NOMS DES ARTISTES APPOINTEMENTS
MM. De Larive, rôles de Le Kain et de Bellecour Liv. 6,000
De Grand Menil, grande livrée. . 5,000
Fargès, jeunes premiers, emploi de Clairval ... 6,000
Chevalier, jeune premier rôle 6,000
Dazincourt, Armand, Poisson, les Crispins 3,000
Dubois, rois, pères nobles 3,000
Florence, troisièmes amoureux 2,000
(1) Félix Delhassc.
50 Le Théâtre de la (Monnaie, — I77I 77-
MM. Louis, deuxièmes rois, troisièmes amoureux Liv. 2,400
Lambert, premier et deuxième rôle d'opéra 1,600
Grégoire, grandes utilités 2,200
Denis Dubus, utilités, rôles accessoires . 1,600
Caneel, accessoires 1,50°
Lisis, utilités 800
Bocquet, maître de ballets 1,200
D'Humainbourg, souffleur 1,000
Mmes Verteuil, jeune première et rôles de Mlle Clairon . . . . 0 . 8,000
Ang. D'Hannetaire, première amoureuse 5,000
Eug. D'Hannetaire, première soubrette 5,000
Sophie Lothaire, confidentes 2,000
Gontier, première soubrette 2,400
Defoye, première amoureuse opéra 5,000
Eul. Durancy, deuxième et troisième amoureuse 1,800
De la Bernardière, deuxième amoureuse opéra 1,200
Beauménard, utilités 600
Ros. D'Humainbourg, utilités opéra 300
VAN MALDERE aine, violon pour conduire l'orchestre FI. 760
D'Hannetaire s'était retiré définitivement du théâtre, y laissant toutefois ses deux filles.
Trois de ces comédiens étaient des artistes de la plus grande valeur : d abord Dazincourt, que l'on connaît déjà.
Puis, Jean Mauduit, dit de Larive, venu de la Comédie-Française, où florissait Lekain, et qui y retourna à la mort de celui-ci, dont il prit l'emploi. A son sujet on rapporte un fait assez singulier : 11 excellait, paraît-il, dans le rôle de Bayard; à l'une des représentations de cette pièce, au Théâtre-Français, un descendant du célèbre guerrier, enthousiasmé par le jeu de Larive, lui fit présent d une chaîne d or ayant appartenu à Bayard. Le tragédien la donna, peu de temps après, au marquis de la Fayette, commandant de la garde nationale parisienne. On ignore ce qu'elle est devenue à la mort de ce général. Larive épousa, a Bruxelles, la fille aînée de d'Hannetaire et divorça quelques années plus tard.
Ensuite, Fauchard, dit de Grand Menil, qui avait été tour à tour avocat au Parlement de Paris, conseiller de l'amirauté et membre du conseil de la Comédie-Française. Il obtint des succès flatteurs à Bruxelles et entra au Théâtre-Français, en 1790.
Malgré les plus riantes perspectives, il y eut un léger déficit à la fin de l'année. La saison suivante (1772-73) fut moins heureuse encore au point de vue financier. Les dépenses augmentaient sans
cesse et, cependant, les appointements des artistes n'étaient pas en proportion de leur talent, ainsi que le prouve le tableau suivant :
Emplois de la comédie.
Premier rôle tragique et comique. — St-Fal (1) Liv. 6,000
Fort premier, rois, raisonneurs, etc. — Bursai 4,000
Père noble, rois, etc. — Vanhove (1) 4,000
Jeune premier. — X. (2) 3,000
Premier comique. — Bultos 7,000
Manteau, financiers, etc. — Pin . 5,000
Crispin, marquis ridicules et Poisson. — À" 3,600
Troisième rôle et à récits. — À" 2,000
Liv. 34,600
Mesdames :
Premier rôle tragique et comique. — Mme Bursai Liv. 4,000
Premier rôle en partage et grande coquette. — Mme Goault 6,600
Reine, mère noble. — À'. 4,000
Première soubrette. — X 3,600
Premier caractère et deuxième duègne. -X 3,600
Deuxième soubrette. — X 1,50°
Seconds caractères. — X i,5°°
Liv. 24,800
Opéra.
Première haute-contre — X Liv. 6,000
Seconde haute-contre et Colins. — X 3,000
Première basse-taille. — Chenaud 4,000
Première en partage. - Mees 4,000
Premier Laruette. — Bultos —
Second Laruette. — Berger .... 2,000
Mesdames :
Première chanteuse. — Rogier Liv. 5,000
Première en double. — Schettiens 2,400
Rôles de Beaupré et Dugazon. — Mees .... 3,000
Première duègne. — Goault
Total général . . Liv. 88,800
Aujourd'hui, ces chiffres rendraient rêveurs bon nombre d'artistes. Nous voyons, en effet, dans cette nomenclature, que l'acteur le plus largement payé gagnait par an 7,000 francs, somme équivalant à celle allouée par mois aux artistes qui tiennent aujourd'hui les premiers emplois dans les grands théâtres comme celui de la Monnaie.
{ 1 ) St-Phal et Vanhove devinrent sociétaires de la Comédie-Française.
(2) Les noms des titulaires marqués X sont restés en blanc sur le document des Archives.
La troupe de comédie coûtait 59,400 francs; la troupe d'opéra 29,400 francs. En y ajoutant la dépense pour les chœurs, l'orchestre et les frais d'exploitation, on arrive à cette conclusion que le budget annuel du Théâtre de la Monnaie, en 1772, était à peu près égal au budget mensuel de cette même scène, un siècle plus tard.
Il convient de placer ici le fac-similé dune affiche dont le rapprochement avec le modèle adopté aujourd'hui sera aussi curieux que la comparaison que nous venons d'établir. Cette reproduction a les dimensions exactes de l'original.
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