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MORT DE FAIM

Au service du Théâtre National de V Opéra-Comique.

L'autorisation d'un tel affichage fut refusée.

Reynal est remplacé, à la Monnaie, par Carman, déjà connu, et qui fit simplement une rentrée.

Le ténor Wicart et la basse Depoitier, qui font partie de la troupe pour la première fois, forment avec Carman le fameux trio belge, dont la réputation fut presque européenne.

Wicart est né à Tournai, et a fait ses études au Conservatoire de Bruxelles, dans la classe de Géraldi. Il débuta à Liège dans Lucie de Lammermoor , puis se décida à concourir pour l'admission à l'Ecole de Musique de Paris, où il fut admis en qualité de pensionnaire. Ses études terminées, il chanta à Nantes et à Lyon, et arriva enfin à Bruxelles. Sa voix facile, sonore et large, la justesse

ballet ; — 6 octobre, premier début d'Arnoldi, première basse de grand opéra, en remplacement de Balanqué, les Huguenots; — 7 octobre, reprise de le Songe d'une nuit d'été, opéra comique; — 10 octobre, reprise de le Bouffe et le Tailleur, opéra comique;

— 11 octobre, reprise de Guillaume Tell; — 13 octobre, reprise de le Toréador; — 17 octobre, spectacle gala, Lucie de Lammermoor ; — 20 octobre, reprise de le Dieu et la Bayadère, premier début de Mlle Choinet; — 21 octobre, reprise de Robert le Diable; — 25 octobre, concert donné par Mlles Carolina et Virgina Ferni, violonistes ; — 5 novembre, première représentation de les Amours du Diable, opéra féerie en 3 actes, paroles de de Saint-Georges, musique d'A. Grisar; — 6 novembre, représentation de Bauche, fort ténor, les Huguenots ; — 17 novembre, au bénéfice de Vizentini, directeur de la scène, les Amours du Diable; — 25 novembre, reprise de Si j'étais Roi, opéra comique en 3 actes;

— i'r décembre, reprise de la Reine de Chypre, opéra en 5 actes ; — 4 décembre, reprise de les Rendez-vous bourgeois, opéra comique en 1 acte; — 12 décembre, début de Dobbels, première basse, en remplacement d'Arnoldi, les Huguenots; — 16 décembre, au bénéfice des pauvres, les Amours du Diable ; — 18 décembre, reprise de la Perruche, opéra comique en 1 acte; — 20 décembre, première représentation de les Amours d'une rose, ballet en 2 actes ; — 22 décembre, première représentation de le Sourd ou l'auberge pleine, opéra comique en 3 actes, de Leuven et Langlé, musique d'Adam ; — 27 décembre,

impeccable de ses intonations, la cadence toujours rythmée de ses phrases musicales, l'incroyable souplesse de son organe qui lui permettait de chanter avec autant de perfection Guillaume Tell que la Favorite, lui acquirent du premier coup la sympathie du public bruxellois.

Carman, de son véritable nom Carmanne, est né a Liège, et y a fait ses études sous la direction du même Géraldi, qui était professeur dans les deux villes. Comme son camarade Wicart, il alla ensuite au Conservatoire de Paris, d'où il sortait après trois années pour débuter à Rouen, à Marseille et enfin à Bruxelles.

Carman possédait une voix admirablement timbrée, et montrait autant d'autorité dans Topera que de grâce dans l'opéra comique. Il avait un caractère irascible, très nerveux, mais, comme chez tous les artistes affligés de ce désagrément, dont ils sont les premières victimes, le cœur était loyal et généreux. On raconte qu'un jour sa femme, qu'il adorait, chantant à Anvers les Noces de jeannette, Carman qui s'habillait pour la deuxième pièce, entend, de sa loge, les protestations qui accueillaient la chanteuse. Il n'avait pas encore passé son habit, il s'élance en bras de chemise sur la scène, en battant des mains, et pendant le moment de silence et de stupeur que provoque cette entrée inattendue, il jette à Mmc Carman, atterrée, cette phrase épique : « Us te chutent? Moi, Carman, je t'applaudis ! » Voilà un admirable trait d'audace en même temps que d'amour conjugal. Sa femme exerça une grande influence sur la destinée du baryton, et la fin tragique de Mme Carman vint ajouter aux fièvres

reprise de Otello, opéra en 4 actes; — 30 décembre, reprise de la Part du Diable, opéra comique en 3 actes.

