‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 24 sur 149 · L'ECOLE DES MARIS · texte numérisé non relu

L'ECOLE DES MARIS

Comédie en trois Aftes de MOLIERE.

OB prendra aux premières Loges & Parquet une Couronne neuve ; aux fécondes" Loges utfe demi- Couronne*, aux Loges du Parterre quatre Efcalins, ou vingt Efcalins en louant la Loge pour fix perfoffiies; & à la grande du fond trois Efcalins par perfonne; aux troifiemes Loges & Parterre deux JËftalins. -, à l'Amphithéâtre & aux Loges du 'quatrième Hang un Efcalin , & fix Efcalins pour la Loge entière.

Ceux gui voudront retenir des Loges ou s'abonner , pourront s'adrejfer au Sieur J ANE AU, Receveur 9 rue des

Boiteux, près l'a Blancherie.

Par ordre de S. A. R- la Livrée n'entrera pas, même en payant, ON COMMENCERA A SIX HEURES PRECISES.

— WK

De l'Imprimerie de J. L. DE BOUBERS,

Ce programme eût été difficilement plus laconique. Pas de détails sur la richesse de la mise en scène, des décors, des costumes, des ballets. Pas même de distribution de rôles. Cette disposition avait du moins l'avantage de n'humilier personne. La Comédie-Française n'a-t-elle pas pris la sage mesure de composer ses affiches en ne tenant compte ni du succès d'un artiste, ni de l'importance de son rôle dans la pièce et en plaçant les comédiens d'après l'ordre d'ancienneté? Et, en 1888, n'a-t-on pas vu à ce môme Théâtre de la Monnaie, la troupe du duc de Saxe-Meiningen mettre tout le monde au même rang et pousser le scrupule jusqu'à retirer à un artiste le rôle dans lequel son succès arrivait à éclipser celui de ses camarades?

Cette affiche annonce le spectacle pour six heures. Selon les dispositions en vigueur, on devait commencer à 6 h. 1/4 au plus tard, et on ne pouvait finir avant 8 h. 3/4 ni au delà de 9 h. 1/4. « Alors, les honnêtes gens rentraient chez eux pour souper. Les autres allaient au foyer rejoindre les actrices et passer une partie de la nuit au jeu. »

Les directeurs, découragés sans doute par l'état financier du théâtre, ne se gênaient guère pour enfreindre sans scrupule ces règlements et le spectacle finissait tantôt avant, tantôt après l'heure. Ils n'eurent plus aucun souci de leurs engagements et demandèrent même à se désister ; autorisation qu'ils n'obtinrent pas. On leur accorda cependant la suppression du ballet, dont les frais étaient assez considérables; mais ce ne fut qu'un allégement peu sensible.

Malheureusement, l'année suivante (1773-74) n'est guère plus florissante.

Voici, d'après le compte du receveur Maisier, le relevé des appointements du personnel. Les chiffres représentent des florins de Brabant, et le florin valait fr. 1.81 de notre monnaie :

Opéra. — Compain et Fargès, chacun fl. 3,266; Bultos, fl. 2,177; Lecomte, fl. 1,333; Dubus, fl. 610; Debatty, fl. 980; Lambert, fl. 762; cTHumainbourg, fl. 163; Caneel et Berge, chacun fl. 600; Henri Mees, fl. 200.

Mme Defoye, ensuite Mlle Olivier, fl. 2,495 ; Angélique d'Hannetaire, fl. 2,722 ; Durancy, fl. 980; cTHumainbourg, fl. 163; Borremans, fl 600; Bouiy, fl. 400.

Vitzthumb, chef d'orchestre, fl. 3,266.

Total, fl. 21,317.

Ballet. — Bocquet, fl. 650; Lisis, fl. 367; Vincent, fl. 326.; Normand, Vanderlinden, Jouardin et Wauthier, chacun fl. 245 ; Mmcs Lucile, Gambier et Julie, chacune fl. 163 ; James et Rosalie, chacune fl. 122; Marie, ensuite Mme Picardeaux, fl. 95. — Total fl. 3,151.

