SUPPLEMENT
AU JOURNAL LARTISTE
du 2j octobre i8^<).
L'Administration des Théâtres Royaux a l'honneur de prévenir le public que, par suite de la persistance de l'indisposition vocale qui, depuis un mois, met Mlle Julie DORVAL, première Dugazon, dans l'impossibilité de chanter, la marche du répertoire se trouvant entravée, elle vient, sur la demande de Mlle Julie DORVAL, d'accorder à cette artiste la résiliation de son engagement.
Par tous les moyens qui seront en son pouvoir, l'Administration s'engage, vis-àvis du public, à faire tout ce qui dépendra d'elle pour remplacer M,le Julie DORVAL dans le plus bref délai possible.
En attendant, comme il était urgent de ne pas entraver la représentation de ce soir au bénéfice de Mlle Lucile Grahn, l'administration a fait appel au concours de Mme Reyna, qui, par complaisance seulement, et sans aucune prétention aux premières Dugazon, a bien voulu se charger du rôle de Berthe dans les Mousquetaires de la Reine.
Dans l'espoir que le public voudra bien tenir compte à Mme Reyna de sa complaisance, la direction termine en déclarant positivement que Mme Reyna n'est engagée que comme seconde Dugazon, et que ce n'est que comme telle que cette artiste terminera prochainement ses débuis.
— 18 décembre, première représentation de Madeleine, opéra comique en 1 acte, de Scribe et G. Vaez ; — 19 décembre, première représentation de Un conseil d'ami, comédie en 1 acte; — 21 décembre, reprise de Jérusalem; — 30 décembre, adieux de M11- Flora- Fabri, première danseuse, Paquita, ballet, Lucie de Lammermoor, 4me acte, les Huguenots, 4me acte.
1850. — ier janvier, début de Mme Lespinasse, les Mousquetaires de la Reine ; — n janvier, reprise de Terpsichore sur terre, ballet, Ne touchez pas à la Reine, opéra comique; pendant les entr'actes A. Rancheraye, violoniste de 9 ans et demi, exécute des morceaux de deBériot; — 12 janvier, fête de nuit; — 16 janvier, reprise de le Comte Hermann, drame
Le 5 janvier, grande fête artistique sous le patronage de l'Administration Communale, en présence de LL. MM. le Roi et la Reine, des Princes, accompagnés des personnages de la Cour, des ministres, etc. La salle, transformée et richement décorée, fut appelée Palais des mille et une nuits!
Mais, quelques jours plus tard, Quélus abandonne la direction, et un appel aux soumissionnaires n'amène aucun résultat, tellement le théâtre était discrédité en province et à l'étranger par ses désastres successifs !
Trois artistes de La Haye : Chaunier, Obin et Regnault, se décident cependant à demander la direction de la xMonnaie, mais ils ne peuvent s'entendre, et renoncent à l'affaire. Le Conseil Communal était sur le point d'y renoncer à son tour, lorsque se présentent MM. Hanssens, Ricard et Balathier, sous la raison sociale : Balathier et C,e, et cette proposition in extremis est acceptée.
Nous trouvons aux archives un long dossier imprimé à l'adresse
en 5 actes; — 17 janvier, reprise de la Fille du régiment; — 18 janvier, représentation extraordinaire, avec le concours de Mme Rita-Faventi, cantatrice; — 21 janvier, reprise de Gilles Ravisseur, opéra comique en 1 acte; — du 23 au 27 janvier, représentation de Baroilhet, premier sujet de l'Opéra, la Reine de Chypre, la Favorite, 2me et 3me actes, Charles VI, 3me acte, le Barbier de Séville, chanté en italien; — 30 janvier, reprise de les Monténégrins; — 2 février, Grande Fête de Nuit ; — 4 février, reprise de la Juive; — 5 février, au bénéfice de Desplaces, les Monténégrins, Paquita, ballet; — 7 février, reprise de le Lac des fées, opéra; — 15 février, reprise de la Sirène, opéra comique; — 18 février, MUe Thuillier du Théâtre du Vaudeville de Paris; — 19 février, reprise de la Jolie fille de Gand, ballet; — 24 février, adieux de Mme Flora-Fabri, première danseuse, Robert le Diable, 3me acte; — 8 mars, reprise de Don Sébastien, opéra; — 15 mars, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique; — 19 mars, au bénéfice de Montaubry, premier ténor, le Val d'Andorre, opéra comique ; — du 21 mars, série de représentations de Chollet, premier sujet de l'Opéra-Comique, — 26 mars, grand concert, Stabat Mater, de Rossini ; — 4 avril, au bénéfice de Mme Ve Dessessarts, Stabat Mater, de Rossini; Guillaume Tell, 2me acte; le Débutant, comédie, avec le concours de Laferrière ; — 7 avril, Laferrière et Mlle Lacressonnière, du Théâtre de la Gaîté de Paris; — 9 avril, concert donné par Apollinaire de Kontski ; — 12 avril, au bénéfice de Mlle Prévost, première chanteuse ; — 19 avril, première représentation de le Moulin des Tilleuls, opéra comique en 1 acte, de Mallian et Cormon, musique de Maillart; — 24 avril, au bénéfice de Vialette, Nabuchodonosor, Gilles Ravisseur ; — 30 avril, clôture, au bénéfice de la crèche, Norma, Ier acte ; la Juive, 2me acte; le Barbier de Séville, ier et 2me actes; la Péri, Paquita, ballets.
