement.

7 Puisses tu voir ta moitié réunie,

En vos désirs parfaire vne harmonie.

Mon orgueilleux contraint de requérir, 10 Celle trop tard qu'il auoit fait mourir,

De reclamer mon ombre trépassée. [563]

Dieux! le voicy, ceste roche glacée, 13 Que nos souspirs ne peuuent échaufifer.

Qui n'est pour moy que de marbre & de fer,

Sus, ie luy vay donner à la trauerse 16 Quelque brocard sensible qui le presse.

Pasteur vn mot, quoy tu semblés fâché?

Qui t'a du front l'allégresse arraché, 19 Depuis deux jours que ton Ame contente

Alloit finir son amoureuse attente.

Qu'es bras d'Alcée Hymen te conduisoit, 22 Et que déjà sa torche nous luisoit?

DORILAS

N'informe point d'vn secret qui te passe.

CYDIPPE.

En ce refus tu as mauuaise grâce, 25 Mesme à l'endroit d'vne qui n'ayme rien, Que ce qui peut conspirer à ton bien.

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