Pour l'orchestre la somme à payer était de fl. 11,020; elle se répartissait entre 33 musiciens.

Ajoutons les noms des comédiens

Les sieurs Chevalier aîné et jeune.

Dazincourt Broquin dubouleis Bocquet Etc.

Les demoiselles Dumarand.

gonthier.

lothaire.

Mauroy.

Stéphanie.

Drouin.

Verteuil Thiebaut.

Les recettes de cette année théâtrale furent de fl. 115,735, les dépenses de fl. 121,553, d'où un déficit de fl. 5,818.

Le 4 avril 1774, ouverture avec la troupe suivante

Messieurs :

Chevalier aîné, premier rôle . Liv. 6,000

Dazincourt, Crispins, Armand, Poisson 4,000

Bigottini, Arlequins 5,000

Pin, financiers, manteaux 4,000

Alex. Bultos, deuxième comique, La Ruette 5,000

de Soligny, Clairval dans l'opéra 5,000

de Florence, jeune premier 2,600

Dubois, rois, pères nobles 2,400

Calmus, grandes utilités 1,500

Chevalier, jeune, deuxième et troisième rôle 1,200

Grégoire, utilités 2,200

Lambers aîné, Laruette I1500

Lecomte, rôles accessoires ',500

Canneel, rôles de convenance 1,600

De Bat i y, id. 1,800

H. Mees, id. et pour battre la caisse . . . . Fl. 500

Berger, utilités 600

Kl i--kr, id ... 300

Vincent, figurant et danseur seul Liv. 800

Fisc, id. 900

Bocquet, maître de ballets 1,200

D'Humainbourg, souffleur 1,000

Jacobs, copiste Fl. 333 — 6 s.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Le Clair, premier rôle Liv. 6,000

Calmont, reines, mères nobles 6,000

Ang. D'Hannetaire, première chanteuse 5,000

Gontier, première soubrette, et duègne dans l'opéra 4,000

Dumorand, jeune premier rôle 3»5°°

Sophie Lhotaire, caractères . 2,300

Saint-Quentin, deuxième amoureuse 1,800

De Clagny, id 1,800

D'Humaimbourg cadette, grandes utilités 1,000

Borremans aînée, duègnes dans l'opéra FI. 400

Borremans jeune, première amoureuse d'opéra 600

Rogier, deuxième amoureuse d'opéra ^50

D'Humainbourg aînée, danseuse seule Liv. 800

M. G. VAN MALDERE, violon et pour conduire l'orchestre FI. 760

Pour l'inauguration de la statue du Prince Charles de Lorraine, on donna une comédie héroï-pastorale en 3 actes et en vers : Berthe ; paroles de Reynard de Pleinchesne, musique de Philidor, Gossec et Botson.

« Toute la musique, écrivit Vitzthumb à Gossec, en a été trouvée charmante, et la pièce eût remporté un succès complet, si le poème, que Ton a trouvé un peu froid, avait été goûté du public... Je suis on ne peut plus content des morceaux dont vous êtes l'auteur, et ils ont été parfaitement accueillis du public, ainsi que ceux de Philidor. Il n'y en a pas un dans toute la pièce qui n'ait été applaudi. » (1)

Compain, dans le rôle de Rainfroi, et la séduisante Angélique d'Hannetaire, dans celui de Berthe, contribuèrent énormément au succès de la pièce.

La recette, le premier jour, fut une des plus fortes de l'année; elle s'éleva à fl. 1,417.

C'est à ce moment-là que le prince de Ligne, dans ses Lettres sur

(i) Piot. — Particularités inédites concernant les œuvres musicales de Gossec et Philidor.

Voici encore quelques-unes des pièces qui furent jouées pendant cette saison :

1774. — 20 mai, la Rosière de Salency, de Grétry ; — 4 juillet, Aline, reine de Golconde, de Monsigny ; — 2 septembre, l'Amoureux de quinze ans, de Martini; — 30 septembre, le Faucon, de Monsigny ; — 4 novembre, Ernelinde, de Philidor.

