‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 4 sur 99 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

Laujon lui-même représentait M°"= Jean-Broche ; M. de Bressay était dég-uisé en M"» Cassandre. M"" Gaussin, de la Comédie-Française, jouait M. Jean-Broche ; M"« Le Duc, maîtresse du moment du comte de Clermont, danseuse à l'Opéra, était M. Cassandre (i).

M"" Duménil, de la Comédie-Française, avait fait élever, en 1762, une petite maison rue Blanche. Grandval, comédien du même théâtre, achetait, peu de temps après, rue Royale, une propriété qu'il faisait communiquer avec celle de M'i° Duménil, sa maîtresse.

Les deux artistes firent édifier un petit théâtre sur lequel ils jouèrent et firent jouer des pièces burlesques et bouffonnes, ainsi que des parades. Paulmy d'Arg-enson écrivait en 1779 : « Il y a plus d'une vingtaine d'années que l'on a vu à la Barrière-Blanche, dans la petite maison de la demoiselle Dumesnil, actrice du Théâtre- Français, M>'« Gaussin, autre artiste charmante du même théâtre, jouer la parade avec la plus g-rande supériorité et toutes les grâces imaginables. J'ai assisté à la représentation d'une pièce de ce g-enre intitulée Isabelle, Gille, Diable et Notaire, dans laquelle elle remplissait le premier rôle et méritait les plus justes applaudissements (2). »

Le répertoire de Grandval fut joué presque tout entier sur ce minuscule théâtre; et ce n'était point un répertoire pour jeunes personnes : L'Eunuque ou la Fidèle injldélité (à Montmartre, en 1755) ; — Les deux Biscuits, « trag-édie traduite de la lang-ue que l'on parlait jadis au royaume d'Astracan, et mise depuis peu en vers français » ; — Léandre-Nanette ou le Double qui-pvo-quo, parade en un acte, en vers et en vaudeville, achevée en 1755 (à Charlotte de Montmartre, Clig-nancourt, 1766) ; — La médecine de Cythère, parade en deux actes, en vaudevilles, tirée des fastes de Syrie (Clig-nancourt, s. d.) ; Le Tempérament , trag-i-parade, traduite de l'ég-yptien en vers français et réduite en un acte. (A Charlotte de Montmatre, en octobre 1770. Au Grand-Caire) ; — Sirop-au-cul ou l'Heureuse délivrance, tragédie héroï-merdifique, par M***, comédien italien (au Temple du Goût, s. d.)

Dans la maison, du maréchal de Grammont, rue de Clichy, on jouait des parades de Collé avec la demoiselle Fauconnier, ou la demoiselle Lemière, de l'Opéra, ou telle autre, la maîtresse du jour du maréchal. « 11 y ordonnait, après les soupers de filles à parties que lui menaient les appareilleuses, des concerts improvisés où l'on

(i) Collé, Journal historique, nov. 1754.

(a) Paiilmy d'Argenson, Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, P-, 1779, t. n, p. 266.

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