V. 1127— 1152. PASTORALE
DORILAS
le hay la feinte, & quiconque ne pleure 28 L'estat présent du sort qui me malheure.
CYDIPPE.
Qui pleureroit premier que de sçauoir?
DORILAS. [564
»Le pire aueugle est qui ne veut pas voir.
CYDIPPE.
31 Las! tu dis vray cruel, & le pratiques, Et sur autruy ta coulpe tu appliques.
DORILAS
N'en parlons plus, diuers d'affection, 34 Chacun se tienne à son élection.
Si la raison d'arbitre tu veux prendre, A mon party soudain ie te vay rendre.
DORILAS
37 Adieu Bergers, on m'attend autre part.
CYDIPPE.
Tu y viendras neantmoins sur le tard,
DORILAS
Comme tu es à certain lieu venue.
CYDIPPE.
40 Ma plus grand' honte en cela diminue. Que mon vainqueur ores reçoit la loy, Captif aux fers d'vne moindre que moy.
DORILAS.' 43 Elle a de plus, que sage & bien apprise, Sans se priser tout vn monde la prise.
CYDIPPE. [565]
Elle a de plus, que sa fidélité 46 Dédaigne biens, amis, & qualité, Pour maintenir la promesse donnée A vn chetif au nom de l'Hymenée.
DORILAS
49 Dy, que tu m'as vne dernière fois Importuné, df^shonneur de nos bois, Langue d'Aspic,
CYDIPPE.
Tu es donc en colère?
DORILAS
52 Et fusses-tu de ton sexe dernière :
264 ALCEE. v. 1153— 1190.
Plustost le monde orphelin periroit, Qu'oncques plus près ton amitié me soit.
55 Toubeau, toubeau, ma poursuitte équitable
Te trouuera quelque jour plus traitable,
Au pis resoûte à ce triste confort, 58 Que ta rancœur se borne de ma mort.