‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 82 sur 99 · UNE DES CONFIDENTES DE LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

UNE DES CONFIDENTES DE LA PRINCESSE

Il n'a pas sujet de rire Dans l'état où le voilà :

On a beau faire et beau dire, Jamais il n'entonnera Mi, mi, fa, ré, mi, etc.

{On danse.)

LA SECONDE CONFIDENTE DE LA PRINCESSE, aU parterre.

Voici la fin de la pièce.

Notre auteur, bien inquiet.

Du fond de son cœur adresse Cette prière au sifflet :

Mi, mi, fa, ré, mi.

Dormez, mon petit, Mi, mi, fa, ré, sol.

Dormez, rossig-nol.

NADERI, au parterre.

Mais, messieurs, si son ouvrag^e Trouve grâce devant vous.

Prouvez-lui votre suffrage, En répétant avec nous :

Mi, mi, fa, ré, mi.

Chantez, mon petit.

Mi, mi, fa, ré, sol, Chantez, rossignol.

{On danse.)

Les Plaisirs du Cloître

COMÉDIE

En trois actes, en vers Par M. D. L. G. A. P.

lies Plaisips du Cloîtire

Cette comédie ne fut jamais représentée : elle ne pouvait pas rêlre, ainsi qu'en convient l'auteur, dans son avis au lecteur.

Et pourtant le Théâtre d'amour du Prince d'Hénin eut des libertés bien autrement grandes. Et encore Vasfa, reine de Bordélte, tragédie attribuée à Piron, que nous n'aurions pu publier dans son entier, les noms mêmes des personnages supportant difficilement d'être transcrits, fut jouée, prétend-on, par M"" Raucourt et Lekain.

Les Plaisirs du cloître ont été réimprimés dans le Théâtre Gaillard.

Aux Pensionnaires du Couvent de N. D"

Vous dont une retraite obscure Nous cache les tendres attraits, Qui connaissez peu les secrets De l'amour et de la nature, Jetez les yeux sur ce tableau.

A cette naïve peinture J'y vois briller un feu nouveau ; Le trouble de votre visag^e Décèle un amoureux désir ; Votre cœur rend, par un soupir, A Vénus son premier hommag^e.

Friponnes, je vous vois rougir Moins de pudeur que de plaisir.

Par cet innocent badinage, Belles, laissez-vous attendrir; En lisant ce galant ouvrage, Vous apprendrez l'art d'adoucir Les rigueurs de votre esclavage.

flViS flUX liHCTEUt^S

Cette comédie avait été composée pour un théâtre de société; la difficulté de bien distribuer les rôles a empêché jusqu'à présent qu'elle n'ait été jouée. Ceux d'Agathe et de Marton étaient aisés à remplir et brigués par les jeunes dames. Ceux de Glitandre et du Jésuite demandaient des acteurs d'une certaine force, et personne n'osa s'en charger. Il viendra peut-être des temps plus heureux. Quoique cette pièce doive emprunter une partie de son mérite du jeu du théâtre et de la nouveauté du spectacle, l'auteur a cru que la simple lecture pourrait amuser. Il a évité avec soin toute expression qui eût pu blesser des oreilles délicates. Pourquoi craindrait-on de jeter la vue sur des objets qui sont tous les jours sous nos yeux, que la plupart des lecteurs connaissent par expérience et dont le détail ne choque personne dans les contes et les romans? S'il se trouve dans cet ouvrage quelques situations un peu vives, elles tiennent nécescessairement au sujet. L'auteur se flatte de l'avoir traité avec toute la décence dont il était susceptible. Heureux si le beau sexe, pour qui seul il a travaillé, daigne lire sa pièce et lui accorde son suffrage.

Les Plaisirs du Cloître

Comédie,

ACTEURS

Sœur Agathe, religieuse novice

La Supérieure.

MÈRE Thérèse, maîtresse des pensioanaires.

Angéliql'e, sœur converse.

Justine —

Marton, pensionnaire.

Clit ANDRE, amant de Marton.

Un Jésuite, amoureux de sœur Agnthe.

La scène est à T..., au couvent de N. D"', dans la chambre de Marton.

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