‹ Le théâtre de la MonnaieChapitre 23 sur 149 · NOMS DES ARTISTES APPOINTEMENTS · texte numérisé non relu

NOMS DES ARTISTES APPOINTEMENTS

MM. De Larive, rôles de Le Kain et de Bellecour Liv. 6,000

De Grand Menil, grande livrée. . 5,000

Fargès, jeunes premiers, emploi de Clairval ... 6,000

Chevalier, jeune premier rôle 6,000

Dazincourt, Armand, Poisson, les Crispins 3,000

Dubois, rois, pères nobles 3,000

Florence, troisièmes amoureux 2,000

(1) Félix Delhassc.

50 Le Théâtre de la (Monnaie, — I77I 77-

MM. Louis, deuxièmes rois, troisièmes amoureux Liv. 2,400

Lambert, premier et deuxième rôle d'opéra 1,600

Grégoire, grandes utilités 2,200

Denis Dubus, utilités, rôles accessoires . 1,600

Caneel, accessoires 1,50°

Lisis, utilités 800

Bocquet, maître de ballets 1,200

D'Humainbourg, souffleur 1,000

Mmes Verteuil, jeune première et rôles de Mlle Clairon . . . . 0 . 8,000

Ang. D'Hannetaire, première amoureuse 5,000

Eug. D'Hannetaire, première soubrette 5,000

Sophie Lothaire, confidentes 2,000

Gontier, première soubrette 2,400

Defoye, première amoureuse opéra 5,000

Eul. Durancy, deuxième et troisième amoureuse 1,800

De la Bernardière, deuxième amoureuse opéra 1,200

Beauménard, utilités 600

Ros. D'Humainbourg, utilités opéra 300

VAN MALDERE aine, violon pour conduire l'orchestre FI. 760

D'Hannetaire s'était retiré définitivement du théâtre, y laissant toutefois ses deux filles.

Trois de ces comédiens étaient des artistes de la plus grande valeur : d abord Dazincourt, que l'on connaît déjà.

Puis, Jean Mauduit, dit de Larive, venu de la Comédie-Française, où florissait Lekain, et qui y retourna à la mort de celui-ci, dont il prit l'emploi. A son sujet on rapporte un fait assez singulier : 11 excellait, paraît-il, dans le rôle de Bayard; à l'une des représentations de cette pièce, au Théâtre-Français, un descendant du célèbre guerrier, enthousiasmé par le jeu de Larive, lui fit présent d une chaîne d or ayant appartenu à Bayard. Le tragédien la donna, peu de temps après, au marquis de la Fayette, commandant de la garde nationale parisienne. On ignore ce qu'elle est devenue à la mort de ce général. Larive épousa, a Bruxelles, la fille aînée de d'Hannetaire et divorça quelques années plus tard.

Ensuite, Fauchard, dit de Grand Menil, qui avait été tour à tour avocat au Parlement de Paris, conseiller de l'amirauté et membre du conseil de la Comédie-Française. Il obtint des succès flatteurs à Bruxelles et entra au Théâtre-Français, en 1790.

Malgré les plus riantes perspectives, il y eut un léger déficit à la fin de l'année. La saison suivante (1772-73) fut moins heureuse encore au point de vue financier. Les dépenses augmentaient sans

cesse et, cependant, les appointements des artistes n'étaient pas en proportion de leur talent, ainsi que le prouve le tableau suivant :

Emplois de la comédie.

Premier rôle tragique et comique. — St-Fal (1) Liv. 6,000

Fort premier, rois, raisonneurs, etc. — Bursai 4,000

Père noble, rois, etc. — Vanhove (1) 4,000

Jeune premier. — X. (2) 3,000

Premier comique. — Bultos 7,000

Manteau, financiers, etc. — Pin . 5,000

Crispin, marquis ridicules et Poisson. — À" 3,600

Troisième rôle et à récits. — À" 2,000

Liv. 34,600

Mesdames :

Premier rôle tragique et comique. — Mme Bursai Liv. 4,000

Premier rôle en partage et grande coquette. — Mme Goault 6,600

Reine, mère noble. — À'. 4,000

Première soubrette. — X 3,600

Premier caractère et deuxième duègne. -X 3,600

Deuxième soubrette. — X 1,50°

Seconds caractères. — X i,5°°

Liv. 24,800

Opéra.

Première haute-contre — X Liv. 6,000

Seconde haute-contre et Colins. — X 3,000

Première basse-taille. — Chenaud 4,000

Première en partage. - Mees 4,000

Premier Laruette. — Bultos —

Second Laruette. — Berger .... 2,000

Mesdames :

Première chanteuse. — Rogier Liv. 5,000

Première en double. — Schettiens 2,400

Rôles de Beaupré et Dugazon. — Mees .... 3,000

Première duègne. — Goault

Total général . . Liv. 88,800

Aujourd'hui, ces chiffres rendraient rêveurs bon nombre d'artistes. Nous voyons, en effet, dans cette nomenclature, que l'acteur le plus largement payé gagnait par an 7,000 francs, somme équivalant à celle allouée par mois aux artistes qui tiennent aujourd'hui les premiers emplois dans les grands théâtres comme celui de la Monnaie.

{ 1 ) St-Phal et Vanhove devinrent sociétaires de la Comédie-Française.

(2) Les noms des titulaires marqués X sont restés en blanc sur le document des Archives.

La troupe de comédie coûtait 59,400 francs; la troupe d'opéra 29,400 francs. En y ajoutant la dépense pour les chœurs, l'orchestre et les frais d'exploitation, on arrive à cette conclusion que le budget annuel du Théâtre de la Monnaie, en 1772, était à peu près égal au budget mensuel de cette même scène, un siècle plus tard.

Il convient de placer ici le fac-similé dune affiche dont le rapprochement avec le modèle adopté aujourd'hui sera aussi curieux que la comparaison que nous venons d'établir. Cette reproduction a les dimensions exactes de l'original.

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