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RÉGIE DUBUS

1816-17. — En vertu d'un arrêté royal, MM. le comte Vanderdilft, le baron d Overschie de Neerische et le comte Cornet de Grez, prennent en mains l'administration du théâtre pour trois ans. Dubus retourne à ses fonctions de régisseur.

Acteurs.

MM. Desfossés, première haute-contre.

Massin, jeunes premiers.

Coriolis, première basse-taille.

Paulin, premier comique.

Brice, seconde haute-contre.

Dubreuil, financiers, manteaux.

Belfort, Philippe, Gavaudan.

Dangremont, jeunes premiers, petits-maîtres. Auguste, première basse-taille.

Linsel, Crispins, Trial.

Lemoigne, troisième amoureux.

Lemonnier, haute-contre.

MM. Perceval, Crispins, Trial.

Folleville, pères nobles.

Marchand, troisième rôle.

Mercier, seconde haute-contre Bougnol, seconde basse-taille. Folleville, pères nobles.

Actrices.

Mmes Cazot, première chanteuse à roulades. Ribou, premiers rôles.

Clarice Liedet, première soubrette.

Thénard, première chanteuse.

Bossant, première Dugazon.

Linsel-Mosso, mères nobles.

Ternaux, seconde chanteuse.

Roussellois, caractères, mères nobles.

Desbordes, jeune première.

Duquesnoy, jeunes rôles.

La petite Linsel, rôles d'enfants.

Choeurs.

Douze hommes. Douze femmes.

Orchestre.

MM. Ch. BORREMANS, maître de musique.

J. Borremans, sous-chef.

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier.

MM. Dubus, régisseur.

Eugène Hus, second régisseur.

Le 29 juin, paraît Marianne Sessi, cantatrice italienne, dans Pimmaglione, de Cimadoro. C'était l'aïeule de Mlle Sessi qui, en décembre 187 1 , joua le rôle d'Ophélie dans Hamlet, au Théâtre de la Monnaie.

Marianne Sessi joignait « à un magnifique talent de comédienne une voix admirable » (1). Mais, comme elle chantait en italien, ses représentations ne furent pas du goût général, et un journal inséra l'entrefilet suivant :

Question. — De quel droit l'administration du Théâtre de la Monnaie prétendrait-elle, en contravention formelle à ses engagements contractés envers le public de Bruxelles, nous imposer, pour notre argent, l'obligation de nous résigner à un spectacle auquel nous ne comprenons, ni entendons absolument rien, tandis que, sans compter les jours d'abonnemens suspendus, elle conserve ici une autre salle à son entière disposition ?

Un abonné belge, pour lui et au nom de tous les autres.

(1) Fétis. Biographie Universelle des Musiciens.

Un corps de ballet, comprenant Henri Jacotin, Oudart et les dames Soissons et Adeline, donne une représentation à la Monnaie, le 18 septembre. Les administrateurs retiennent par engagement ces danseurs, qui firent, dès lors, partie de la troupe. C'est l'origine du ballet permanent.

Au nombre des artistes qui furent entendus extraordinairement, nous voyons Gavaudan, de lOpéra-Comique. Ce ténor avait préalablement joué la tragédie à côté de Talma, et avait accompagné lillustre artiste pendant son séjour en Belgique. Gavaudan s'acquit une véritable célébrité comme acteur et comme chanteur, car il arriva à élever ces deux talents au même degré — perfection rare. On ne lui connaissait pas d égal dans les rôles de Montano, à Ariodant, de Stephano. Il balança même la réputation d Elleviou, dans le Délire. On lavait surnommé le Talma de V Opèra-C omique , et le nom de Gavaudan est resté à son emploi. Il fut, plus tard, appelé à la direction de la Monnaie. Né à Salon (Provence), le 8 août 1772, Gavaudan mourut à Paris, le 10 mai 1840.

