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DES RÉPUBLIQUES FRANÇAISE ET BELGIQUE

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Les COMEDIENS de la RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

sous la direction de la citoyenne Montansier RÉUNIS AUX COMÉDIENS DE LA RÉPUBLIQUE BELGIQUE.

La Montansier avait été installée au théâtre avec l'appui de l'autorité militaire et sans souci des directeurs.

Elle s'appelait, de son véritable nom, Marguerite Brunet. Internée dans un couvent, à Bordeaux, elle eut, toute jeune, des idées romanesques et des goûts d'indépendance. Elle imagine de se faire enlever, et passe aux colonies avec son ravisseur, qu'elle ne tarde pas à abandonner, pour s'engager dans une troupe nomade. Après un échec à la Comédie-Française, elle prend la direction du Théâtre de Nantes, puis, d'une petite salle à Versailles et mène ces deux affaires de front avec les théâtres de Caen, du Havre et de Rouen. Son activité devait être dévorante. Très protégée par la reine Marie- Antoinette, elle obtient la salle des Beaujolais, au Palais-Royal. Au moment de la révolution, on la voit à la tête dune compagnie de quatre-vingts hommes, dont le but était, en suivant les armées françaises, de jouer la comédie et de faire le coup de feu au besoin. C'est ainsi qu'elle arriva à Bruxelles.

Elle y fit représenter les pièces en vogue à Paris.

Le 21 janvier — jour de l'exécution de Louis XVI — on donne Panurge dans l'Ile des Lanternes, de Grétry. Coïncidence lamentable : l'un des auteurs du poème est le comte de Provence, le frère de l'infortuné monarque.

La Liberté conquise, tel est le titre d une comédie affichée le 24 février, en célébration de l'ouverture de l'Escaut et de la réunion du Hainaut, de la Flandre et du pays de Liège à la République. Il y eut aussi un cortège, et on distribua au peuple « du pain blanc et du saucisson ».

Le 26 du même mois, grandes réjouissances pour la réunion de toute la Belgique. — Voici ce que dit, à ce propos, un journal de l'époque, le Courrier de l'Egalité :

L'arbre de la liberté a été planté ; la plus touchante fraternité a régné parmi les citoyens. Ils formaient un nombreux cortège, qui s'est porté à l'hôtel où logent les commissaires. Une distribution de pain, de viande et de boisson a été faite au peuple au bruit d'une brillante

musique. La citoyenne Montansier, directrice du spectacle, a saisi cette occasion pour donner une représenta'ion gratis. Le civisme de cette bonne patriote a été récompensé par le plaisir qu'a fait la pièce, souvent interrompue par les cris de Vive la nation! Vive la réunion! Les armes de l'archiduchesse, qui étaient encore dans la salle, ont été abattues et remplacées par le bonnet rouge, épouvantait de l'aristocratie...

L'armée quitte Bruxelles le 23 mars, et les Autrichiens rentrent le lendemain.

La Montansier une fois partie, Bultos et Adam sont réinstallés à la direction du théâtre, et la troupe prend le nom de :

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