POIGNY
Hanssen.
DUCHAMP.
MM
Wagner.
Deridder.
tyjmes
Theresina Ricci.
ROSINA VlALE.
M mes
Emilia Mauri.
lucia zuliani
Décidément les Huguenots sont destinés à inaugurer les saisons théâtrales. C'est par l'œuvre de Meyerbeer que commence encore celle-ci.
Les anciens artistes de la troupe : Mmes Fursch-Madier, Hamaekers et Blum, Tournié et Devoyod, sont acclamés.
Le successeur de Montfort est Queyrel, une basse qui appartint un moment au Théâtre-Lyrique, fît les beaux jours de Marseille et de Lyon, et qui, dans ces dernières années, a quitté le théâtre pour la gérance d'un restaurant, à Carri, petite station provençale au bord de la Méditerranée.
La séance solennelle de réouverture est suivie d une soirée de bataille. On attendait avec impatience la prima donna, Mlle Minnie Hauck, qui venait d'Allemagne, précédée d'une belle réputation. A sa première apparition, dans Faust, la chanteuse n'avait pas eu l'heur de plaire au public. Ce soir-là, au 2me acte du chef-d'œuvre de Gounod, deux malencontreux bouquets, offerts par un ami maladroit — à moins que ce ne soit par un ennemi adroit — achèvent de perdre la partie, déjà fort compromise. L'opposition n'attendait que le moment pour se montrer, et... elle se montra.
Cependant MUe Hauck surmonte cette hostilité, et effectue deux autres débuts très heureux. Elle résilie néanmoins son engagement, mais pour rentrer un mois plus tard, et chanter, dès lors, tout son répertoire en langue italienne.
Méphistophélès était tenu par Chopin, un artiste qui fit partie de l'Opéra-Comique, et s'en alla ensuite en province, où sa carrière ne fut pas de longue durée. Il fut remplacé, au bout d'un mois, par Dauphin.
Lefèvre chanta, pendant plusieurs années, les seconds ténors, changea ensuite d'emploi, et, après avoir inauguré l'Alhambra, sous la malheureuse direction d'Oppenheim, joua l'opérette au Théâtre de la Bourse.
Cette année — la moins fructueuse de l'association Stoumon et Calabresi — fut cependant l'une des plus fertiles en « premières », comme au point de vue du nombre et de la variété des artistes.
Les directeurs ne montent pas moins de six ouvrages. C'est d abord un petit opéra comique de Maréchal, les Amoureux de Catherine, — puis, Paul et Virginie, de Massé, qui n'eut que quelques représentations, — ensuite une œuvre indigène, Georges Dandin, d'Emile Mathieu, suivie de près par Cinq-Mars, que Gounod venait de faire représenter à l'Opéra, et qui fut reçu à la Monnaie avec la même froideur que Paid et Virginie. Enfin la Guzla de l'Emir, de Th. Dubois, qui eut un sort plus heureux. Pour la danse, la Vision d'Harry, ballet de Balthasar-Florence.
Parmi les reprises importantes il faut citer Lohengrin et Aida.
Les artistes en représentations sont nombreux : Mlle Fouquet, du Théâtre -Lyrique, crée le rôle de Virginie et, malgré tout son talent, ne parvient pas à sauver l'œuvre de Massé ; même, elle contribue à son échec. La malheureuse cantatrice se trouvait sur le point de faire une création d'un tout autre genre; elle était, selon l'expression consacrée, dans une position... intéressante, et très... avancée. Il était malaisé, dans ces conditions, de la prendre pour la pudique héroïne de Bernardin de St-Pierre, — d'autant que, quand Virginie était couchée, une indiscrète rotondité, qu il eût été impossible de ne pas voir à ce moment-là, jetait la désillusion dans l'esprit du spectateur le plus convaincu ou le plus myope. Or, en Belgique, — comme en France — le ridicule tue...
Faure attire une foule enthousiaste avec Faust, la Favorite, Hamlet, Guillaume Tell, et produit, en huit soirées, la somme de 67,925 francs.
En décembre, MIIe Dudlay, de la Comédie-Française, accompagnée de quelques artistes recrutés au Conservatoire et dans les théâtres de Paris, joue Horace.
Quelques jours plus tard, la troupe du tragédien Salvini s'installe à la Monnaie, et y représente Othello, Macbeth et la Mort civile.
Arrive ensuite Maria Derivis qui chante Carmen, l Etoile du Nord et Mireille.
Le 24 avril, Rubinstein se fait entendre ; et, le 4 mai, on applaudit la cantatrice Louisa Faïde, entourée des artistes allemands de Rotterdam.
