‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 111 sur 149 · Septembre fr · texte numérisé non relu

Septembre fr

Octobre 39,525 »

Novembre 39,230 50

Décembre . 4I,9I° 7^

%o. Janvier 50,674 »

Février 39.474 75

Mars 4I»273 5°

Avril 35,483 75

Mai 4°>379 75

■ubvention 80,000 »

Représentations Extraordinaires.

1859. 3 décembre. — Bénéfice des Pauvres honteux. L'Ambassadrice . . fr. 2,400 »

6 décembre. — Grande Harmonie. L'Ambassadrice 1,800 »

16 décembre. — Par ordre. La Fille

du Régiment 1 ,837 75

19 décembre. — Philanthropie Les Diamants 2,400 »

29 décembre. — Philharmonie. La Fille

du Régiment 1,800 »

1860. 16 janvier. — Bénéfice d'Adolphe.

Le Pardon de Ploërmel 3,772 »

26 janvier. — Bénéfice d'E. Letellier. Le Pardon de Ploërmel 4,786 »

9 février. — Bénéfice de Bosselet. Le

Pardon de Ploërmel 2,I95 5°

14 février. — Philharmonie. La Favorite 1,800 »

17 février. — Bénéfice d'Aujac. Le Pardon de Ploërmel 2,436 25

14 mars.— Grande Harmonie. Le Pardon

de Ploërmel i,50° »

16 mars. — Bénéfice de Carman.

Guillaume Tell 2,402 »

23 mars. — Bénéfice de Depoitier. Gustave III i,979 5°

27 mars. — Philharmonie. Le Pardon

de Ploërmel i,500 »

30 mars. — Bénéfice de De-places. Le

Pardon de Ploërmel i,»3825

24 avril. — Bénéfice de Hanssens. Les Dragons de Yillars 2,28420

14 mai. — Bénéfice de Mme Vandenhaute.

Hernani 1,804 50

15 mai. — Pauvres honteux. Les Dragons

de Villars i,502 5°

22 mai. — Bénéfice de Mmc Boulart.

Giralda 4>o85 75

26 mai. — Grande Harmonie. Les Dragons de Villars ',8oo »

30 mai. — Bénéfice de Borsary. Giralda. 2,770 »

MM. J.-B. GROGNIER-QUÉLUS, directeur.

A. Mayer, régisseur-général, chargé de la mise en scène. Alfred Bry, régisseur.

Philippe, régisseur des chœurs.

Labarre, secrétaire.

Grand opéra, Traductions.

Messieurs :

Wicart, premier ténor.

Aujac, second ténor.

Carmax, baryton.

Depoitier, première basse.

Bai aille, seconde basse.

Borsary, troisième basse, et seconde.

Henault, troisième, et second ténor au besoin Vandenbosch, ) Gignez, j ten<>rs coryphées.

Vangoor.

Blondeau,

coryphées basses

Mesdames et Mesdemoiselles :

Vandenhaute, forte chanteuse, Falcon.

Elmire, forte chanteuse, Stoltz.

LitschxNer, soprano, première chanteuse.

Dupuy, s

Cèbe, dufresnoy,

D. MURAT

Heilisronn, Lemay,

soprani.

coryphées.

Opéra comique.

Messieurs :

Jourdan, premier ténor.

Aujac, second ténor, et des premiers.

Henault, second ténor, Moreau-Sainti, Philippe.

Boulart, première chanteuse légère.

Litschnkr, première chanteuse.

Dupuis, première Dugazon, jeune chanteuse. Cèbe, deuxième première Dugazon.

Le Théâtre de h (Monnaie. — i86o-'>i. 447

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :

Bataille, première basse. Périllet, mère Duga/on. Borsary, basse comique, première au besoin. Meuriot, duègne.

Feret, ténor comique, trial. D. Murât,

Mengal, basses tabliers, Laruette. Heilbronn, r coryphées.

Darbay, troisième basse, et seconde. Lemay, '

Vandenbosch, grande utilité.

Cinquante choristes.

Ballet.

Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :

Desplaces, premier maître de ballet. Deciiaux, première danseuse noble.

Rouquet, deuxième maître de ballet. Navarre, deuxième première danseuse demi- Desplaces, premier rôle mime. caractère.

Gredelue, premier danseur. Verult, \

Guillemin, premier danseur demi-caractère. Elisa Delamarre, V secondes danseuses.

Ruby, premier danseur comique. Marie Wesmael, )

Rouquet, ) . Monsieur

u \ rôles mimes.

tvoukelberg, ; François, troisième danseur coryphée.

