‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 5 sur 99 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

entonnait des polissonneries quelquefois spirituelles, telles que VArc de Cythère :

L'arc de la guerre N'est point le sig-nal du bonheur ; Sexe aimable, il doit vous déplaire, Et peut-on bander de bon cœur

L'arc de la guerre ?

Défunt Voltaire Dit que Membrod en avait un Qui fit trembler toute la terre :

Un arc si beau n'est pas commun ;

C'est du Voltaire.

Dieu de Cythère, C'est le tien qu'il faut m'accorder.

C'est celui qu'aime ma berg'ère.

Heureux l'amant qui fait bander

L'arc de Cythère !

Tendez, mesdames.

Cet arc qui vous réjouit tant.

Par lui nous rég"nons sur vos âmes.

Et l'Amour dit en vous l'offrant :

Tendez, mesdames !

Si l'on m'accuse D'équivoquer dans ma chanson.

En chevalier de l'arquebuse.

Je défends ma profession...

C'est mon excuse (i).

Le duc d'Orléans, passionné de constructions et de théâtre, avait une petite maison au faubourg- Saint-Martin, une autre au faubourg du Roule, une troisième à Bagnolet ; et dans chacun de ces petits palais il donnait de brillantes fêtes dramatiques, que Collé était à peu près exclusivement chargé d'organiser. Naturellement l'auteur du Théâtre de société, que Bachaumont déclarait fort libre et fort ordurier, très propre à être joué chez des filles, ou de grands princes, faisait de préférence représenter ses œuvres. Nous en donnons un spécimen dans ce recueil : Alphonse l'Impuissant.

La plupart des pièces de Collé, jouées sur les théâtres des petites

(i) Correspondance secrète, 1787, t. VIII, p. 106.

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