‹ Le théatre de l'âmeChapitre 63 sur 77 · CRIS DU PEUPLE · texte numérisé non relu

CRIS DU PEUPLE

Grâce ! grâce pour le vaincu !

Arrêtez le vainqueur!

Brisez la barrière !

LES HÉRAULTS D'ARMES repoussent le peuple d'arrière en avant.

Arrière! Arrière !...

(Par la barrière brisée, on aperçoit Ilartwig immobile, renversé sur le dos. Konrad, un genou ])Osé sur la jioitrine de son adversaire, tient la pointe de l'épée sur son gorgerim.)

LE PEUPLE

Grâce pour le vaincu !

L'ÉLECTEUR

Le combat est fini... Grâce ponr le vaincu !

KONRAD enlève l'écharpe bleue et jaune du casque de Hartwig, se lève, remet son épée au fourreau et dit à haute voix en s'avançant vers l'Électeur.

Il est mort!

LE PEUPLE

Quel est cet étranger qui tue un adversaire? Quel monstre, quel démon, nous cache ta visière?

KONRAD monte les marches de l'escalier, regarde Gertrude en face et se tourne vers elle d'un ton de mépris, la visière toujours baissée.

Vous vouliez ce duel, Madame... Votre Altesse A ce joli chiffon sans doute s'intéresse; C'est un trophée à mettre sous votre oreiller... Je vous rends les couleurs de votre chevalier. Les porte qui voudra... je n'en veux à personne... Car je me venge — mais jamais je ne pardonne.

(Il jette l'écharpe sanglante à la figure de Gertrude qui la reçoit dans ses mains crispées avec un mélange de crainte et de plaisir.) Quelques chevaliers s'avancent, du fond, l'épée à la main.)

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