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COMEDIENS DE SON ALTESSE ROYALE

L'acteur Bursay fait représenter une œuvre de sa composition, les Lois et les Rots ou le bonheur des peuples, signalée déjà; puis, une traduction de l'allemand, Misanthropie et Repentir.

Le 30 avril, l'archiduc Charles de Lorraine d'Autriche, frère de lEmpereur, qui venait de faire son entrée à Bruxelles, assiste à la représentation de l'Hommage de Bruxelles, scène lyrique de De Beaunoir, musique de Duquesnoy. Cette soirée souleva un grand enthousiasme. On voit que les idées populaires avaient subi un singulier revirement.

Du 21 au 25 octobre, le théâtre fut fermé en signe de deuil : Marie- Antoinette, à son tour, venait de monter sur l'échafaud.

Il nous reste à signaler les débuts de Clairville dans Paul et Virginie (4 décembre).

L'année 1794 commence par les débuts de Mmes Derville, Courtois et Horan.

François II — avec toute la Cour — assiste à un spectacle de gala, le 24 avril.

C'est à une représentation d'Azemia ou les Sauvages, opéra de Dalayrac, qu'a lieu l'explosion la plus vigoureuse des sentiments

Opéras nouveaux :

La Reprise de Toulon par les Français, de Lemière de Corvey; — les Visitandines, de Devienne (2330011794); — le Médecin et V Apothicaire, traduit de l'allemand par De Beaunoir, musique de Dittersdorff, retouchée par Duquesnoy.

populaires en faveur de la maison d' Autriche. A la fin du second acte, Facteur Mees chante le couplet suivant :

Armons-nous, il faut nous venger,

Même soin nous presse ; Par la force ou par l'adresse,

Malgré leur fureur traîtresse Il faut nous unir tous, et braver le danger,

Il faut périr ou nous venger.

Les spectateurs ne le laissent pas achever. Ils se lèvent aux cris formidables de : Vive 1 Empereur, et le couplet est bissé au milieu de bravos énergiques.

Toutefois les événements que l'on sait s'accomplirent :

Les troupes partent le 25 juin pour la Hollande.

L'armée de François II abandonne Bruxelles, et, le 9 juillet, les Français plantent sur la place de l'Hôtel-de-Ville l'arbre de la liberté surmonté du bonnet rouge.

Au milieu de tous ces troubles — la révolution, la guerre — il était difficile au Théâtre de la Monnaie de se maintenir avec quelque éclat. Du reste, Bultos venait d'être déclaré en faillite.

Une représentation fut annoncée deux jours après l'arrivée des Français :

Le u juillet 1794, les Jeunes Comédiens donneront, à la salle du théâtre de la Monnoie, une représentation de : Jeannette, ou les battus ne payent pas toujours l'amende, comédie-proverbe en un acte, ornée d'un divertissement, suivie de : On fait ce qu'on peut et non ce qu'on veut, proverbe à deux acteurs, en un acte; terminé par un divertissement (1).

On ne sait au juste quels sont ces jeunes comédiens . Voici un programme interprêté par la troupe du Théâtre de Tournai, qui prit la simple dénomination de : les Artistes Dramatiques.

Les Artistes dramatiques donneront aujourd'hui 28 messidor (mercredi 16 juillet, vieux style), une représentation de Sargines, ou l'élève de l'amour et de la liberté, opéra républicain en 4 actes, des citoyens Monvel et d'Alayrac, orné de tout son spectacle, et de la Bataille mémorable de Fleurus gagnée par les Républicains sur les despotes coalisés ; le spectacle sera terminé par l'Offrande à la Liberté, scène lyrique du citoyen Gossec, orné de tout son spectacle.

I ,es représentations se composèrent le plus souvent de pièces de circonstance. Quelquefois on exécutait dans les entr'actes la symphonie du Ça ira, à grand orchestre. Cet état de choses persista ainsi jusqu'à la lin de 1795.

(:) Magasin historique, politique et littéraire.

La troupe comprenait alors les artistes dont les noms suivent :

Messieurs :

Renaldy. — Delorme. — Dumouchel. — Ansoult. — Deyris. — Ferrouillat. - Mariage. — Labouret. — Dallinval. — Niquet. — Deleuze. — Cizos. — Emmanuel.

— Calmus.

Derville, — Beaulieu. — Courtois. — Florian. — Haran. — Brochtin. — Julie Bourcier. — Chevalier. — Pauline Joly. — Sciieltjens. — Saint-Albin. — Marsillac.

— Labouret. — Caroline, — Gaudin. — Sainte-Marie — Gonteuil.

Des manifestations jacobines s'étant produites au théâtre, l'autorité fait afficher un décret, dans lequel il est dit qu'on arrêtera toute personne interrompant le spectacle, ou employant les qualifications de muscadin et de carmagnole. Ce placard ordonne en même temps de chanter dans les entr' actes un ou plusieurs airs patriotiques approuvés, par les Représentants du peuple, et défend aux acteurs d'ajouter quoi que ce soit à leurs rôles, sous peine de perdre un mois de leurs appointements — (17 floréal, an III).

En janvier 1795, un physicien nommé Olivier s'était montré dans quelques représentations; déjà avait eu lieu un concert, par deux instrumentistes, Tobie Gossens et Schafner, sans compter les séances équestres de Franconi.

Outre les spectacles révolutionnaires, on donna les ouvrages suivants :

1794. — 6 août, VEpreuve villageoise, opéra de Grétry ; — 14 novembre, Jeannette, on les battus ne payent pas toujours l'amende, comédie de Dorvigny; — 30 décembre, le Jeu de V amour et du hasard, comédie de Marivaux; Sylvain, opéra de Grétry.

1795. — 3 février, la Fa usse Magie, opéra de Grétry ; — ^février, le Tableau parlant, opéra du même; — 23 février, V Amant bourru, comédie de Monvel; — 9 mars, Biaise et Babet, opéra de Dezède; — 10 avril, le Jardinier de Sidon, opéra de Philidor; — 22 avril, les Deux Chasseurs et la Laitière, opéra de Duni ; — 8 mai, Camille ou le souterrain, opéra de Dalayrac; — 9 mai, le Procureur arbitre, comédie de Poisson; — 18 mai,

V Amant jaloux, opéra de Grétry; — 11 juin, Nanine, comédie de Voltaire; — 17 juin, Azémia ou les Sauvages, opéra de Dalayrac; — 21 juillet, Tartufe, comédie de Molière; — 16 septembre, laMétromame, comédie de Piron; — 2 novembre, la Dot, opéra de Dalayrac. Opéras nouveaux :

1795. — 8 juin, Philippe et Georgette, opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac; — 29 juin,

V Amour filial ou la jambe de bois, opéra-comique en 1 acte, de Gaveaux ; — 27 juillet, Arabelie et Vascos, opéra-comique en 3 actes, de Marc; — 24 août, la pauvre Femme, opéra-comique en 1 acte, de Dalayrac; — 11 novembre, le Mensonge officieux , opéra-comique en 1 acte, de Lemoyne ; — 18 décembre, la Caverne, opéra-comique en 3 actes, de Lesueur.

1796. — 2 janvier, le Marquis de Tulipano, de Païsiello; — 18 janvier, la Vieillesse dy Annette et Lubin, de Chapelle; — 8 février, le Savoir faire, opéra-comique de Gresnick ; les Petits Commissionnaires, opéra-comique du même ; — la Famille indigente, 1 acte, de Gaveaux; — 15 février, Ambroise ou voilà ma journée, de Dalayrac; — 16 mars, le Club des bonnes gens, de Beffroy de Reigny.

Galler aîné .

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