1775. — 17 janvier, la Fête du coeur, divertissement, à l'occasion de l'inauguration de la statue du duc Charles de Lorraine. Personnages : Compain (le magister), Mlle Angélique (la mariée), Bultos (le bailli). Trois rondes, dont la dernière était de la composition du sieur Balbâtre, furent chantées par De Soligny, Mmes Gontier, Rogier d'Azincourt et Saint-Quentin.

les spectacles, vida toute une corbeille de fleurs aux pieds de la belle Angélique. Et, au milieu, ce petit compliment gentiment tourné :

Elle fait l'ornement du spectacle; ses sons enchanteurs, sa méthode à présent et son goût lui attirent la plus brillante réputation. Sa négligence même a des grâces; et avec son air honnête et distingué, elle fait un grand tort à toutes ces actrices qui jouent, chantent et mâchent tout, qui s'avancent avec la cadence du grand opéra, qui font des bras partout, et qui ont l'air de ne chanter que pour le parterre.

... La douleur d'Angélique s'embellit encore s'il est possible ; et je l'aime autant désolée dans Louise (du Déset teur), que très gaie et malicieuse sans indécence dans Colombine (du Tableau parlant). Les ils sont passés deviennent souvent dégoûtants dans quantité de troupes de province, son maintien, son naturel charment, par exemple, dans Y Ami de la maison. 11 est heureux pour elle de ne pas plus détonner en parlant qu'en chantant Elle peut se livrer à tout. Ses cris dans la prose sont justes comme ses airs : et tous ses tons parfaits ainsi que sa prononciation.

Après la représentation de Berthe il y eut, au théâtre, le même soir, un bal masqué. Le prince Charles y parut et Compain chanta des couplets de sa composition sur F air : Vive Henri IV.

Compain s étant retiré pour aller débuter à la Comédie-Française, Vitzthumb fit l'ouverture tout seul, en avril 1775.

Acteurs et chanteurs.

Messieurs :

Van Hove, rois, pères nobles . . . . Liv. 6,000

Pin, financiers, paysans, manteaux. . . . 5,000

Dazincourt, Armand, Poisson, Crispin . . . . . , 5,000

Bigottini, Arlequins t ... 5 000

Compain, basses-tailles t , r O00

Petit, Clairval 5ooo

Alex. Bultos, Laruette, niais, comiques 5,000

Callais, deuxièmes basses-tailles 4,000

Soligny, deuxièmes amoureux ? 000

Dubois, rois, pères nobles, raisonneurs 2,400

Dorfeuille, Lekain, Bellecour, Mole 6,000

Fleury, jeunes premiers rôles, forts seconds 4,000

Florence, id. 3'>00O

Calmus, rois, pères nobles, raisonneurs ..... 1 800

Lambert, grandes utilités . 2 200

De Batty> ld 1,800

Lecomte, id. I)500

Berg^ id 600

Caneel, id.

H. Mees, acccessoires et battre la caisse FI 600

Keyser, accessoires 330

Dumoulin, coryphée Liv. 600

Bocquet, maître de ballets 1,200

Fisse, second maître de ballets . 1,000

Vincent, danseur seul. . . 800

D'Humainbourg, souffleur et copiste ..... . . . . 1,000

Artistes et chanteuses.

Mesdames et Mesdemoiselles :

Le Clair, premier rôle .... Liv. 6,000

Calmont, reines, mères nobles ... 6,000

Gontier, soubrettes, duègnes dans l'opéra 5,000

Ang. D'Hannetaire, premier rôle d'opéra 5,000

Regnault, premières amoureuses 4,000

Pezey de Fonrose, jeune première, deuxième amoureuse 3,000

Sophie Lothaire, première confidente .... 2,400

Saint-Quentin, deuxième amoureuse - 2,400

De Clagny, id. . . . .... 2,400

D'Humainbourg jeune, grandes utilités . . 1,500

J. Borremans, première amoureuse d'opéra FI. 600

Anne-Marie Vitzthumb, jeune première d'opéra . 500

Marie-Françoise Vitzthumb, jeune première d'opéra ........ 500

Rogier, jeune première d'opéra 500

D'Humainbourg aînée, danseuse seule ... Liv. 800

Fisse, deuxième danseuse .... 600

M. VAN MALDERE, chef d'orchestre FI. 760

Anne-Marie et Marie-Françoise Vitzthumb étaient les filles du directeur. Parmi les nouveaux venus, nous remarquons l'Arlequin Bigottini qui devait être un acteur de grand talent; du reste, ses appointements le prouveraient — si cela prouvait quelque chose — car il était payé comme un premier sujet. Fleury fut probablement le même qui obtint plus tard un grand succès à la Comédie- Française.