Orchestre.

MM. Ch -L. HANSSENS, premier chef.

Bosselet, second chef.

de Greef, conduisant le ballet.

Edouard, organiste-accompagnateur.

Septante-deux musiciens.

La saison commence par une reprise de l'Etoile du Nord, qu'on avait peu jouée, la troupe d'opéra comique ne comprenant pas les éléments nécessaires. A part Aujac, les interprètes étaient nouveaux : Mme Boulart (Catherine), Jourdan (Danilowitz) , Bataille (Peters, rôle créé par Bataille), M1Ie Dupuy (Prascovia), Mengal (Gritzenko).

Endymion, ballet de Desplaces, musique de Stoumon, obtient un très honorable succès.

L'Administration Communale fait connaître que la direction du théâtre sera libre à la fin de la campagne. Parmi les nombreux soumissionnaires était inscrit M. Carvalho, qui avait récemment dirigé le Théâtre Lyrique, et qui administra ensuite avec tant d'habileté l'Opéra-Comique jusqu'à la terrible catastrophe qui détruisit la salle Favart.

Le choix du Conseil se porta sur Théodore Letellier, pour la période triennale 1861-64, L'ancien directeur de la Monnaie signa tout d'abord des engagements avec plusieurs artistes, et déclara qu il ne conserverait pas Ch; Hanssens.

Quelques jours après, un banquet était offert à leur chef par les musiciens de l'orchestre. Quélus, répondant à un toast, s'écria : «Le directeur ne représente qu'une clef, celle de la caisse. On peut le remplacer. Mais ce qu'on ne remplace pas, c'est un artiste comme M. Hanssens... » Ces paroles soulevèrent un tonnerre d'applaudissements.

La primeur de la saison fut d'abord Herculanum, de Félicien David. Le directeur avait mis tous ses soins et une distribution de premier ordre au service de cette œuvre ; il avait fait de grands frais de costumes, de décors et de mise en scène. Les répétitions furent dirigées par le compositeur lui-même. On apprécia la musique, on jugea le poème écrit en fort beaux vers, et, au bout de quelques représentations... la salle était déserte.

Cette année-là, c'est l'opéra comique qui fournit les plus belles recettes. On accourt à la Dame Blanche comme à une nouveauté. Il faut ajouter que la « petite troupe » — Jourdan en tête — était exceptionnellement composée.

Dès les premiers jours de février, la Compagnie Italienne de Merelli se réinstalle au Cirque.

On attendait impatiemment la « première » du Faust, de Gounod, depuis longtemps à l'étude. Elle eut lieu le 25 février, sous sa forme primitive, c'est-à-dire en opéra comique. Succès retentissant. A la fin de la soirée, Gounod, qui avait assisté aux répétitions, parut sur la scène, entouré de ses principaux interprètes, Mme Boulart, Jourdan et Bataille.

La presse est généralement élogieuse. Cependant, un journaliste reproche à la musique de Gounod « de planer dans les régions inaccessibles à l'intelligence de la masse dn public ».

Autres temps, autres mœurs.

Le succès de Fanst fut, un moment, interrompu par deux fâcheux incidents : Carman quitte Bruxelles, pour aller recueillir le dernier soupir de sa mère; puis Bataille se blesse grièvement au poignet, et se trouve dans l'impossibilité de jouer pendant plusieurs jours.

Le 20 mars : L Habit de Mylord, opéra en un acte, dont la musique était de M. Lagarde, « agent de change, à Paris », et l'Enchanteresse, ballet de Desplaces.

Mais un événement important se produit le 9 avril. On donne le Siège de Calais, tragédie lyrique en quatre actes, d'Edouard \\ acken, musique de Charles-Louis Hanssens, chef d'orchestre à la Monnaie. Interprètes : Carman, Wicart, Depoitier, Aujac,

MMmes Dupuy et Vandenhaute. Hélas! c'est un échec complet qu'il faut enregistrer, et un nom à inscrire au chapitre nécrologique : quelques jours avant l'apparition de son œuvre, le librettiste mourait à Bruxelles (5 avril).

Le Siège de Calais devait être retiré immédiatement de l'affiche, lorsque Depoitier — dont le « bénéfice » allait avoir lieu — en sollicita une seconde représentation. Malgré la sympathie dont jouissait dans le public 1 excellente basse, malgré la nationalité des deux auteurs et du bénéficiaire, — tous trois Belges — la salle resta vide.

