DAZINCOURT
près la retraite des trois directeurs, la ville étant exposée ^ à se trouver sans spectacles, les comédiens se réunissent et décident d'imiter le mode d'association en usage à la Comédie-Française et de reprendre en commun l'exploitation du théâtre.
OCTROI du 25 juillet r766.
De Sa Majesté impériale, royale et apostolique, pour la continuation du spectacle à Bruxelles.
MARIE-THÉRÈSE, par la grâce de Dieu, impératrice douairière des Romains, reine d'Allemagne, de Hongrie, de Bohême, etc.; archiduchesse d'Autriche, duchesse de Bourgogne, de Lothier, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, etc.; princesse de
Souabe et de Transilvanie; marquise du Saint-Empire-Romain, etc.; comtesse de Habsbourg, de Flandres, deHainaut, de Namur, etc.; landgrave d'Alsace, dame de Malines, etc.; duchesse de Lorraine et de Bar; grande duchesse de Toscane. A tous ceux qui ces présentes verront. Salut : Nous avons reçu l'humble supplication et requête de N. D'Hannetaire, tant pour lui que pour ses deux filles, Eugénie et Angélique, ainsi que pour Rosalide, Compain- Despierrières, Prévost, Le Petit, Dubois, Durancy, de Rosely, Sophie VHotaire, Granier femme, de Foye, Jerville et Grégoire, acteurs et actrices de la troupe des comédiens ordinaires du sérénissime duc Charles de Lorraine et de Bar, Notre lieutenant, gouverneur et capitaine-général des Pays-Bas, contenant, qu'étant instruits de l'intention où étoient les directeurs actuels des spectacles, de quitter leur direction, ils Nous supplioient très-humblement, de vouloir bien accorder le privilège exclusif des Spectacles de cette ville de Bruxelles, et de leur faire expédier en conséquence l'octroi requis et nécessaire. Nous, inclinant favorablement à la très humble demande des supplians, leur avons, de l'avis de nos très-chers et féaux, les chef et président et gens de Notre conseil privé, et à la délibération dudit sérénissime Duc, Notre lieutenant, gouverneur et capitaine-général des Pays-Bas, accordé et octroyé, accordons et octroyons, la permission exclusive de former, sous Notre-Protection, une troupe de comédiens, pour faire repiésenter en cette ville de Bruxelles, toutes sortes de spectacles, pendant le terme de vingt années consécutives (et à renouveler à l'expiration de ce terme) à compter du jour que finira la direction annuelle ; laquelle troupe continuera à porter le nom de Comédiens ordinaires de S. A. R. comme étant destiné à ses plaisirs et à ses amusements.
Signé avec paraphe NE-SR Par l'impératrice douairière et Reine en son conseil (Signé) de Reul.
La société, fondée à base de 15 parts, était administrée par les artistes qui remplissaient, à tour de rôle, l'emploi de semainier.
On débuta le 20 avril 1767. A cette occasion, d Hannetaire prononça un discours dont le « haut goût » fut très apprécié et qui servit a présenter la nouvelle compagnie au public.
Par suite de deuils à la Cour, le théâtre fut fermé du 2 au 30 juin, puis du 24 octobre au 5 novembre.
I )n profita de ce dernier intervalle pour ajouter à la salle un amphithéâtre — nommé aujourd'hui galerie ou balcon.
Pendant une grande partie de Tannée, le théâtre était occupé — les joins de relâche — par des spectacles étrangers de différents genres. Les comédiens flamands de la ville de Bruxelles y donnaient des tragédies et des comédies traduites en leur langue. Une troupe de chanteurs, venant de P>ruges — sous la direction des sieurs et dames Neyts — y joua les opéras-bouffons traduits en flamand.
Le Spectacle Français à Bruxelles donne la nomenclature importante des sociétaires de la Monnaie; la voici, in extenso :