A cette époque, Grétry était le musicien à la mode; on avait donné presque tout son répertoire (1). Le 12 mai eut lieu la « première » de son opéra-comique : La Fausse Magie. Cette représentation obtint le plus chaleureux accueil du public et valut au directeur une lettre de Grétry, qui le félicitait et lui exprimait son grand désir de venir à Bruxelles.

(1) Lucile; le Tableau parlant; l'Ami de la Maison; Sylvain; les Deux Avares; l'Amitié à l'épreuve; Zémire et Azor ; le Magnifique ; la Rosière de Sabucy. A ce répertoire il faut ajouter les « premières » de :

Les Femmes vengées, opéra-comique, en i acte, de Philidor ( 12 juillet 1 775)- Henri IV ou la bataille d'Ivry, drame lyrique en ? actes de Philidor (20 septembre). La Colonie, opéra-comique en 2 actes, parodié sur la musique de Sacchini (10 janvier 1 776). La Belle Arsène, opéra-féerie en 4 actes de Monsigny (1 9 février 1 776).

Une formule & engagement d'artistes, qu'on trouve aux Archives Générales du Royaume, nous paraît assez intéressante, dans sa simplicité naïve, pour que nous la donnions in extenso. Il serait curieux d'en faire la comparaison avec les imprimés actuels, espèces de longs mémoires, sortes de condamnation pour l'artiste, qui se livre à l'entière merci des directeurs :

Par décret et privilège exclusif de S. A. R. Monseigneur le duc Charles de Lorraine et de Bar, Grand-Maître de l'illustre Ordre Teutonique, Gouverneur-Général des Pays-Bas Autrichiens, etc., etc.

Nous soussignés, Directeurs et Entrepreneurs des Spectacles de Bruxelles, déclarons engager en qualité de notre pensionnaire, et sous le titre de Comédien de S. A. R. pour le terme d'une année, qui commencera le lendemain de Pâques mil sept cent soixante-quinze, et finira la veille du Dimanche des Rameaux mil sept cent soixante-seize, M. Compain des Pierrierer (sic) actuellement à Bruxelles pour tenir en chef ou en partage de convenance à notre option V emploi de Cailleau et d'Audinot ainsi que toutes les Basses-Tailles quelconques. moyennant la somme de cinq mille livres de France pour son année théâtrale, qui lui sera payée par portions égales de mois en mois. Bien entendu que le dit sieur Pensionnaire sera obligé de se fournir des Equipages convenables à son emploi, de suivre la Troupe en tout ou en partie, en quelqu'endroit qu'on la conduise, de se trouver exactement, sous peine d'amende, aux Répétitions et autres Assemblées, et enfin de prêter tous ses talens, et de se conformer aux arrangements pris ou à prendre pour le bon ordre et le bien être du Spectacle.

Conditionné très-expressément, que le présent engagement aura la même force que s'il étoit passé devant Notaires, et qu'il ne pourra y être renoncé de part ni d'autre, sous la clause spéciale de tous dépens, dommages et intérêts. Fait en double sous seings privés et sans intervalle de poste, à Bruxelles ce vingt-cinq février mil sept cent soixante-quinze.

Compain Despierrieres.

