MM. POIGNY
DUCHAMP.
Mmes Adelina Rossi.
Ricci-Poigny.
Ballet.
Danseurs :
Danseîises :
MM. Louis François.
Deridder.
Mmes Lelia Rossi.
Pastore.
Réouverture, le ier septembre, avec l'absence ordinaire de tout cérémonial,
« L'heure sonne, » dit M. L. Solvay, « les portes s'ouvrent, et un flot d'étrangers en vestons courts et en chapeaux mous, parfois avec une valise à la main ou une couverture de voyage sur les épaules, s'engouffrent paisiblement dans le temple profane. Aux étrangers quelques Bruxellois se mêlent çà et là... On en profite, naturellement, pour passer en revue, sous prétexte de rentrées et débuts, les pièces les plus usées du répertoire. Les étrangers sont ravis, les autres se résignent. Respectons l'antique usage. »
Dans la troupe, quelques physionomies nouvelles :
Mme Caron va tenir une telle place au Théâtre delà Monnaie, qu'il est inutile de la présenter au lecteur, si ce n'est pour signaler ses débuts.
Mlle Griswold, de 1 Opéra, — à qui on reprochait sa prononciation (( à l'américaine », dit un journal, — fut remplacée par Mlle Arnaud, artiste liégeoise, élève de M. Warnots, une transfuge de Marseille et de Lyon, et qui fit à Bruxelles d'éclatants débuts.
Lorrain sortait de l'Opéra, où il tenait, avec les qualités les plus brillantes, l'emploi de basse chantante. Il résilia néanmoins son engagement à la fin du premier mois, et sa succession fut recueillie par Durât, qui se partagea les rôles avec Smidt, ier prix du Conservatoire de Bruxelles.
Signalons encore Goeffoel — M"e Rossi, une séduisante ballerine — et Renaud, engagé au cours de la saison, dans un emploi modeste, d'où il s'éleva bientôt au premier rang.
Les Concerts Populaires, sous la direction de J. Dupont, s'installent à la Monnaie, et prennent un nouvel essor. Le prix de la
6o2 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1883-84.
location de la salle est de 1,200 francs, — soit 4,800 francs pour la saison de quatre concerts.
Le 7 janvier, l'Opéra de Bruxelles livre une grande bataille, que Paris n'avait pas voulu engager, — et la gagne sur toute la ligne : il s'agit de Sigurd. Sur le nom de Reyer, on pouvait risquer une grosse partie, et il y avait des chances pour ne la point perdre. Depuis quinze ans, Fauteur de la Statue aspirait au jour où Sigurd verrait le feu de la rampe. Il ne perdit pas pour attendre, et la Belgique — intelligente et hospitalière — lui fit un accueil chaleureux. L'œuvre admirable du maître français fut présentée dans des conditions exceptionnelles d'étude, de mise en scène et d'interprétation.
Cette fois, la presse parisienne s'émut: des flots d'encre furent répandus sur cette victoire hors frontière et sur les inquiétudes que donnait le Théâtre-Lyrique, tant demandé, — théâtre qu'on ne pouvait trouver que dans la capitale voisine.
Un autre triomphe était la consécration d'un ouvrage lyrique où tout se déroulait, autrement que par le découpage en airs, duos et récits. Reyer rompait avec la forme traditionnelle de « l'opéra à compartiments », en le remplaçant par le drame lyrique. Il faisait agir des personnages, et non chanter des virtuoses.
En février, Mme Albani, de retour à Bruxelles, y retrouve son succès habituel; puis, Lassalle fait une heureuse apparition dans Guillaume Tell.
De temps en temps, la Monnaie offre au public un acte inédit d'auteur belge. Cette année la chance favorisa le jeune pianisteaccompagnateur, Philippe Flon, qui fit représenter un petit ouvrage, le Panache blanc, et dont on encouragea les débuts.
