VIII AVANT-PROPOS
l'œuvre de fond en comble, au cours de mon travail. Quand je Teus terminé, il me sembla que mes héros avaient gagné en vérité comme en relief el: que le dt'nouement plus lumineux donnait maintenant au drame intérieur son sens véritable et toute sa portée. J'y avais atteint la clarté, par cette nécessité inéluctable qui force le dramaturge à ramasser l'action en quelques scènes décisives et à se placer toujours au centre de la conscience agissante. J'ai donc cru que cette œuvre présentait un intérêt poétique suffisant pour prendre place dans la deuxième série du Théâtre de VAme^ quoique la musique de mon collaborateur pourra seule lui donner toute sa valeur expressive.
L'âme profonde est l'ouvrière cachée de toute vie féconde et le miroir do tout idéal. C'est pourquoi j'ai appelé Théâtre de VAme celui qui répond à mon idéal personnel et pour lequel j'ai résolu d'œuvrer jusqu'au bout. Quant au TJiéâtre de l'élite^ que je conçoiscomme l'œuvre commune d'une association de penseurs, de poètes, d'artistes et d'amis de l'art, il répond à un concept plus vaste. Car il devrait embrasser tout le monde humain, celui des réalités, des
1. Voir mes articles sur le Théâtre de V élite et son avenir, dans la Revue des Revues, du 1*='' et du 15 novembre 1901.