Une journée du Czar, opéra-comique en 1 acte, apparut le 26 octobre, à l'occasion des fêtes données par le corps municipal pour le mariage de S. A. R. le prince héréditaire; cet ouvrage était composé et dédié à S. A. R. et I. Mme la Grande-Duchesse de Brabant (sic), princesse d'Orange, par H. Berton, membre de l'Institut, chevalier de la Légion d'honneur, surintendant de la musique du Roi, pensionnaire de Sa Majesté, du Conservatoire et de l'Académie Royale de Musique, etc., etc.

La Bibliothèque Royale possède la partition manuscrite de Berton. Le parolier n'est pas nommé; il s appelait Claparède.

Les Bruxellois n'ont pas eu la primeur de cette œuvre à deux, quoiqu'elle eût été expressément commandée, écrite — et payée, sans doute, — pour le cas particulier d'un auguste mariage. Une journée du Czar, jouée à Bruxelles, le 26 octobre 1816, et Féodor, ou le Batelier du Don, joué à Paris, au théâtre de l'Opéra-Comique, onze jours auparavant (15 octobre), sont identiquement semblables, et quant au sujet, et quant à la musique; les titres seuls diffèrent.

Le Rossignol, grand opéra en 1 acte, de Lebrun ; — la Lettre de change, 1 acte, de Bochsa ; — la Fête du village voisin, 3 actes, de Boieldieu ; — VUne pour Vautre, 3 actes, de Nicolo; — Elisca, 3 actes, de Grctry.

Jamais une affluence aussi prodigieuse de monde ne s'était portée au Théâtre royal de la Monnaie qu'à la représentation donnée hier (26 octobre 1816). A deux heures, les bureaux étaient ouverts, et à trois heures, la salle était pleine : on a offert jusqu'à vingt francs pour un billet de parquet, sans pouvoir l'obtenir. A six heures et un quart, LL. AA. RR. et II. sont entrées dans la loge qui leur était destinée ; aussitôt l'orchestre a exécuté l'air national de Guillaume de Nassau et le célèbre quatuor de Grétry : pendant plus d'un quart d'heure, les acclamations et les applaudissemens se sont prolongés avec un enthousiasme tel que la salle en était ébranlée. Vers sept heures, LL. MM. le Roi et la Reine sont arrives : on avait déjà commencé la Bonne Mère, de Florian, dont la représentation fut interrompue pour prodiguer à nos augustes souverains les applaudissemens les plus unanimes et les plus prolongés. Dans la représentation de la pièce de circonstance, intitulée : Une journée du Czar, toutes les allusions ont été saisies avec une sorte de transport. Les couplets du vaudeville, qui ont terminé cette pièce, furent redemandés, répétés et applaudis : cette scène touchante a paru faire une vive impression sur les augustes personnages qui en étaient l'objet. La famille royale n'a quitté la salle de spectacle qu'après que le rideau fut baissé, et les mêmes applaudissemens qui l'avaient accueillie à son entrée l'ont accompagnée à sa sortie. La place de la Monnaie était couverte d'une foule immense. Cette belle soirée fera époque dans les annales de la ville de Bruxelles ; elle montrera à nos princes ce qu'ils peuvent attendre de ces Brabançons, si justement fiers de leur liberté, mais loyaux et fidèles sujets du monarque, lorsqu'il se déclare le protecteur de leurs droits.

Berton avait réchauffé de ses accords les vers de mirliton de ce vaudeville. Quant au rimailleur, il s'est prudemment caché sous les initiales de son nom. Une journée du C\ar ne fut donnée que deux fois.

A la mort de Monsigny, une représentation fut organisée pour honorer sa mémoire. On y donna la Belle Arsène, opéra du maître, et tous les chanteurs de la troupe parurent dans une apothéose finale.