Saison d'été.
1 850. — 9 mai, premier début de Mme Widmann, contralto, de Bouché, première basse; rentrée de Mlle Léontine Pougaud et de Murât; premier début de Mlle Cuvalié, troisième danseuse et de Topoff, danseur; reprise de Sentir amis, opéra en 4 actes; — 12 mai, premier début de Mlle Pollin, première danseuse ; rentrée de Desplaces, maître de
du Roi, et signé : Van den Boogaerde, et classé dans un carton, sur lequel on peut lire une note, de la main même de M. de Brouckère : « Ce document mérite d'être tiré de la poussière de l'oubli, et conservé comme un modèle d'ineptie. »
M. Van den Boogaerde, caissier pendant plusieurs années à la Monnaie, tâche de prouver au Roi que le théâtre rapporte à la ville plus d'un million par an.
Il établit, à l'appui de son affirmation, des chiffres nombreux, parmi lesquels un tableau comparatif des dépenses effectuées annuellement par toutes les classes de la société. Dans ce tableau, de haute fantaisie, la noblesse figure pour une somme de fr. 304,971.69, tandis que les ouvriers n'atteignent que le chiffre de fr. 2,904.30.
Le sieur Van den Boogaerde et ses 69 centimes de la noblesse, méritent, en effet, de passer à la postérité. Il est évident qu il faut être le plus étonnant des statisticiens, pour avoir, après des recherches inouïes, accouché de ces fameux 69 centimes. Mais cet
ballet; première représentation de la Vivandière et le Postillon, ballet; — 15 mai, premiers débuts de Mmes Cabel, première chanteuse légère, de Livry, première Dugazon, Abel, premier ténor léger, Gaffré, deuxième ténor; reprise de les Mousquetaires de la Reine; — 16 mai, reprise de les Jeux de l'amour, comédie; débuts de la troupe de comédie; — 17 mai, premier début de Martin, baryton, la Favorite; — 18 mai, reprise de la Sirène; — 22 mai, reprise de Charles VI ; — 23 mai, reprise de le Verre d'eau, comédie; — 29 mai, reprise de la Femme de quarante ans ; — ier juin, reprise de les Huguenots ; — 4 juin, représentation de Mlle Marra, première chanteuse, Lucie de Lammermoor ; — 6 juin, première représentation de la Nymphe des eaux, ballet ; la Dame blanche ; — 7 juin, début de Mme Duprat ; reprise de les Enfants d'Edouard ; • — 10 juin, reprise de le Prè-aux-Clercs ; — 20 juin, première représentation de la Fée aux roses, opéra-féerie en 3 actes, de Scribe et Saint- Georges, musique d'Halévy; — 21 juin, première représentation de Un ménage parisien, comédie en 5 actes; — 25 juin, débuts de comédie et d'opéra, les Deux frères, comédie ; — 27 juin, débuts, première représentation de Horace et Lydie ; reprise de Tartuffe; — 30 juin, clôture d'été, la Fée aux roses, opéra comique; — 2 juillet, « par extraordinaire», la Fée aux roses, opéra comique; — 5 et 7 juillet, même spectacle; — 11 juillet, le Dépit amoureux, comédie; les Diamants de la Couronne, opéra comique; — 14 juillet, représentation donnée par Ed. Galland, premier rôle du Théâtre du Cirque de Paris ; Murât, pièce militaire ; — du 17 juillet au 9 août, série de représentations de Mme Laborde, première chanteuse de l'Opéra, Lucie de Lammermoor, le Barbier de Séville, les Huguenots, les Diamants de la Couronne, la Fille du régiment, le Rossignol, le Prè-aux-Clercs, Norma ; — 9 août, au bénéfice des choristes de la Monnaie, avec le concours de Mme Laborde 5—13 août, première représentation de lesPorcherons, opéra comique en 3 actes, de Sauvage et de Durieu, musique d'Albert Grisar; — 30 août, représentation extraordinaire au bénéfice des Inondés, avec le concours de Mlle Denain de la Comédie-Française, Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée, proverbe de Musset ; les Porcherons, opéra comique.