L'année est fertile aussi en incidents et accidents :
Au commencement de décembre, par suite d'avarie dans les machines, le dernier acte de Faust se passe d'apothéose. Le rideau de fond commençait à monter dans les frises, lorsqu'il retomba brusquement, et, malgré tous les efforts des machinistes, on ne put le relever. Mais qui se releva? Ce fut Marguerite (Mme Fursch- Madier), qui, effrayée du danger dont elle était menacée, ne songea plus qu'elle avait rendu son âme à Dieu, revint de l'autre monde, et se mit à courir, au grand ahurissement du public.
Le mois suivant, après le 3me acte d'Hamlet, au moment où le public rappelait frénétiquement les interprètes, Mme Bernardi met le pied dans la trappe, encore ouverte, qui sert à l'apparition du spectre, se blesse à la jambe, et ne doit son salut qu'à la présence d'esprit de Faure. L'éminent artiste se précipita au secours de sa camarade, et fut assez heureux pour la retenir et l'empêcher de disparaître dans les dessous.
Maintenant, c'est Robert le Diable qui fournit la chronique des incidents. Au dernier acte, le rideau, qui doit se lever pour le tableau de l'église, reste accroché, — et la cérémonie nuptiale se passe... derrière la toile. A la représentation suivante, même accroc !
Le 29 novembre, Mlle Lurie reçoit sur la tête l'échelle qui sert à gravir jusqu'à l'orgue. Quelques instants après, pendant la danse, une trappe se dresse, tout à coup, sans qu'on sache pourquoi, à une hauteur de deux mètres, au milieu du ballet, jetant l'effroi parmi les danseuses et l'hilarité dans la salle. Et, comme un malheur n'arrive jamais seul, — le même fait se produit trois jours plus tard — causant la chute de deux ballerines.
Le 9 janvier, nouvel incident; mais cette fois nous aimons mieux laisser la parole au signataire du rapport, et nous allons reproduire — avec le plus grand respect — la prose de ce fonctionnaire.
9 janvier 1878.
Ce soir, pendant l'ouverture de Carmen : il y a eu grande rumeur sur la scène, d'où se faisaient entendre dans la salle, des cris : au secours, à l'assassin, au grand étonnement du public. C'était le sous-régisseur, en état d'ivresse, qui infligeait à son fils une correction de beau-père, et faisait un tapage à n'entendre pas Dieu tonner.
L'année 1877-78 n'amena pas les résultats financiers que l'intelligente direction était en droit d'espérer. Les recettes tombèrent à 844,000 francs, et la perte de l'exercice est de 80,000 francs.
Le Théâtre de la «Momuie, — 1877-78. 569
Ce résultat est dû, mi-partie aux échecs successifs subis par la plupart des ouvrages nouveaux, mi-partie à l'ouverture d'un cirque auquel était allée tout droit la vogue du public, cette vogue facile, inconsciente, capricieuse, qui tourne à tous les vents ; peut-être encore à une tentative des directeurs qui voulaient augmenter le prix des places — innovation contre laquelle le public s insurgea.
Mais nous ne tarderons pas à constater que, dans l'avenir, les efforts de Stoumon et Calabresi furent couronnés par la victoire.
1877. 12 septembre. — Les Amoureux de Catherine, opéra comique de J. Barbier, musique de Maréchal. (M. Lefèvre, MUe Faberth.)
10 novembre. — Paul et Virginie, opéra en 4 actes, de M. Carré et Jules Barbier, musique de V. Massé.
Paul . . MM. Bertin.
M. de Ste-Croix Dauphin.
Domingue Devoyod.
M. de la Bourdonnais . . . Mechelaere.
Un intendant Frennet.
Virginie Mme3 Fouquet.
Méala Bernardi.
La mère de Paul Lonati.
La mère de Virginie . . . . Ismaêl.
Un négrillon Maes.
25 décembre. — Georges Dandin, comédie de Molière, transformée en opéra comique, en 2 actes, par Coveliers, musique d'E. Mathieu. (MM. Dauphin, Lefèvre, Guérin, Chappuis, Mmes Lonati, Ismaël.)
1878. 11 janvier. — Cinq-Mars, opéra en 5 actes, de P. Poirson et L. Gallet, musique de Gounod.
Cinq-Mars . MM. Tournié.
De Thou Devoyod.
Louis XIII Lefèvre.
Le père Joseph Queyrel.
de Fontrailles Guillen.
Hélène Mmes Fursch-Madier.
Marion Delorme Hamaekers.
Ninon de Lenclos Lurie.
12 février — La Guzla de l'Emir, opéra comique en 1 acte, de Barbier et Carré, musique de Th. Dubois. (MUe Blum, MM. Lefèvre, Chappuis, Guérin )
Ballet.
La Vision d'Harry, de Balthasar-Florence.