1854. — 9 janvier, premier début de Mlle Adrienne, Dugazon, le Maître de chapelle; — 12 janvier, reprise de Madelon, opéra en 2 actes; — 13 janvier, reprise de Terpsichore sur terre, ballet; — 16 janvier, reprise de la Muette de Portici, opéra; — 27 janvier, première représentation de le Bijou perdu, opéra en 3 actes, paroles de de Leuven et Deforges, musique d'A. Adam; — 3 février, au bénéfice de Bosselet ; reprise de les Diamants de la Couronne ; — du 4 au 10 février, série de représentations de Mme Tedesco, première chanteuse de l'Académie de musique, la Favorite, le Prophète, la Reine de Chypre; — 10 février, par ordre, représentation de Mme Tedesco, le Prophète; — 11 février, au bénéfice de Prilleux, les Diamants de la Couronne ; — 14 février, au bénéfice de Mlle Duriez, la Dame blanche, opéra comique en 1 acte ; le Sourd, les Amours d'une rose; — 15 février, reprise de la Jolie fille de Gand, ballet; — 17 février, au bénéfice de Desplaces, maître de ballet, la Part du Diable, opéra comique ; la Brésilienne ballet; — 3 mars, au bénéfice de Monnier, régisseur; reprise de la Reine de Chypre: — 6 mars, concert de MIle Louise Barvvolf, âgée de douze ans; — 13 mars, première représentation de Georgette, opéra en 1 acte, Gevaert; — 15 mars, première représentation

artistiques du mari une douleur suprême, digne du plus grand respect. Carman est actuellement professeur au Conservatoire de Liège.

Avec sa figure imberbe, sa tête fine, bien attachée, Depoitier avait l'air d'un enfant de chœur plutôt que d'un comédien appelé à représenter des héros, à porter la pourpre royale.

Il y a de cela... quelques années. Depuis, la moustache a poussé fièrement, comme celle d'un mousquetaire, et, pour ne pas demeurer en reste avec les cheveux, elle a pris le parti de grisonner, sans cependant rien perdre de son allure cavalière.

La vie de Depoitier est toute de travail. Né à Liège en 1831,11 étudia le chant au Conservatoire de cette ville; puis, à Paris, avec Duprez, Il était doué d'un organe généreux et d'une volonté de fer : Il fit de rapides progrès. Un jour, — il n'avait pas du tout, à ce moment-là, l'envie d'embrasser la carrière dramatique, — il rencontre, à Liège, son ami Piedbœuf, le violoniste, qui se disposait à organiser un concert. Depoitier lui propose son concours pour cette soirée, et Ion convient qu'on donnera le Songe d'une nuit d'été. Son succès dans Falstaff fut tel, qu'Alexandre May, qui dirigeait alors l'Opéra de Liège, lengagea immédiatement, sans répertoire, en qualité de basse chantante (1853).

Trois semaines s'étaient à peine écoulées que, la basse d'opéra étant partie, Depoitier joue, au pied levé, Robert le Diable et tient les deux emplois jusqu'à la fin de la saison, ou plutôt jusqu au moment où May fut emprisonné pour dettes, et que le théâtre fut