incompris termine son travail, dont l'idée mérite peut-être plus d égards, en demandant « un projet de loi et la nomination dune commission de gens compétents appartenant au pays, et dont le but serait de sauvegarder les intérêts du théâtre en Belgique. Tous les arts seraient représentés dans cette commission. » Ineptie? eh! eh!... Chi lo sa?
Un incident, qui aurait pu entraîner les conséquences les plus graves, se produisit à la soirée du 16 avril. Un ivrogne s était placé aux quatrièmes, en compagnie d'un litre de genièvre. Il en avait déjà vidé la moitié, lorsque lidée le prit de jeter le flacon sur la scène. Le projectile effleura la joue de Mlle Lacombe, et vint se briser aux pieds de la chanteuse, dont il est facile de concevoir l'émotion. On expulsa ce fidèle servant dTEuterpe et de Bacchus, et le spectacle, interrompu pendant quelques minutes, put continuer...
Cette campagne théâtrale vit défiler Alboni, Baroilhet, Chollet, Mmes Charton-Demeur, Laferrière, M11" Lacressonnière, et Lucie Grahn, danseuse, etc., etc.
Elle fit connaître à Bruxelles : Les Monténégrins, de Limnander; le Caïd, d'A. Thomas (créé aux Galeries); Gastibelza, de Maillart; le Toréador, cf Adam ; et, pendant la saison d'été, la Fée aux roses, d Halévy ; les Porcherons, de Grisar.
La comédie est maintenant sacrifiée. La première scène de Bruxelles, qui avait marché de pair avec la Comédie-Française, commençait déjà à négliger le genre qui lui valut ses plus beaux succès, et qu'elle devait bientôt abandonner, pour laisser la place aux seuls ouvrages musicaux.
MM. Ch.-L. HANSSENS, directeur.
A. Vizentini, régisseur général, Hanssens, chef cTorchestre.
Opéra, Opéra comique et Traductions.
Octave, fort premier ténor. Cabel, première soprano, premières chan-
Barbot, premier ténor d'opéra comique. teuses légères.
Aujac, seconds ténors en tous genres, pre- Lacombe, première forte chanteuse soprano.
miers au besoin.
Girardot, Trial.
Martin, baryton, grand opéra.
Arthur d'Hôtel,
Bouché, première basse de grand opéra.
Vialette, première basse d'opéra comique. Prilleux, basse comique, Laruette.
Froment, deuxième ténor comique.
Borsary, basse comique.
Wideman, première forte chanteuse contralto.
Lacombe, première chanteuse légère d'opéra. Nilho, première chanteuse légère double.
Beauchéne, première Dugazon.
Livry, deuxième Dugazon.
Muller, jeune mère Dugazon.
Messieurs :
Doligny, grand premier rôle.
Verdellet, premiers rôles en tous genres Hadingue, jeune premier rôle.
Tony, premier rôle de comédie.
Karl, premier comique.
Bouchez, rôles grimes et paysans.
Rey, amoureux.
Stoltz, troisièmes rôles, raisonneur.
Pascal, troisième comique.
Comédie, Drame et Vaudeville.
Carès, jeunes premières ingénuités.
E. Lafont, premières ingénuités et premières amoureuses.
Marty, jeune coquette et deuxièmes rôles.
Desplaces, soubrettes, Déjazet.
Lavigne, troisièmes amoureuses, secondes soubrettes.
Luguet, duègnes et caractères.
372 Te Théâtre de la (Monnaie. — 1850-51.
Ballet.
Monsieur Mesdames et Mesdemoiselles :
Desplaces, maître de ballet, premier danseur Polin, première danseuse.
en tous genres. Cavallié, deuxième danseuse.
Bariquet, deuxième danseur. Léontine Pougaud, deuxième première dan-
Topoff, troisième danseur. seuse.
Murât, deuxième danseur en tous genres.
Artistes en représentation.
Mœes Laborde, Masson, Petipa (pour créer le rôle de Fidès dans le Prophète).