Répertoire (reprises).
Les Huguenots.
Faust.
Le Trouvère.
Robert le Diable.
La Juive.
Aida.
Violet ta.
H amie t.
La Favorite.
Guillaume Tell.
Lohengrin.
Rigoletto.
Mireille.
L'Africaine.
Le Chalet.
Fra Diavolo.
Mignon.
Le Barbier de Séville.
La Dame Blanche.
La Poupée de Nuremberg.
Don Pasquale. •
Carmen.
La Fille du Régiment,
Le Domino noir.
VEloile du Nord.
Le Philtre.
Nécrologie.
1878. Août. — Décès de M. Letellier, ancien directeur du Théâtre de la Monnaie.
Remplacements d'Artistes.
Choppin, remplacé par Dauphin.
MUes Faberth, remplacée par MIles Redouté. Mauri, » » Pontcbillo.
Artistes en Représentations. Représentations Extraordinaires.
1877. Du ie novembre. — Mlle Fouquet, du Théâtre Lyrique. Paul et Virginie.
Du 15 novembre. — Faure. Faust; la Favorite; Hamlet ; Guillaume Tell. 8 représentations. (Recettes, fr. 67,925.50.)
Ier décembre. — Mlle Dudlay, de la Comédie Française, avec le concours de Mmes Fayolle, Rebel, Sisos, MM. Chameroy, Guitry, Frayner, Richard. Horace.
Du 18 au 31 décembre. — Représentations de la troupe italienne dramatique. Salyini, Diligenti, Cristofori,de Rosa, Joli, Cermanini, MllesChecchi, Hoffmann, Bozzo, A. Valazza. Othello ; Macbeth ; la Mort civile.
1878. 3 mars. — Seran, ténor du Théâtre de Gand, Don José. Carmen. 2 représentations.
27 mars. — Carrière, premier ténor.
4 avril. — Maria Derivis. Carmen; V Etoile du Nord; Mireille.
24 avril. — Ant. Rubinstein, pianiste. (Recettes, fr. 4,633.50).
4 mai. — Les artistes de la troupe allemande de Rotterdam avec le concours de Mlle Louise F aide.
Recettes et Dépenses.
Recettes. Abonnements . . . fr. 93*823 39
Locations et bureaux . . 468,880 50
Subsides 204,000 »
Représentations diverses. 46,500 »
Bals 26,459 n
Divers 5 ,200 »
Total . . . fr. 844,863 82
Dépenses 924,786 52
Perte ......... fr. 79,922 70
47me anniversaire de l'Indépendance Nationale. Matinées gratuites, 23 septembre, Fra Diavolo. 26 septembre, le Trouvère.
1877. 6 novembre. — Grande Harmonie. Aida.
11 décembre. — Grande Harmonie. Don Pasquale; la Poupée de Nuremberg.
1878. 2 février. — Grande Harmonie. Cinq-Mars.
26 février. — Grande Harmonie. Carmen.
27 février. — Représentation pour la Crèche de Laeken sous le patronage de S. M. la Reine. Carmen.
23 mars. — Bénéfice de Cloetens. Les Huguenots. (Recettes, 5,514 francs.)
9 avril. — Grande Harmonie. L'Etoile du Nord.
26 avril. — Bénéfice de Lapissida. L'Africaine. (Recettes, fr. 6,187.50.)
Août. — Noces d'argent du roi Léopold II. Spectacle gala. Aida. (Recettes, 933 francs, subside,
Appointements mensuels.
Ténors : Tournié, 8,000 francs ; Bertin, 3,000 francs ;
Lefèvre, 1,350 francs; Lemercier, 500 francs;
Guérin, 600 francs.
Barytons : Devoyod, 5,500 francs ; Guillen, 1,350 fr. Basses : Queyrel, 800 francs ; Dauphin, 1 ,800 francs ;
Chappuis, 550 francs; Mechelaere, 550 francs. Chanteuses : Mmes Fursch-Madier, 5,000 francs;
Bernardi, 2,000 francs; Hamaekers, 4,000 francs ;
Blum, 1,200 francs; Lurie, 800 francs; Ismaël,
500 francs; Redouté, 1,800 francs.
Danseurs : Hanssen, 500 francs ; Poigny, 550 francs ;
Duchamps, 300 francs.
Danseuses: Mmes Ricci, 700 francs ; Viaîe, 950 francs;
Zuliani, 500 francs ; Pontebillo, 475 francs. Artistes du chant et de la danse, 48,575 francs ;
orchestre, 12,670 francs ; chœurs, 9,675 francs;
ballet, 6,005 francs ; direction, administration et
personnel du service de la scène et de la salle,
10,580 francs.
Total par mois, 87,505 francs.
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