du Juif Errant, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, musique de Halévy ; — 21 mars, au bénéfice d'Audran ; reprise de Fra Diavolo, opéra comique en 3 actes; intermède de chant; — 29 mars, débuts de M1Ie Emilie Price, danseuse âgée de 7 ans, et de Ferdinand Price, danseur âgé de 9 ans ; grand divertissement ; — 31 mars, au bénéfice d'Aujac, le Caïd; la Dame blanche, ier acte; un ballet; — 4 avril, au bénéfice d'Ed. Letellier, contrôleur, les Amours du Diable; — 18 avril, au bénéfice de Mlle Lemaire, reprise de la Fée aux roses ; — 26 avril, au bénéfice de Barielle, les Amours du Diable, opéra ; — 29 avril, au bénéfice des pauvres ; représentation extraordinaire, avec le concours de Mlle Rosa Kastner, les Noces de Jeannette, Guillaume Tell, 2me acte ; intermède vocal et instrumental par MUe& Rosa Kastner et Lemaire ; Un bal sous Louis XV, ballet ; — 12 mai, au bénéfice de Hanssens; première représentation de la Lanterne magique, opéra en 3 actes, de Van Peene et Miry ; — 19 mai, au bénéfice de Girardot, le Comte Ory ; reprise de VOurs et le Pacha, vaudeville en 1 acte ; — 22 mai, au bénéfice de Haeck, machiniste, les Amours du Diable; — 24 mai, par ordre, la Lanterne magique; Georgette ; — 31 mai, au bénéfice de Carman et de MUe Duriez; clôture, le Barbier de Sêville, ier acte ; la Fille du régiment, 2me acte ; le Bijou perdu, 2mr acte ; un divertissement.

fermé. L'année suivante, il était engagé au Théâtre de la .Monnaie.

Le soir de son troisième début — il venait de jouer la Juive, et avait été admis, à une grande majorité — Depoitier quitte son costume ; dans une hâte fiévreuse, il descend précipitamment de sa loge, le cœur débordant de joie; il jette un bonsoir au concierge, s'engouffre dans la rue Neuve, bondit jusqu'à la gare du Nord, où il saute dans le dernier train pour Liège.

Il arrive au milieu de la nuit, prend sa course jusque dans le quartier qu'habitait sa famille, et, du bout de la rue, dans le silence, se met à crier : « M'man ! M'man ! » Sa mère, qui dormait depuis longtemps, se réveille à cette voix aimée, ouvre la fenêtre : « Je suis reçu ! clame Depoitier, Maman ! je suis reçu ! » La pauvre femme croyait encore rêver. La voilà presque dans la rue, en toilette de nuit, recevant dans ses bras son héros, qu'elle couvre de baisers orgueilleux... Ce grand enfant venait de dépouiller l'hermine de Brogni !

Il faut entendre, aujourd'hui encore, Depoitier raconter cette anecdote, les yeux pleins de larmes, comme un bon fils qu'il fut, et comme un véritable artiste, capable de ressentir ces nobles émotions.

Après une période de débuts, généralement favorable aux artistes, le public, capricieux, montra autant de sévérité qu'il avait témoigné de bienveillance envers les sujets nouveaux. A un moment même, il ne se passait plus de soirée qui ne fût troublée par de nombreuses marques de mécontentement.

Une représentation des Huguenots, surtout, souleva les plus grandes colères. Les pauvres artistes, objets d'un tumulte effroyable, refusaient d'achever l'opéra. Comme toujours en semblable circonstance, la police dut intervenir, des arrestations eurent lieu, et la soirée n'alla pas jusqu'au bout.

Mais, comme toujours aussi, cette hostilité du public fut de courte durée. La direction, profitant d'une accalmie, s'empressa de reprendre la Muette de Portici, œuvre qui avait encore un grand prestige à Bruxelles, car elle y évoquait des souvenirs patriotiques. Mathieu se montrait pour la première fois dans Mazaniello. Le Duc et la Duchesse de Brabant assistèrent à cette représentation.

La mise en scène offre parfois de bizarres anachronismes. En voici un, relevé dans cette soirée, et qu'il est impossible de ne pas signaler, ne fût-ce que par respect pour la vérité historique :

La décoration du 3mc acte devait représenter une place publique, à Naples. Le rideau de fond qui avait servi jusque-là réalisait le

mieux possible les recherches archéologiques. Mais, soit qu il n'existât plus, soit que son état de vétusté ne permît plus d'en faire usage, on l'avait remplacé. Et par quoi?... Par une vue du vieux Paris, avec le portail de Notre-Dame en perspective!...