Balathier et Cie, telle est, nous l'avons dit, la « raison sociale » sous laquelle la direction des Théâtres de la Monnaie et du Parc lait l'ouverture de l'Opéra, le Ier mai, par Sémiramide.
Un incident assez original marque la période des débuts. Le 10 mai, on commençait par Tartuffe, qui devait servir d'épreuve à six sujets importants. Le premier rôle, Tony, débutait par le personnage même de Tartuffe, qui, nul ne lignore, ne paraît qu'au 3me acte. A peine Tony a-t-il risqué un pas sur la scène, avant même qu'il ait remué les lèvres, un coup de sifflet se fait entendre. L'artiste ne s'attendait pas à une telle réception ; il esquisse un geste qui semble dire qu'il n'insiste pas, et se retire. Chose étrange ! Le public ne bronche pas, on croit que Tony va revenir, il n'en est rien; même indifférence; la toile se baisse, le public bronche de moins en moins, vingt minutes s'écoulent, pas un murmure dans la salle. La toile se lève : Monnier vient annoncer que Tony refuse obstinément de reparaître, que l'administration va sévir contre
1850. — 2 septembre, ouverture; — 6 septembre, première représentation de le Prophète, opéra en 5 actes, de Scribe, musique de Meyerbeer.
Fidès Mmto WilemaN.
licrthe Petipa.
Jean de Leyde MM. Octave.
Zacharie Bouché.
Oberthal Vialette.
Jouets Martin.
1850. — 29 octobre, première représentation de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique en 3 actes, de Rotier et de Leuven, musique d'A. Thomas.
Shakespeare MM. Barbot.
J-'alstaJ]' Vialette.
Latimer Aujac
Elisabeth Mme Cabel.
1850. — 13 décembre, première représentation d'Attila, opéra en 4 actes, de Danglas, musique de Verdi (traduction) — 20 décembre, première représentation de Giralda,
l'artiste récalcitrant, mais qu'elle demande la permission du ne pas achever Tartuffe et de passer tout de suite au ballet qui doit terminer la soirée. Un silence glacial, le rideau retombe lentement. Et la représentation continue sans un murmure...
Mais, le lendemain, Tony se ravisa, consentit à débuter clans Mn° de Belle-Isle, et... fut admis.
Le premier ténor, Aujac, qui avait choisi pour sa troisième épreuve, la Dame blanche, essuya des marques assez vives de mécontentement. Le directeur se vit dans l'obligation de résilier son contrat. Aujac ne se découragea pas : il fît de nouveaux débuts comme second ténor, et nous allons le voir tenir cet emploi, avec succès, pendant de longues années. Le premier ténor qui lui succéda fut Anthiome.
En Juillet, Mme Laborde, profitant du congé forcé que lui offre la fermeture de 1 Opéra, vient donner une série de représentations triomphales.
A partir du mois d'août, une troupe italienne s'installe au Théâtre du Cirque.
Direction : Bocca et Quélus.
MM. Lucchesi, Morelli, Zucconi, G. Mazzi, G. Mora, Carlo Salani, Fiorio. Mmes Medori, Aldini, Biscottini, Fiorio.
La Monnaie voit l'apparition de Edmond Galland et de sa troupe. Pendant le séjour de ces artistes, les spectacles lyriques ont lieu au Théâtre des Galeries.
opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Adam ; — 13 novembre, Griselidis, ballet en 3 actes ; — 29 décembre, la Jolie Bretonne, ballet en 2 actes. 185 1. — iPr janvier, Giralda, opéra comique; — 4 janvier, première fête de nuit; — 13 janvier, reprise de le Val d'Andorre, opéra comique en 3 acles ; — 19 janvier, reprise de Moïse, opéra; — 28 janvier, reprise de les Monténégrins, opéra comique ; — 2 février, reprise de Jérusalem, opéra ; — 14 février, reprise de les Mousquetaires de la Reine, opéra comique ; — 20 février, reprise de Sèmirawis, opéra ; — 28 février, première représentation de Stradella opéra en 5 actes, d'E. Deschamps et E. Pacini, musique de Niedermeyer; — 7 mars, au bénéfice de Mme Cabel, première représentation de la Chanteuse voilée, opéra comique en 1 acte, de Scribe et Leuven, musique de Victor Massé; — 12 mars, reprise de les Forges de Vulcain, ballet ; — 18 mars, reprise de la Queue du chien d'Âlcibiade, comédie en 1 acte; — 19 mars, reprise de Gilles Ravisseur, opéra comique en 1 acte; — 20 mars, première représenta'ion de Azélia, ballet en 1 acte; — 4 avril, première représentation de VEnfant prodigue, opéra en 5 actes, de Scribe, musique d'Auber; — 22 avril, au bénéfice de M. Monnier, la Favorite, les Huguenots, 4me acte : — 25 avril, bénéfice de M. Arthur d'Hôtel, première représentation de Bonsoir, monsieur
374 Le Théâtre de la tMonnaie. — 1850-51.
En septembre, première représentation de le Prophète, opéra de Meyerbeer, sur lequel on comptait beaucoup.
