AVANT-PROPOS .IX
rêves et des idées, dans l'harmonie d'une pensée sociale et régénératrice. Les tentatives actuelles, il faut le reconnaître, s'enferment pour la plupart dans un réalisme étroit et tendancieux, qui exclue la hauteur des idées et la grandeur des caractères autant que cette mélodie du verhe et cette heauté du geste, qui sont comme le sceau de la suprême nohlesse apposé par Tart sur la personne luimaine. Je n'en ai pas moins la certitude que l'avenir appartient au théâtre idéaliste dans le sens le plus large du mot et que les courants profonds de l'humanité nous y mènent invincihlement.
Qu'il me soit donc permis de clore ces indications liminaires par une parole d'espérance. Je l'emprunte à un compagnon de lutte, qui entrera bientôt en lice avec une oHivre hardie et forte à laquelle, je l'espère, le combat ne sera point refusé. Je n'hésite pas à citer son témoignage puisqu'il s'adresse à un idéal qui dépasse de beaucoup mon œuvre personnelle : (t 11 semble à première vue, dit Henry Bérenger dans son Essai sur le Théâtre de VAme^, que la di'générescence des âmes contemporaines ait entraîné avec elle la décadence irrémédiable de l'art théâtral, et que la France en soit où en