Voici maintenant une œuvre importante, qui est encore une source de rénovations : Manon, de Massenet. On sait que dans cette partition d'opéra comique, le « poème » est remplacé par le mélodrame ; les personnages dialoguent, tandis que l'orchestre parle, et que des récitatifs viennent parfois couper le chant. Quelques journalistes parisiens en avaient fait un reproche à Massenet; mais, à Bruxelles, on aime — paraît-il — les tendances... révolutionnaires. Il est cependant un point fort étonnant; c'est que Manon y réussit moins qu'à l' Opéra-Comique, On apprécia la Muse captivante du jeune maître, mais la presse constate que l'interprétation avait plus d'une faiblesse... Il est certain que la partition de Massenet ne tardera pas à être classée dans une ville aussi artiste que Bruxelles.
La direction de la Monnaie avait ouvert un concours d'opéra comique et de ballet, devant un jury composé de Gevaert, J. Dupont et G. Frédérix. Après de nombreuses séances, consacrées à l'examen de treize opéras comiques, les jurés déclarèrent qu'aucun ouvrage ne méritait les honneurs de la scène ; pour les ballets, leur choix se porta sur le Poète et l'Etoile, de J. Steveniers, qui fut représenté le 21 avril 1884.
La saison se termine par la « trente-septième » de Sigurd.
1884. 7 janvier. — Sigurd, opéra en 4 actes, de C. Du Locle et A. Blau, musique d'E. Reyer. (Créé à Bruxelles.)
Sigurd MM. Jourdain.
Gùnther ........ Df.vriès.
Hagen Gresse.
Grand prêtre d'Odin .... Renaud.
Rudiger, envoyé d'Attila . . . Boussa.
Irnfrit » » ... Goeffoel.
Hamart « « ... Mansuède.
Ramunc Stalport.
Brùnehildc Mmes R. Caron.
Hilda Bosman.
Uta Deschamps.
15 février. — Le Panache blanc, opéra comique en 1 acte, d'A. Carré et Audebert, musique de Ph. Flon. Créé à Bruxelles. (Delaquerrière, Soulacroix, Chappuis,Guérin, Blondeau, MmesLegault, Bégond.)
18 mars. — Manon, opéra en 5 actes, de Meilhac et Gille, musique de Massenet.
Des Grieux MM. Rodier.
Comte des Grieux Schmidt.
Lescaut Soulacroix.
de Brétigny Renaud.
Guillot de Morfontaine. . . . Guérin.
L'Aubergiste Chappuis.
Manon. Mmes Arnaud.
Poussette Legault.
Javotte Bégond.
Rosette Magari.
La servante Maes.
Ballet.
1884. 21 avril. — Le Poète et l'Etoile, ballet en 1 acte, de Berlier, musique de Steveniers.
Répertoire (reprises).
Robert le Diable.
La Dame Blanche.
La Favorite.
Mireille.
Si fêtais Roi !
Faust.
Martha.
La Poupée de Nuremberg.
La Muette de Portici.
La Fête au Village voisin.
Hérodiade.
Les Dragons de Villars.
Carmen.
Les Dragons de Villars.
Le Pardon de Ploërmel.
Mép histophèlès.
Les Huguenots.
G ira Ida.
L'Eclair.
Le Maître de Chapelle.
La Fille du Régiment.
Les Noces de Jeannette,
La Traviata.
Galathèe.
Rigoletto.
Guillaume Tell.
Joconde.
Les Sorrentines.
Coppelia.
Nécrologie.
1883. 14 décembre. — Décès, à Bruxelles, de Quélus, ancien directeur de la Monnaie.
1884. Février. — Décès, à Paris, de Vachot, ancien directeur de la Monnaie.
Remplacements d'Artistes.
Mlle Griswold, remplacée par MUe Arnaud. Lorrain, remplacé par Durât.
Mlle Adelina Rossi, remplacée par MUe Scorlino. Renaud, engagé, le 1 1 octobre, comme baryton-basse.
Artistes en Représentations.
1884 13, 16, 19, 21 et 27 février. — Mme Albani. Faust; Rigoletto ; Mephistophêlès ; Violetla ; Lucie. (Recettes, fr. 64,874-03.)
3 mars. — M1Ie Hasselmans, première chanteuse
légère du Théâtre Royal d'Anvers.
Ier mars. — Lassalle, premier sujet de l'Opéra.