Les principaux rôles étaient tenus par Mmcs Wideman et Petipa, Octave, Vialette, Bouché et Martin.
Ainsi que nous l'avions prévu dans notre article du 29 août dernier, le Prophète est tombé, dès sa première représentation, qui a eu lieu vendredi 6 septembre courant.
Cet opéra n'a pas pu même être apprécié par les amateurs, à cause de l'insuffisance des artistes qui l'ont interprété, et qui n'étaient à la hauteur de leurs rôles, ni comme acteurs, ni comme moyens, ni sous le rapport de la méthode et de la science.
Tous les principaux morceaux de chant sont passés inaperçus, ou bien l'exécution en a été désapprouvée parle public.
Parmi ceux qui ont le plus excité le mécontentement, nous devons mentionner le fameux duo entre Fidès et Berthe, le grand air de Fidès, la cavatine de Berthe, la scène et le trio bouffe pour ténor, baryton et basse, ainsi que la romance à deux voix, chantée par Fidès et Berthe. Ces morceaux ont causé une si pénible impression, qu'il n'est pas permis de croire que ce soient les mêmes que ceux dont le succès a été si éclatant à Paris et à Londres.
En revanche, et comme compensation aux mutilations qu'on a fait subir à l'opéra, et aux modifications de tons qui ont été introduites dans différentes parties, nous avons eu une espèce d'ouverture, arrangée par un profane qui n'a pas craint de substituer ses propres inspirations à celles du grand compositeur.
Cette ouverture n'a d'ailleurs aucune analogie avec la musique de iMeyerbeer.
{Belgique Musicale.)
Mais voici bien le scandale le plus surprenant, le plus inattendu qu'on puisse imaginer. Les directeurs ayant à se plaindre de la critique, notamment au sujet de la première représentation de le Prophète, font afficher dans toute la ville, le 9 septembre 1850, la
Pantalon, opéra comique en 1 acte, de Lockroy et Morvan, musique d'A. Grisar ; reprise de le Caïd, la Juive, 4me acte ; — 26 avril, représentation extraordinaire avec Mlle Medori, premier sujet de la Compagnie Italienne; — 28 avril, bénéfice de M. Hanssens, Bonsoir, monsieur Pantalon, opéra comique en 1 acte ; intermède musical ; symphonie de Beethoven avec piano, orchestre et chœur ; — 29 avril, adieux de Mme Medori, scène de Norma; rondeau de la Cenerentola ; Tolacca de Jérusalem ; la Chanteuse voilée, opéra comique;
— 30 avril, clôture, l'Enfant prodigue, icr et 2me actes ; Bonsoir, monsieur Pantalon, Opéra comique en 1 acte; Azélia, ballet; le Caïd, 2mc acte.
Saison d'été.
1851. — /\ mai, reprise de la Favorite, opéra; le Caïd, opéra comique; — 7 mai, rentrée de Mme Cabel, première chanteuse légère d'opéra comique, Mme Luguet, Dugazon, Barbot, premier ténor d'opéra comique, Aujac, deuxième ténor; premier début de Mangin, première basse d'opéra comique (en remplacement de Vialette) ; reprise de les Mousquetaires de la Reine, opéra comique ; rentrée de Mlle Cavallié et de Boriquetet Topoff, dans le ballet; Marco-Bomba, ballet ; — 8 mai, reprise de Haydée, opéra comique en 3 actes ;
— 10 mai, débuts et rentrées, la Dame blanche, ier acte: Haydée; — du 1 1 mai, série de représentations de M"c Masson, premier sujet de l'Opéra, la Favorite; — 12 mai, rentrée
proclamation suivante, qui accompagna l'annonce du spectacle jusqu'au 26 du même mois :
La direction des Théâtres Royaux a l'honneur de porter à la connaissance du public que, malgré son désir de remplir ses devoirs administratifs, ne pouvant parvenir à conjurer l'opposition systématique de certains organes de la presse, elle ne s'en référera désormais qu'à la conscience publique pour ses actes, et redoublera d'efforts pour maintenir les théâtres royaux au rang qu'ils doivent occuper.