Le 31 mai, pour la clôture — spectacle coupé — le théâtre était comble. Le public voulait offrir une marque d'estime à des artistes qui avaient rempli leur tâche avec éclat, et dont plusieurs quittaient Bruxelles, — et témoigner sa sympathie à leur directeur, qui fut regretté pour son talent, sa probité et sa courtoisie.

L'inséparable trio Carman-Wicart-Depoitier se rendait à Lyon. Bataille et Mlle Delamarre étaient engagés à Bordeaux, Jourdan àl'Opéra-Comique, Desplaces à Marseille, Vandenhaute à Londres, Hénault à Strasbourg, tandis que Mengal prenait la direction des Galeries Saint-Hubert, où il s'assura le concours de M11' Ccbe et de Gourdon, ancien trial de la Monnaie.

Pendant son administration, Quélus avait mis à la rampe 26 ouvrages nouveaux, dont 19 opéras ou opéras comiques et 7 ballets :

Quentin Du rw a rd ; Rigoletto ; les Désespérées ; les Chaises à porteurs ; la Demoiselle d'honneur ; le Médecin malgré lui; Stradella; la Esmeralda ; le Diable au Moulin; le Pardon de Ploërmel ; Phœbè ; les Charmeurs ; Ernani ; Herculanum; Rita ; Faust; V Habit de Milord: le Siège de Calais.

Parmi les reprises on peut citer : L'Eau merveilleuse ; le Cheval de Bronze ; le Tableau parlant; la Fête du Village voisin ; la Part du Diable; V Ambassadrice ; Si fêtais Roi; Galathée ; les Noces de Jeannette ; Gustave III ; Masaniello ; le Songe d'une Nuit d'été.

Ballets : Faust et Marguerite ; une Nuit de folie; la Fée aux Perles; le Bijou du Roi ; Endymion ; les Étudiants ; l'Enchanteresse.

Premières Représentations.

1860. 29 novembre. — Herculanum, opéra en

4 actes, de Méry et Hadot, musique de Félicien David (Wicart, Depoitier, Borsary, MmesElmire, Vandenhaute.)

27 décembre. — Rita ou le Mari battu, opéra en 1 acte, de G. Vaez, musique de Donizetti.

1861. 25 février. — Faust, opéra comique en

5 actes, de Barbier et Carré, musique de Gounod.

Faust MM. Jourdan.

Méphistophèlés Bataille.

Yalentin ....... Carman.

Wagner • . Borsary.

Marguerite M,aeB Boulart.

Siebel Dupuy.

Darne Marthe Meuriot.

20 mars. — L'Habit de Mylord, opéra comique en 1 acte, de T. Sauvage et de Léris, musique de Lagarde.

9 avril. — Le Siège de Calais, opéra en 3 actes,

Répertoire (reprises).

Le Pardon de Ploërmel. La Favorite.

Haydée.

Le Trouvère.

Guillaume Tell.

Jérusalem.

Les Mousquetaires.

Le Pré-aux-Clercs.

Les Huguenots.

Le Domino Aroir.

Le Chalet.

Giralda.

La Fille du Régiment.

Les Dragons de Villars.

Le Farfadet.

Hernani.

Le Caïd.

Robert le Diable.

Le Toréador.

Le Prophète.

L'Étoile du Nord.

La Juive.

Les Noces de Jeannette.

La Dame Blanche.

Mazaniello.

de Wacken, musique de Ch. Hanssens.

Le Songe d'une nuit d'été.

Le Diable à quatre.

Rigoletto.

La Muette de Portici.

Le Cheval de Bronze.

Quentin Durward.

Le Barbier de Séville.

Ballets.

1860. 2 décembre. — Endymion, 1 acte.

Ballets.

1861. 7 janvier. — Les Étudiants.

Le Bijou du Roi.

Une Nuit de folie.

20 mars. — L'Enchanteresse, 2 actes,

de

Les Amoureux de Jeannette.

La Péri.

Desplaces.

Ondine.

Remplacements d'Artistes.

Mlle Litschner échoue ; elle est remplacée par Mme de Mesmacker, qui échoue à son tour, et est remplacée par M!le Hillen, qui ne réussit pas. Rentrée de Mlle de Aynssa.

i\l"c Périllet échoue, et est remplacée par Mlle Gay.

Mlle Rouvroy débute en avril.

Artistes en Représentations.

Perrugi, baryton du théâtre d'Anvers, remplace deux fois Carman dans le rôle de Valentin, de Faust.

Brion d'Orgeval, basse du théâtre d'Anvers, remplace Bataille, malade, dans le rôle de Méphistophélès, de Faust.