20 avril, début de Mme Bourson, seconde amoureuse dans l'Opéra ; — 24 avril, début de Dangremont; — 5 mai, début de Mme Thénard, Raoul Barbe- Bleue (Isaure) ; — 12 mai, début de Mercier, le Déserteur ; — 21 et 23 mai, concerts de Garât, Mme Garât, cantatrice, G. Dugazon, pianiste ; — 22 mai, début de Bougnol, l'Amour filial (Félix), et Ma Tante Aurore (Valsain) ; — 27 mai, début de Mme Mercier, Calife de Bagdad (Késie), et Zémire et Azor ; — 3 juin, début de Belfort, Montano et Stéphanie (Montano) ; — du 12 juillet, dix représentations de Paul, sociétaire de l'Opéra-Comique, Montano et Stéphanie, Stratonice, Richard Cœur-de-Lion, Joconde, Sargines, les Rendez-vous bourgeois, etc ; — 22 juillet, concert de M,Ie Gallo; - du 5 août, cinq représentations de Mme Boulanger, du Théâtre Feydeau ; — 13 et 29 août, débuts de Mme Cazot, née Joséphine Armand, de l'Opéra de Paris; — 15 septembre, Julien Pauwels s'essaye sans succès dans le Nouveaii Seigneur du village; — 23 septembre, début de Mme Mercier, Fausse Magie (Lucette); — 30 octobre, début de Darboville, Martin, Laïs, Solié, succès ; — 31 octobre, à l'occasion du mariage de S. A. R. le Prince d'Orange, l'Offrande à l'hymen; — 23 décembre, début de Bordes, Hêléna (Constantin); — 15 janvier, concert de Guillou, première flûte de la chapelle du Roi de France; — iermars, M)le Saint-James, de passage, les Prétendus (Julie); — du 16 avril, quatre représentations de Mme Foulquier, première chanteuse du Théâtre de Nantes, la Fausse magie, le Nouveau Seigneur du village.

Quelque temps après, la princesse d'Orange donna le jour à un fils, le Roi actuel, Guillaume III des Pays-Bas. Le lendemain, le Prince héréditaire se rend au spectacle, où il est accueilli avec enthousiasme, et Mme Cazot chante des couplets d'à-propos :

Belges, que dans cette journée Nos chants s'élèvent jusqu'aux cieux !

Le fruit d'un auguste hyménée Comble notre espoir et nos vœux.

Les faveurs de la providence Vont descendre sur son berceau; Il aura franchise et vaillance :

C'est l'héritage des Nassau.

Qu'il suive à jamais pour modèle Celui qui lui donna le jour; Qui d'un peuple brave et fidèle Sait comment on obtient l'amour.

Nous jurons, ainsi qu'à son père, A l'héritier d'un nom si beau, Tendresse et dévoûment sincère :

C'est le partage des Nassau (i).

Victor, du Théâtre-Français, donne onze représentations à partir du 5 mars. La critique du temps dit qu'il a rappelé « aux vieux connaisseurs le superbe Larive qui n avait jamais été remplacé depuis sa retraite ». Ce tragédien, qui a eu son heure de célébrité et que, plus tard, nous allons voir sur la scène de Bruxelles, avait mené une existence assez orageuse. C'est un des nombreux exemples de vocation contrariée. Il était issu d'une famille de jurisconsultes : les Lerebours, de Pontarlier. Il étudia le droit; mais, la profession de ses pères convenant peu à sa nature, il entra au ministère des finances, à Paris. Là, il désertait son bureau pour suivre les cours du Conservatoire. Lorsque le père apprit la terrifiante nouvelle, il le lit rayer du tableau des élèves, et l'incorpora dans la garde d'honneur. Revenu sain et sauf des désastreuses campagnes de Dresde et de Leipzig, Victor rentre encore au Conservatoire, obtient un second prix de tragédie, et débute avec éclat à la Comédie-Française. Puis, en attendant sa nomination de pensionnaire, il va s'exercer sur d'autres scènes, ce qui l'amène à Bruxelles. A son retour dans la maison de Molière, il eut des démêlés sans fin, à travers lesquels nous ne le suivrons pas. « II mourut à

( 1 ) Gazette Générale des Pays-Bas.