La direction, à la date du 6 septembre courant, a retiré :
i° A M. Perrot (Indépendance), quinze entrées dont il jouissait chaque jour aux théâtres
royaux, valeur annuelle fr. 9,000
2° A M. Deschamps (Manneken), 2 entrées 1,200
30 A M. Deleutre (Observateur), 8 entrées 4,800
4° A M. Hauman (Politique), 5 entrées 3,000
Total pour les quatre journaux 18,000
La direction ose espérer que l'opinion publique saura se fixer sur le motif et la valeur réelle des attaques incessantes de ces messieurs.
On juge de l'effet produit dans le public par ce singulier placard. Jamais scandale n'eut autant de retentissement que cette « affaire des affiches ». M. Perrot, suivi par ses collègues, intenta à la direction du théâtre un procès qui fournit nombre de séances, où plaidèrent une multitude d'avocats, et où, finalement, les demandeurs furent déboutés. Les journaux affectèrent, pendant quelques mois, de garder un dédaigneux silence sur la Monnaie, tandis qu'ils tenaient régulièrement les lecteurs au courant de ce qui se passait dans les théâtres rivaux. Puis, comme le temps est un grand guérisseur, les haines s'apaisèrent, et tout rentra dans Tordre...
de Mrae Doligny, premier rôle, premier début de Mme Léon Péchoux, forte jeune première, de Hadingue, jeune premier rôle, Verdelet, premier rôle en tous genres; reprise de Mllc de Belle-Isle, comédie en 5 actes; — 14 mai, débuts; reprise de le Jeune mari, comédie en 3 actes ; le Postillon de Lonjumeau, opéra comique ; — 15 mai, rentrée de Martin, barylon, Zelger, première basse, avec le concours de Mlle Masson, première chanteuse de l'Opéra de Paris; reprise de Charles VI; représentation de Frederick Lemaîire ; — 17 mai, reprise de la Reine de Chypre, opéra en 5 actes; — 18 mai, reprise dtle Polichinelle, oçéraen 1 acte; la Chanteuse voilée; — 20 mai, reprise de le Val d'Andorre, opéra comique en 3 actes ; — 21 mai, reprise de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique en 3 actes; — 23 mai, reprise de le Prophète, opéra en 5 actes; — 26 mai, reprise de Giselle, ballet ; — 27 mai, reprise de les Percherons, opéra comique ; — 28 mai, au bénéfice de Mlle Masson, le Prophète; — 2 juin, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique en 3 actes; — 4 juin, premier début de Chaunier, premier ténor, la Reine de Chypre ; — 5 juin, reprise de Giralda, opéra comique en 3 actes; — 10 juin, premier début de Mmc Sainton, première chanteuse, la Favorite; — 12 juin, reprise de la Sylphide, ballet ; — 16 juin, première représentation de la Dame de Pique, opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Halévy ; — 27 juin, clôture de la saison d'été, le Prophète.
C'est alors qu'une seconde troupe italienne s'installe au Théâtre des Galeries Saint-Hubert, qui relevait de la même direction que la Monnaie. MM. Balathier et Cie, qui voulaient faire concurrence aux Italiens du Cirque, jouaient un jeu dangereux.
Trois théâtres musicaux dans une ville comme Bruxelles, c'était trop, et les spectateurs demeuraient bouche bée devant les affiches qui annonçaient pour le même jour :
Théâtre du Cirque : Lucrezia Borgia;
— de la Monnaie : Haydée ;
— des Galeries : Ernani.
Ce dernier fut la victime : il ferma après quelques représentations.
Avec le Prophète, la Monnaie donna pendant la campagne d hiver et la saison estivale : Le Songe d'une nuit d'été, d'A. Thomas; Attila, de Verdi; Giralda, d'Adam; Stradella, de Niedermeyer; la Chanteuse voilée, de Massé; l'Enfant prodigue, d Auber ; Bonsoir, monsieur Pantalon, de Grisar.
MM. Ch. HANSSENS, directeur.
Aug. Vizentini, régisseur général.
Ch.-L. Hanssens, premier chef d'orchestre. de Merckx, caissier-comptable.
Monnier, régisseur.
Grand opéra, Opéra comique et Traductions.
Messieurs :
Chaunier, premiers ténors, grand opéra et
traductions.