Recettes.

1860. Septembre . . . , . . fr. 57,176 75

Octobre 43,542 75

Novembre 40,862 50

Décembre 44,670 50

1861. Janvier 36,071 50

Février 30,698 25

Mars 37»9i5 50

Avril 39,523 50

Subvention 80,000 00

Représentations Extraordinaires.

1860. 12 décembre. — Bénéfice de Carman. Le Maître de Chapelle; les Dragons de Villars fr. 2,234 50

17 décembre. — Philharmonie . . . 2,000 »

28 décembre. — Bénéfice de Mme Vandenhaute. Les Huguenots .... 1,923 75

1 86 1 . 9 janvier. — Harmonie. Hercula-

num 2,000 »

24 janvier. — Bénéfice de Hanssens.

Robert le Diable 2,230 35

29 janvier. — Philharmonie. Songe d'une

Nuit d'été 1,800 »

7 février. — Bénéfice de Bosselet. La

Dame blanche 994 25

15 mars. — Bénéfice de Desplaces. Les Huguenots 959 95

19 mars. — Bénéfice d'E. Letellier.

Faust 4)729 25

2 avril. — Bénéfice de Jourdan. Les

Mousquetaires 2,315 75

10 avril. — Représentation de la Phil- .harmonie. Faust 1,800 »

22 avril. — Représentation de la Philharmonie. Le Prophète 2,000 »

24 avril. — Bénéfice de Mlle Elmire.

Herculanum 1il49 25

2 mai. — Bénéfice de Mme Boulart. Le

Barbier 4,578 25

9 mai. — Bénéfice de Dupuy. L'Ambassadrice 2, 188 »

1 1 mai. — Représentation de la Grande Harmonie. Faust 2,000 »

21 mai. — Bénéfice de MUe Cèbe. Le

Cheval de Bronze 2,355 25

22 mai. — Philharmonie. Guillaume

Tell 2,000 »

28 mai. — Bénéfice de Borsary. Le

Cheval de Bronze 2,212 25

B7, . '.^H ■*>. .vsi

ijB^I^^

K»»«^Éfci d ' i II

O^OTB^^^"^^

jT^^^^^^^wt ^-^s^

MM. Théodore LETELLIER directeur.

Ferdinand Roux, régisseur général.

Ali-red Bry, régisseur. Ducos, régisseur des chœurs.

de Merckx? caissier-comptable, secrétaire. Edouard Letellier, contrôleur, chargé de la location. Blum, percepteur de l'abonnement.

Max, inspecteur général, économe, chargé du contentieux.

Grand opéra, Traductions.

Messieurs :

Bertrand, premier ténor.

Aujac, second ténor.

Train, second ténor.

Ismaël, baryton.

PÉRiÉ, première basse.

Bonnefoy, première basse, et forte seconde. Berry, seconde basse.

Borsary, basse en tous genres, grande utilité. Pierre Galis, troisième basse, et seconde. Emile, ) troisièmes ténors, et cory-

Rouverrolis, ) phées.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Rey-Balla, forte chanteuse, Falcon.

Elmire, forte chanteuse, Stoltz.

Haenen,

Bonnefoy, Dupuy, Michel, Gombault,

D. MURAT

E. Leyder, Keuit, Vinkel,

soprani, premières chanteuses. \ soprani Dugazons.

coryphées»

Messieurs :

Jourdan, premier ténor.

Aujac, second ténor, et des premiers

Opéra comique.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Boulart, première chanteuse légère.

Haenen, première chanteuse.

Le Théâtre de h (Monnaie. — 1861-62

Messieurs :

Train, second ténor, Moreau-Sainti, Philippe.

Ismaël, baryton.

Bonnefoy, première basse.

Berry, basse comique et première au besoin. Borsary, basse en tous genres, grande utilité. Charles, ténor comique, trial.

Lemaire, Laruette, basses tabliers.

Pierre Galis, troisième basse, et seconde. Emile, troisième ténor.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Bonnefoy, jeune chanteuse.

Dupuy, forte première Dugazon, jeune première chanteuse.

Michel, deuxième première Dugazon. jeune mère Dugazon.

Gombault, jeune Dugazon.

Meuriot, duègne.

D. Murât, \

Leyder, \ coryphées.

AURÉLIE, 7

Cinquante-cinq choristes.

Ballet.

Messieurs :

Justamant, premier maître de ballet.

Rouquet, deuxième maître de ballet.

Gredelue, premier danseur.

Guillemin, deuxième premier danseur.

Bertoto, deuxième danseur.