Neuilly-sur-Seine, le 16 juin 1864, dans la situation la plus misérable. » (1)

Nous retrouverons Victor en 18 19, jouant, le itr mai, sur cette même scène, et, quelques jours plus tard, sur celle du nouveau Théâtre de Bruxelles. Car on avait enfin compris la nécessité de construire une salle de spectacle plus digne de la capitale. Le Roi Guillaume Ier fit reprendre les études commencées précédemment par de Wailly, sous le gouvernement autrichien, et poursuivies par les ordres de Napoléon Ier. On confia à l'architecte Damesme l'exécution des plans définitifs qui édifiaient le théâtre juste derrière le bâtiment construit par Bombarda. C'était l'emplacement de l'ancien couvent des Dominicains, choisi par de Wailly.

Le premier coup de pioche fut donné le 9 mars 181 7.

181 7-18. — Ouverture le 20 avril.

MM. Desfossés, première haute-contre.

Massin, jeunes premiers.

Coriolis, première basse- taille.

Paulin, premier comique.

Valmore, premiers rôles.

Delos, seconde haute-contre.

Auguste, première basse-taille.

Perceval, Crispin, Trial.

Dubreuil, pères nobles.

Linsel, Crispins, Trial.

Marchand, troisième rôle.

Darboville, Martin.

Rambert, deuxième basse-taille.

Lemoigne, troisième amoureux.

Bordes, rôles de convenance.

Folleville, pères nobles.

Actrices.

Mmes Cazot, première chanteuse à roulades. Desbordes-Valmore, premiers rôles.

Clarice Liedet, première soubrette.

Montano, seconde soubrette.

Roussellois, caractères, duègnes.

Linsel-Mosso, mères nobles Ternaux aînée, seconde chanteuse.

(1) De Manne et Ménétrier. Galerie historique de la Comédie-Française.

Mmes Ternaux {Adélaïde), rôles de convenance. Betzy Linsel,

rôles d'enfants.

Fanny Linsel,

Choeurs.

Douze hommes. Douze femmes.

MM. Hus, maître de ballets.

Jacotin, )

^ > premiers danseurs,

(JUDART, )

Calais, danseur comique.

Mraes Caroline Soissons, première danseuse. Adeline, seconde danseuse.

Feltmann, mime.

Sarrette, troisième danseuse.

Dix figurants. Dix figurantes. Huit enfants

Orchestre.

MM. Ch. BORREMANS, maître de musique.

J. Borremans, sous-chef.

16 violons. — 2 altos. — 5 violoncelles — 2 contre-basses. — 2 cors. — 2 trompettes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 flûtes. — 2 bassons. — 1 timbalier.

MM. Dubus, régisseur.

Eugène Hus, second régisseur.

Le ballet était définitivement organisé, et, dès ce moment, il fait partie de toutes les troupes — prenant plus de développement, d'année en année.

Valmore (François-Prosper Lanchantin), qui figure en qualité de premier rôle, avait joué au Théâtre Français, à côté de Talma et de M"e Raucourt. Il devint, en 1846, directeur de la Monnaie en association avec Hanssens et Van Caneghem. Après avoir été employé à la Bibliothèque Nationale de Paris, il est mort à Clamart, le 26 octobre 1881, laissant un nom des plus respectés, non seulement comme homme, mais comme érudit. Son fils, Ilippolyte Desbordes-

Les Rosières, 3 actes, d'Herold ; — la Journée aux aventures, 3 actes, de Méhul. Artistes : Bordes, Delos, Perceval, Conolis, Grandvalet, Raymond, Cavalier, Timmermans, Margery, Mmes Landier, Ternaux, Léonore Laloi ; — la Corbeille aux fleurs, ou la fête des maris, divertissement allégorique; — Zélima ou la belle esclave, ballet-pantomime en 2 actes, d'Oudart; — Wallace, ou le ménestrel écossais, 3 actes, de Catel ; — Saûl, operabiblique en 3 actes, musique arrangée par Kalkbrenner et Lachnilz, d'après Haydn, Mozart, Cimarosa et Païsiello.