Barbot, premiers ténors, opéra comique.
Aujac, seconds ténors en tous genres et premier au besoin.
Martin, barytons, des Martin et des Chollet. Zelger, premières basses en tous genres. Maugin, premières basses d'opéra comique,
premières basses de grand opéra au besoin
et fortes secondes basses.
Borsary, basses comiques et des secondes
basses en tous genres, doublant au besoin
la basse d'opéra comique.
Girardot, Philippe, ténors comiques au
besoin, quelquefois seconds ténors.
PRiLLEux,Laruette, Vizentini, basses tabliers.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Cabel, première soprano, premières chanteuses légères.
Rey-Sainton, fortes chanteuses en tous genres, Stoltz, Viardot.
Christophe Pillot, première soprano, chanteuses légères doubles.
Leclère-Laumont, soprano, première Dugazon.
Hemberg, soprano, secondes Dugazon.
Prévost-Colon, soprano marqué, mères Dugazon.
Luguet, duègnes, caractères et rôles à caricatures.
Denise Murât, quatrième soprano, grandes coryphées.
Comédie moderne et Drame.
seconds amoureux.
Verdellet, premiers rôles en tous genres. Hadingue, forts jeunes premiers et jeunes
premiers rôles.
Prietz, seconds amoureux et premiers au
besoin.
Armand, Nehr,
Prilleux, premiers comiques marqués.
Poirier, } jeunes premiers comiques
Vonlatum, ) Régnier.
Jourdain, pères nobles, grands raisonneurs,
grands troisièmes rôles.
Baron, financiers, grimes.
Bouchez, des financiers, et des grimes.
Barbier, troisièmes rôles, et rôles de genres. Pascal, rôles en tous genres.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Léon Péchoux, jeunes premiers rôles, fortes jeunes premières.
Ernestine Lakont, premières ingénuités et premières amoureuses.
Aglaé Cèbe, jeunes amoureuses et des ingénuités.
Derval, des secondes et troisièmes amoureuses.
Doligny, mères nobles et des coquettes.
Marty, des seconds rôles et des coquettes.
Desplaces, jeunes soubrettes
Lavigne, secondes soubrettes.
Luguet, premières duègnes, caractères.
Castel, secondes duègnes, caractères.
Ballet.
Messieuis : Mesdemoiselles:
Desplaces, maître de ballet, premier danseur. Marie Petit, première danseuse en tous Dieul, second danseur et premier au besoin. genres.
Topoff, troisième danseur. Nehr, première danseuse demi-caractère.
Cavallié, forte seconde danseuse.
185 1. — ier septembre. Ouverture, premier début de Belval, basse-taille; reprise de les Huguenots ; — 2 septembre, reprise de la Jolie fille de Gand, ballet, et de le Chalet, opéra comique; — 4 septembre, reprise de Jérusalem, opéra en 5 actes; — du 5 septembre, série de représentations de M,les Petra Caméra, Adela Guerrero, Antonio Ruez, premiers sujets, secondés par 20 danseurs et danseuses espagnols, la Feria de Sevitta, tableau andalou; Curra la Gaditana, la Dama Valenciana, Ferezano, Polo del Contrabandista ;
— 8 septembre, reprise de le Bouffe et le tailleur, opéra comique ; — 9 septembre, premier début de Mlle Wilhem, Dugazon, les Mousquetaires de la Reine ; — 1 1 septembre, reprise de la Sirène, opéra comique; — 15 septembre, première représentation de Bataille de Dames, comédie en 3 actes, de Scribe et Legouvé ; le Diable à quatre, ballet ;
— 16 septembre, premier début de Mllc Chambard, première chanteuse à roulades, Robert le Diable; — 18 septembre, reprise de Guillaume Tell; — 19 septembre, au bénéfice de Ruiz, maître de ballet espagnol, le Barbier de Séville, Ier acte, Fin du roman; — 21 septembre, reprise de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique; — 23 septembre, reprise de le Prophète; — 27 septembre, représentation extraordinaire donnée par Bressant et Levassor, au bénéfice des danseurs espagnols, Brutus lâche César, Bressant ; A/me Bertrand et Mne Raton, Levassor; intermède de chant par Barbot, Mangin Mmes Cabel et Chambard, danse espagnole; — 30 septembre, reprise de le Maçon, opéra comique en 3 actes; — Ier octobre, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique en 3 actes; Terpsichore sur terre; — 3 octobre, reprise de Haydée; — 9 octobre, reprise de le Postillon et la Vivandière, ballet; — du 10 octobre, série de représentations de M11* Caroline Duprez, première cantatrice des Théâtres Italiens de Paris et de Londres,