Prosper, troisième danseur.

Ruby, premier danseur comique.

Rouquet, danseur comique, rôles mimes.

Koukelberg, rôles mimes.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Dor, première danseuse noble.

Delechaux, première danseuse demi-caractère.

Girot, seconde danseuse, et première en tous genres.

Wesmael, j

Dutertre, ) Monsieur

François, coryphée.

secondes danseuses.

Orchestre.

MM. Ch.-L. HÂNSSENS, premier chef.

Bosselet, second chef.

Callandini, conduisant le ballet.

Edouard, organiste-accompagnateur Gouverneur, souffleur.

Septante-deux musiciens.

Les débuts du grand quatuor offrent, cette année, un intérêt tout particulier. Il s'agit de juger les successeurs d'artistes estimés depuis de longues années, en possession de toute la faveur publique, dont le remplacement paraissait impossible.

Mais ici-bas personne n'est indispensable, et c'est au théâtre surtout que cet adage — devenu banal — peut s'appliquer avec le plus de justesse.

Le « trio belge p était parti pour Lyon, où il ne rencontrait pas entièrement la vogue dont il avait joui à Bruxelles, On raconte même que Carman souleva une véritable tempête par son attitude devant la salle, qui n'appréciait pas assez promptement ses qualités, et qu il

se vit dans l'obligation de faire des excuses — sur la scène même... Enfin, Wicart, seul, resta à Lyon.

Les artistes qui venaient prendre à Bruxelles cette lourde succession furent accueillis favorablement.

Le ténor Bertrand affronte le public dans le Trouvère et Robert le Diable.

Les trois épreuves d'Ismaël ont lieu dans le Trouvère, le Barbier, Guillaume Tell. Ceux qui ne croyaient pas à l'émotion des débutants eussent pu être renvoyés à ce baryton, dont l'exemple les eût facilement convaincus. En effet, Ismaël était en proie au « trac » le plus épouvantable, en dépit de ses succès antérieurs — malgré ses qualités si rares, si variées et son extraordinaire souplesse, qui firent de lui l'un des plus remarquables artistes de son époque, un chanteur capable de faire valoir, à un égal degré, les beautés du drame lyrique et les spirituelles finesses de l'opéra comique.

Ce fut encore dans les mêmes ouvrages que la basse Périé et Mme Rey-Balla prirent rang du premier coup. Puis, la Fille du Régiment permit d'apprécier la troupe d'opéra comique. Letellier était décidément un habile imprésario et un homme heureux.

Le divorce de Mme Cabel, qui était alors au Théâtre Lyrique, venait d'être prononcé, et avait été enregistré à l'Etat-Civil de Bruxelles.

A la reprise de Faust (Mme Mayer-Boulart, Jourdan, Bonnefoy, Ismaël), on rétablit divers tableaux, notamment celui de la Nuit de Valpurgis, qui avait été supprimé.

Immédiatement après, Mme Miolan-Carvalho fait sa première apparition à Bruxelles. L'éminente cantatrice était alors dans tout l'éclat de son magnifique talent, et elle produisît une impression profonde. Il serait superflu d'analyser ici les dons remarquables, la voix charmeuse, la pureté et l'élévation de style, la facilité de vocalisation, la force et la netteté d'articulation, qui ont fait de MUe Miolan l'une des gloires françaises.

La Compagnie Italienne de Merelli donnait, chaque année, une série de spectacles au Théâtre du Cirque. Mais, cette fois, Bruxelles se vit menacé de deux troupes : Letellier, que les lauriers italiens empêchaient de dormir, voulut à tout prix éteindre cette concurrence. Soutenu dans ses projets par la Ville, il part pour Paris. A peine a-t-il mis pied à terre que les agents lyriques se précipitent sur lui comme sur une proie. Dès le lendemain, plusieurs listes étaient mises en circulation, entre autres la proposition Toffoli-Escu-

dier avec les artistes de Lumley, au chiffre de 96,000 francs pour trente représentations. Letellier communique ce projet aux Echevins, par voie télégraphique. On hésite, on commente, on va prendre un parti, lorsqu'un arrangement inattendu survient : Les Italiens de Merelli déserteront le Cirque et joueront à la Monnaie. L'événement artistique sera la présence de M"c Patti « une cantatrice de ij ans et 7/2, déjà parvenue à l'éclat d'étoile de première grandeur, qui, après avoir obtenu en Amérique les plus enthousiastes succès, est allée à Londres et à Berlin, où elle est l'idole du monde aristocratique ».

Page 1