Enfin, la saison s'achève d'une façon relativement calme, et la clôture a lieu le 30 mai. C'est de cette campagne théâtrale que date la détermination d'abandonner, à la iWonnaie, les ouvrages dramatiques, pour y représenter exclusivement l'opéra, l'opéra comique, et le ballet.

Du ier septembre au ier mai 1854, la comptabilité accuse :

Dépenses fr. 438,438 71

Recettes 412,399 55

Déficit 26,039 16

MM. LETELLIER, directeur.

Augustin Vizentini, directeur delà scène.

Monnier, régisseur.

Alfred Bry, régisseur-inspecteur.

de Merckx, caissier-comptable.

Edouard Letellier, contrôleur chargé de la location.

Paul, secrétaire.

Grand opéra.

Messieurs :

Wicart, premier ténor.

Audran, premier ténor demi-caractère.

Aujac, second ténor.

Chéri, second ténor.

Car.man, baryton.

Depoitier, première basse.

Barielle, première basse, et forte seconde. Borsary, seconde basse.

Henry, troisième basse, et seconde.

Adrien, troisième ténor, et coryphée.

Mermand, grand coryphée.

Haly, coryphée.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Anna Mézières, première soprano, chanteuse

légère.

Elmire, forte chanteuse, Stoltz.

Nelly Dulon, forte chanteuse, Falcon.

Mu RAT,

IIeiluronn, Haly,

Louise,

Messieurs

Darbay,

Merchie

> coryphées.

Opéra comique.

Messieurs :

Audran, premier ténor.

Aujac, second ténor, et des premiers.

Chéri, second ténor, Moreau-Sainti, Philippe.

Barielle, première basse.

Borsary, basse comique, et première au besoin.

Girardot, ténor comique.

Prilleux, Laruette, Vizentini, Ricquier, basses, tabliers.

Henry, troisième basse, et seconde.

Adrien, troisième ténor.

Mermand, grande utilité.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Lemaire, première chanteuse légère.

Anna Mezières, \ ., ,

-T . / premières chanteuses

JNelly-Dulon, > ,

,r \ au besoin.

V ANDENHAUTE, )

HlLAIRE, \

> emplois de premières Dugazon.

L)RUTEL, J

Steenebruggen, seconde Dugazon.

Mullet, mère Dugazon.

Lagier, première duègne.

D. Murât, \

Louise,

¥I > coryphées.

Haly,

Helbron,

Bartholomin, premier maître de ballet.

Rouquet, deuxième maître de ballet.

Louis Dor, premier danseur.

Dewinne, deuxième danseur, et premier au

besoin.

Rouquet, danseur comique, rôles mimes.

Hamel, I

KOUKELBERG, )

François, troisième danseur, et coryphée.

rôles mimes.

M Rouquet, professe

Mesdames et Mesdemoiselles :

Guichard, première danseuse en tous genres.

Carol Théleur, première danseuse.

Irma, seconde danseuse, première au besoin.

Estelle Théleur, )

„ , \ secondes danseuses.

EUGENIE DUPIN, )

Lacroix, troisième danseuse.

Louise Dupin, 1 Mina, \ coryphées.

Kats, \

Montassu, rôles mimes.

ur de l'école de danse.

Orchestre.

MM. Ch.-L. HANSSENS, premier chef.

Bosselet, second chef.

Degreef, conduisant le ballet.

Fastré, organiste.

Murât, accompagnateur.

Parmi les nouveaux noms, on en voit deux qui ne tardèrent pas à devenir populaires à Bruxelles : ceux de Borsary et de Barielle,

Le premier est l'objet d'une véritable légende, et, aujourd'hui encore, dans les conversations de « foyer », on cite souvent ses mots d'un esprit quelque peu... gaulois. Restriction faite de ses expressions, parfois très libres, il était d'un caractère jovial, toujours prêt à la riposte, et d'une philosophie véritable, sous des dehors amusants. Au physique, d'une taille et d'un embonpoint énormes. On conte

que, le soir, à l'issue de la représentation, une douzaine de chopes de bière ne le faisaient pas reculer.