Dès le début de la saison, à la suite d'un désaccord survenu entre M. Hanssens et Mlle Cabel, celle-ci déclare qu'elle ne peut plus chanter, et se prétend malade. On affiche : « Changement de spectacle par suite du refus de service de M"e Cabel. » Grande colère de la cantatrice, procès, envoi réciproque de certificats, émanant de divers docteurs en médecine, au nombre de six, dont une moitié affirmait que M"e Cabel était en état de chanter, tandis que l'autre moitié soutenait le contraire. L'éternelle fable du médecin « Tant pis » et du médecin « Tant mieux ». O La Fontaine !! Le public se passionne pour ce débat, en somme peu important. Le directeur écrit aux journaux, pour leur faire connaître la vérité. Sa pensionnaire imite cet exemple, pour rétablir les faits. Mais, comme, dans cette correspondance, chacun avait malmené les docteurs de la partie adverse, les six médecins écrivent à leur tour pour expliquer la situation, ce qui, naturellement, contribue àTembrouiller encore. Enfin, comme toutes les querelles entre artistes et directeurs, ce différend ne tarda pas à être réglé. Mais le plus piquant de cet incident, c'est que les trois docteurs de la cantatrice ne s'entendaient pas eux-mêmes sur le genre d'affection dont elle était atteinte ! O Molière ! !
En septembre, les représentations d'opéra alternent avec l'exhibition d'un ballet espagnol. Arrivent ensuite : Dressant et Levasseur,
la Somnambule, Lucie de Lammermoor, la Fille du régiment, V 'Abîme de la Maladetta, Othello, le Barbier de Séville ; — 15 octobre, reprise de la Juive ; — 26 octobre, première représentation de Zerline, ou la corbeille d'oranges, opéra en 3 actes, de Scribe, musique d'Auber; — 4 novembre, premier début de Carman, baryton, la Favorite; — 6 novembre, début de Mme Carman, Dugazon, la Dame blanche ; — 16 novembre, reprise de Giral.Lt ; — 19 novembre, première représentation de V Abîme de la Maladetta, drame lyrique en 3 actes, de G. Duprez ; — 28 novembre, reprise de Scaramouche, opéra en 3 actes ; Un caprice, comédie en 1 acte; — 4 décembre, reprise de les Porcherons, opéra en 3 actes; la Esmeralda, ballet en 2 actes; — 9 décembre, reprise de Robert le Diable; — 10 décembre, représentation extraordinaire au bénéfice de Vizentini, régisseur général, avec le concours de Duprez, de Mlle Duprez et des artistes des Théâtres Royaux, Othello, 3me acte; reprise de le Panier fleuri, opéra comique en 1 acte ; première représentation de Un bal sous Louis XV, ballet en 1 acte ; — 16 décembre, au bénéfice de Mlle C. Duprez, le Barbier de Séville, 2me acte; la Fille du régiment, 2me acte, concert vocal et instrumental; — 22 décembre, au bénéfice des crèches; représentation extraordinaire avec le concours de Frederick Lemaître et de Mlle Clarisse Miroy, la Dame de St-Tropez, drame en 5 actes; Polichinelle, opéra en 1 acte ; Don César de Bazan, ier acte; Un divertissement; — 24 décembre, première représentation de Mosqnita la sorcière, opéra comique en 3 actes, de Scribe et G. Vaez, musique de Boisselot. 1852. — 3 janvier, Grande Fête de Nuit ; — 8 janvier, première représentation de le Démon de la nuit, opéra en 2 actes, paroles de Bayard, musique de Rosenhain ; — 11 janvier, reprise de Adolphe et Clara, opéra en 1 acte; — 12 janvier, première de Mlle Uranie
Duprez et sa fille Caroline, Frédérick-Lemaître et Clarisse Miro}^, Alboni, etc., et, pendant la saison d'été, Mélingue, et Rachel, accompagnée d'un groupe d'artistes de la Comédie Française.
Parmi les huit opéras nouveaux qui voient le jour pendant cette campagne, il faut citer : l'Abîme de la Maladetta, musique de G. Duprez (Caroline Duprez jouait le rôle principal). Raymond. d'A. Thomas; la Comédie à la ville, de Gevaert ; Casilda, musique de S. A. Monseigneur le Duc régnant de Saxe-Cobourg-Gotha.