La campagne 1776-77 s'ouvre avec la troupe suivante :

Messieurs :

Chevalier, premier rôle , Liv. 6,000

Van Hove, rois, pères nobles 5,000

Dazincourt, Armand, Poisson, Crispin 5,000

Pin, financiers 5,000

Guitel, seconds rôles comiques 3,000

Florence, jeunes premiers rôle6 3,000

Beauval, premiers amoureux d'opéra 5,000

Alex Bultos, comiques, La Ruette 5,000

Dupont, premier et deuxième amoureux 4,000

Dunois, pères nobles 2,400

Du Saint-Preux, seconds rôles 2,000

Grégoire Patras, grande utilité 2,200

Lambert, id. 2,200

Le Théâtre de la ^Monnaie. — i 77 i -77 . 59

Durand, seconde basse-taille FI. 2,500

Lecomte, grande utilité 1,500

De Batty, id. . 1,800

H Mees, accessoires et pour battre la caisse 600

Canneel, accessoires Liv. 600

Gillis, id. FI. 400

Berger, id. , ... 600

Keyser, id. 330

Fisse, premier danseur et maître de ballets Liv. 1,000

Bocquet, maître de ballets 1,000

Sainville, premier rôle . . Liv 6,000

Calmart, reines, mères nobles 6,000

Gontier, soubrettes 5,000

Pezey de Fonrose, jeune premier 3,000

De Clagny, seconde amoureuse 3,000

Dufour, première amoureuse 4,000

Sophie Lothaire, caractères 2,400

Saint-Quentin, deuxième amoureuse ... 2,400

Coche, épouse Van Hove, confidentes, caractères ... 2,000

D'Humainbourg cadette, deuxième soubrette 1,500

Anne-Marie Vitzthumb, jeune première d'opéra FI. 500

Marie-Françoise Vitzthumb, id. 500

Roussion, id. 400

Rogier, utilités 600

D'Humainbourg, première danseuse . . . Liv. 800

Fisse, seconde danseuse 600

Grétry, qui avait manifesté plusieurs fois le désir d'assister à une représentation de la Monnaie, profita des répétitions de son opéra les Mariages Samnites pour venir à Bruxelles.

Il arrive au théâtre au moment où on exécutait Tune de ses œuvres. Tout à coup, il entend des sons étranges, des phrases musicales inconnues — des corrections enfin ! Une main téméraire, une plume sacrilège avait introduit des changements à la partition...

Vivement irrité de ce procédé, Grétry écrivit de Bruxelles (21 août 1776) une lettre dans laquelle, après avoir chaleureusement remercié son hôte, il ajoutait :

Que ne puis-je vous en dire autant de ma musique, Monsieur, mais elle est loin d'être

aussi satisfaite de vos prétendues corrections Ne comptez plus sur mon retour. Vous

m'avez banni à jamais du Théâtre de Bruxelles.

En effet, Grétry ne revint plus ; dans ses Mémoires il ne mentionne même pas son voyage en Brabant, et le nom de Vitzthumb ny est pas relaté.

Le Théâtre de la (Monnaie. — ilH-ll*

Pendant cette saison, des représentations flamandes, très suivies, avaient été données chaque mois par une troupe qui s intitulait Spectacle National.

Le 15 février 1777, le théâtre est fermé par suite de la faillite de Vitzthumb, succombant, comme ses prédécesseurs, sous les lourdes charges de cette entreprise, mais non sans avoir lutté jusqu'au bout. Son passage eut une heureuse influence sur le théâtre, où tout se ressentit du talent et de l'habileté du maître. Nous allons, dans quelques années, le retrouver à la Monnaie, en qualité de chef d'orchestre.

Outre les Mariages Samnites on donna :

Toinon et Toinette, opéra-comique en 2 actes, de Gossec; — Orphée, de Gluck; — les Souliers Mordorés, opéra-comique en 2 actes, de Fridzeri ; — Cèphalide ou les autres mariages Samnites, opéra-comique en 3 actes, musique de Vitzthumb et Cifolelli, paroles attribuées au prince de Ligne, qui avait écrit le principal rôle pour Angélique.

Pin et Bultos

n privilège de dix ans fut accordé, le 8 août 1777, aux acteurs Louis- Jean Pin et Alexandre Bultos, qui s'adjoignirent, comme associés, Painget et Sophie Lothaire [Marguerite-Louise Odiot de Montroty). Angélique d'Hannetaire répondit, pour cette dernière, de la caution qu'exigeait le Gouvernement.

Page 1