Valmore, chevalier de la Légion d'Honneur, ancien chef de bureau au Ministère de l'Instruction Publique, est un linguiste très distingué. Il a traduit des poésies d'auteurs madgyars, flamands, polonais, etc.

Valmore épousa, en arrivant à Bruxelles, sa camarade Mllc Desbordes. Celle-ci, dont nous avons signalé la première apparition sur notre scène pendant la campagne 1807- 1808, n'est autre que la célèbre Desbordes-Valmore, qu'Alexandre Dumas appelait « la plus femme des femmes-poètes ». Elle avait commencé par chanter à l'Opéra-Comique, sous les auspices de Grétry, dont elle avait reçu des conseils ; puis, ayant perdu la voix, elle se consacra à la comédie et c'est dans ce dernier genre qu'elle se produisit à Bruxelles. Marceline-Félicité- Josèphe Desbordes, née à Douai, le 24 février 1786, est morte à Paris, le 23 juillet 1859.

Delos, qui avait parcouru la province avant d'aborder la scène de la Monnaie, chanta les ténors jusqu'en 1827, époque à laquelle il perdit aussi la voix. Mais, ses aptitudes scéniques ne lui permettant pas d'aborder la comédie, il se vit bientôt à bout de ressources, et la bienfaisance publique lui offrit un refuge pour le reste de ses jours. Il est mort à Bruxelles, le 25 décembre 1872.

Parmi les représentations intéressantes, citons celle du 1 1 juin, au bénéfice de la petite Betzy Linsel, fille du comédien de ce nom. On y donnait, entre autres pièces : Le Petit Chaperon Rouge, opéravaudeville en un acte, de Gouget. Les rôles étaient remplis par

30 avril, début malheureux de St-Ernest, Adolphe et Clara et Une heure de mariage ; — du ier mai, série de représentations de Saint-Félix, des Variétés, de Paris ; — 6 mai, début de Rambert, deuxième basse-taille, la Belle Arsène ; — 10 mai, début de MUe Montano, les Prétendus, et Us Deux jaloux ; — 17 mai, début de Valmore ; — du 15 juin, sept représentations de Ferdinand, premier danseur de l'Opéra de Paris ; — 6 août, début de M1Ie Landier, le Tableau parlant, et le Petit matelot ; — 21 août, début de Delos, ténor, Biaise et Cadet ; — du 25 août, treize représentations de Mme Gavaudan, de l'Opéra- Comique ; — du 24 septembre, cinq représentations de Mme Th. Genetti, danseuse italienne ; — 2 octobre, début de MUe Auguste, élève du Conservatoire de Paris, n'ayant jamais joué ; — 5 octobre, concert de Lauro Prosperini, chanteur italien ; — du 28 octobre, trois représentations de Mme Giacomelli, première chanteuse, Aline, reine de Golconde, le Billet de loterie, le Rossignol, Gulnare ; — 16 décembre, reprise du Trésor supposé, de Méhul. Artistes : Auguste, Delos, Linsel, Mmes Landier, Ternaux ; — 24 décembre, Armand, des Variétés de Paris, et Mairet du Théâtre de Bordeaux, commencent une série de représentations, qui dure un mois ; — 30 décembre, reprise des Dettes, de Champein ; — 7 janvier, quatrième représentation d'Aristippe, grand-opéra en 2 actes, de R. Kreutzer ; — 21 janvier, ren'rée de Mme Bousigue, Adolphe et Clara, le Diable à quatre ; — 3 avril, Lays, de l'Opéra, Anacrèon ; — 14 avril, Saint-Charles, de passage, joue François Ier dans Françoise de Foix.

i52 Le Théâtre de la {Monnaie. — 1801-18,

les enfants de la troupe, le petit Bordas (Derville), Betzy Linsel (le Chaperon Rouge), et Fanny Linsel (Mère-Grand). Ces jeunes acteurs dansèrent un pas de deux et une allemande.

