‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 38 sur 99 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ALCIMADURE, seul.

Aveuglé par l'amour, va, par ta folle ivresse. Goûter des vains plaisirs l'amorce enchanteresse. Oui, l'esprit d'imprudence accompagne toujours Tous ces faibles mortels éclairés des amours; Trop crédule Alvarès, cette nuit de délices A tes regards trompés cache des précipices. Et des bras de l'amour conduit vers le trépas. A ton malheureux sort tu n'échapperas pas. La folle passion où ton cœur s'abandonne Sur la tête d'Alphonse affermit la couronne.

ALPHONSE l'impuissant 6i

A ton monarque heureux tu fais un héritier,

En mourant, Alvarès, sens ton malheur entier.

Tu rends le sceptre à qui te fait perdre la vie,

Et le bonheur du roi vient de ta perfidie.

Traître, je vais veng^er l'État et ton rival

Des troubles que ta haine excite en Portug'al.

Tu n'as voulu que moi dans celte confidence,

Alphonse, je suis prêt à servir ta veng-eance,

Bien moins sujet qu'ami, je te sers, et dans toi

C'est toi tout seul que j'aime, Alphonse, et non le roi.

De tes faveurs cent fois tu m'as donné des marques.

Mais l'amitié n'est pas faite pour les monarques.

En vain dans leurs secrets nous paraissons admis.

Ils ont des favoris et n'ont jamais d'amis.

Mais bientôt Alvarès pourrait... Allons l'attendre

Et choisir le moment où je veux le surprendre.

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