Barielle était Marseillais — dans toute l'acception du mot. Doué d'un organe splendide, il n'était pas du tout musicien. Un jour, pendant les répétitions de l'Étoile du Nord, il arrive au théâtre, agité, ému, fiévreux. On s'empresse autour de lui, et, comme on l'interrogeait sur les motifs de son inquiétude : « Eh bien ! dit-il, il y a dans mon rôle une intonation que je ne parviens pas à saisir; lorsque ce moment est franchi, c'est, pour moi, comme si la pièce était achevée : je passe d'un sol bémol à un^a dièse. Je ne suis pas f. ... d'attraper ce fa dièse! »... Voici comment Barielle racontait la première représentation du Pardon de Ploërmel, à l' Opéra-Comique, où il créa le rôle du chasseur : « Au premier acte : Faure, Marie Cabel, Sainte-Foy — rien. Au deuxième acte — rien; il est vrai qu'il se passe dans la nuit. Troisième acte — mon air. J'entre en scène : a En chasse, en chasse, en chasse! » Un triomphe. L'Empereur se penche hors de sa loge, et s'écrie : Bravo, Barielle! Ce n'était rien. Je rentre dans la coulisse où se tenait Meyerbeer aux écoutes; l'illustre maître se jette dans mes bras en pleurant, et en m'appelant son digne interprète : — L'Etoile du Noi'd fut un grand succès ! » Le Théâtre de la Monnaie, après trois mois de clôture, rouvre ses portes, par la Juive.

Le système de débuts où le public manifeste son opinion par applaudissements ou par sifflets, est supprimé. On adopte le mode du vote, plus en rapport maintenant avec l'esprit et l'éducation du public, et qui évite à l'artiste des humiliations dont son amourpropre et sa dignité même ne peuvent que souffrir cruellement.

1854. — 31 août, Ouverture. — Wicart, fort ténor, Depoitier, première basse, Mme Dullon, première chanteuse falcon, Mmc Mézières, première chanteuse légère ; reprise de la Juive, opéra en 5 actes ; — ier septembre, premier début de Mlle Hilaire, première Dugazon ; rentrée d'Audran, premier ténor léger, MUe Lemaire, première chanteuse légère ; reprise de les Mousquetaires de la Reine, opéra comique en 3 actes; — 3 septembre, reprise de le Bouffe et le Tailleur, opéra comique en 1 acte; — 4 septembre, rentrée de MIlc Elmire, contralto, la Reine de Chypre; — 5 septembre, premier début de Chéri, deuxième ténor, MUe Drutel, deuxième Dugazon ; reprise de le Chalet, opéra comique en 1 acte, début de Mlle Guichard, première danseuse ; reprise de la Sylphide, ballet; — 6 septembre, reprise de la Dame blanche, opéra comique; — 11 septembre, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique; — 12 septembre, reprise de Robert le Diable (en l'absence d'une chanteuse légère, on ne peut exécuter le 2me et le 4me actes) ; — 13 septembre, reprise de le Barbier de Séville, opéra comique en 4 actes; le Postillon et la Vivandière, ballet ; — 15 septembre, reprise de la Favorite, opéra; — 19 septembre, reprise de le Toréador, opéra comique en 2 actes ; le Diable à quatre ; — 20 septembre, reprise de les Hugue-

Malheureusement, cette coutume n'était pas destinée à durer longtemps. Elle servit de prétexte à des abus ; les amis ou adversaires des débutants achetèrent d'abord un grand nombre de places, afin d'obtenir la majorité des voix, et quelquefois le public se trouva désappointé devant un résultat contraire à son idée et à ses désirs.

Aussi, dès 1857, renoncera-t-on à tout scrutin : on reviendra aux anciens usages. Cependant, le public se désintéressera de plus en plus de ces manifestations, et le temps est proche où les trois débuts disparaîtront définitivement. Il faut supposer que ce dernier modus agendi est le meilleur, puisqu'il fut. désormais adopté, et qu'il prit date précisément de l'époque où le Théâtre de la Monnaie s'élevait à un niveau artistique qu'il n'avait pas atteint jusque-là.

Voici — avec un spécimen de bulletin — le résultat des premiers votes :

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