Guillaume Tell. (Recettes, fr. 4,876-50.) 20 mars. — Dauphin, première basse du Théâtre
de Gand.
Recettes et Dépenses.
Recettes. Abonnement . . . . fr. 101,843 38
Locations et bureaux. . . 566,627 25
Subsides 219,000 »
Représentations diverses . 29,000 »
BaIs 34.474 »
Divers 10,402 58
Total . . . fr. 961,347 21 Dépenses 919,855 28
Bénéfice fr. 41,491 93
Appointements mensuels.
Ténors : Jourdain, 4,500 francs ; Massart, 3,000 fr. ; Rodier, 4,000 francs ; Delaquerrière, 1 ,400 francs ; Goffoel, 350 francs; Mansuède, 200 francs ; Guérin, 600 francs.
Barytons : Devriès, 3,500 francs; Soulacroix, 2,000 francs ; Boussa, 450 francs ; Renaud, 250 fr.
Basses : Gresse, 2,400 francs; Schmidt, 400 francs; Chappuis, 550 francs.
Chanteuses : Mmes Arnaud, 3,000 francs; Caron, 1,100 francs; Hamaekers, 1,800 francs; Deschamps, 1,500 francs; Bosman, 1,500 francs; Legault, 1,200 francs; Begond, 600 francs; Ismaël, 500 francs; Magari, 325 francs.
Danseurs : Poigny, 575 francs ; Duchamps, 325 fr.
Danseuses : Mmes A. Rossi, 1,500 francs; Ricci, 700 fr. ; L. Rossi, 500 francs ; Pastora, 500 francs. Total par mois, 41,950 francs.
Représentations Extraordinaires.
1883. 27 septembre. — Premier concert de l'Association des artistes musiciens.
28 septembre. — Spectacle gala en l'honneur de S. M. le Roi d'Espagne. Faust. (Recettes, fr. 12,234-50.)
13 octobre. — Grande Harmonie. Faust.
20 octobre. — Grande Harmonie. Le Barbier de
Séville.
20 octobre. — Bénéfice de la Crèche de Laeken, sous le patronage de S. M. la Reine. Si fêtais Roi.
29 octobre. — Spectacle gala, en présence de LL. MM. le Roi et la Reine et du Prince Héritier du Portugal.
ier novembre. — Spectacle gala. Hèrodiade. En présence du Prir.ce Héritier du Portugal.
13 novembre. — Grande Harmonie. Faust.
5 décembre. — Société Française de bienfaisance. Giralda.
8 décembre — Deuxième concert de l'Association des Artistes musiciens.
15 décembre. — Grande Harmonie. Le Pardon de Ploërmel.
20 décembre. — Bénéfice de i'OEuvre des vêtements. La Muette; la Poupée de Nuremberg.
1884. 19 janvier. — Grande Harmonie. Les Huguenots.
23 février. — Troisième concert de l'Association des Artistes musiciens.
28 février. — Bénéfice de I'OEuvre des vêtements et de l'Ecole primaire. Le Barbier de Séville.
12 mars. — Grande Harmonie. Si fêtais Roi.
20 mars. — Bénéfice de J. Cloetens. Faust. (Recettes, fr. 6,137-50.)
29 mars. — Grande Harmonie. Sigurd.
21 avril. — Bénéfice de Lapissida. Joconde ; le Poète et V Etoile. (Recettes, fr. 5,666-50.)
19 mai. — Concert de la Société Royale l'Orphéon de Bruxelles.
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directeurs.
MM. STOUMON, CALABRESI, Joseph DUPONT, premier chef d'orchestre.
Léon Jehin, chef d'orehestre.
Lapissida, régisseur général.
Léon Herbaut, régisseur.
O. Poigny, maître de ballet.
Duchamp, régisseur de ballet.
Flon,
Dubois,
pianistes-accompagnateurs.
Grand opéra, Traductions, Opéra comique.
MM. Jourdain.
Verhees.
Rodier.
M. Seguin.
MM. Gresse.
Durât.
MM. Delaquerrière.
VOULET.
Desy.
M. Guérin.
Barytons :
M. Renaud.
Basses :
M. SOULACROIX.