Betzy Linsel (Marie Péguchet) naquit à Lyon, le 29 novembre 1807. Elle avait donc neuf ans et demi. Elle épousa, à Bruxelles, en 1825, Louis-Michel Jannin, chanteur à la Monnaie.

Fanny Linsel (Françoise Péguchet) était née à Lyon, le 3 octobre 1804. Nous la trouvons à Anvers (1827) et à Bruxelles (1828) en qualité de première chanteuse. Elle épousa, le 3 octobre 1822, le ténor Delos, et mourut à Molenbeek-Saint-Jean (faubourg de Bruxelles), le 6 juillet 1830.

Compte-rendu de la représentation du 7 septembre :

Hier, LL. MM. le Roi et la Reine, accompagnés de S. M. le Roi de Prusse, voyageant sous le nom de comte de Ruppin, et arrivé la veille au palais de Laeken, se sont rendus au spectacle, où sont arrivés successivement LL. AA. RR. le prince et la princesse d'Orange, le prince Frédéric des Pays-Bas et le prince royal de Prusse. Tous ces illustres personnages ont été accueillis par des applaudissements vifs et prolongés. Dans le Roi et le fermier^ M. Darboville, qui remplissait le rôle de Richard, s'étant tourné vers la loge de LL. MM., à l'instant où il porte à son hôte la santé du roi, cette allusion a été saisie avec enthousiasme, et le public a fait répéter ces mots, qui ont été suivis d'acclamations redoublées.

La Reine, le Prince et la Princesse d'Orange assistent, le 23 octobre, à la première représentation de Joanny, de la Comédie-Française, dans Coriolan. Ce tragédien joua son répertoire jusqu'au 11 décembre. Lors de son départ, il reçut du prince d'Orange un rouleau de cinquante pièces de vingt francs, « comme marque du plaisir qu'il lui avait fait éprouver », et donna son adhésion à un spectacle de bienfaisance, qui eut lieu le 6 février, et pour lequel il revint de Hollande.

Le 4 janvier 1818, première représentation d'une pièce indigène : le Jeune satyrique, comédie en trois actes, et en vers, de M. Roucher. En voici la distribution :

Emile (le satyrique) MM. Valmore.

Le comte de Valmont Folleville.

Le marquis de Choisy Marchand.

Damis, poète Perceval.

Victor, valet d'Emile Paulin.

Julie, fille de M. Vajmont Mme Valmore

Mme Granville, sœur de M. Valmont Mlle Linsel.

Le champ était ouvert aux œuvres de terroir. Quelques jours après, le 19, nous en voyons paraître une nouvelle : La Fête des daines, ou la journée du ig janvier, comédie lyrique historique en

un acte, d'Eugène Hus, « dédiée aux dames de Bruxelles ». Presque tous les artistes y parurent; malgré une réussite complète, elle ne fut jouée que cette fois-là.

Cependant, les trois administrateurs du théâtre avaient abandonné leurs prérogatives :

De Bruxelles, le 7 août 1817. — La société qui, pendant les quinze dernières années, a dirigé notre théâtre, vient de renoncer au privilège que S. M. lui avait accordé. Les pertes essuyées pendant cette période de temps, motivent, paraît-il, cette renonciation. Quoique cette société n'ait pas toujours répondu à ce qu'on pouvait attendre d'elle, il est juste d'avouer cependant qu'elle a quelque droit à notre reconnaissance ; nous lui devons depuis quinze ans une troupe permanente qu'elle n'a conservée qu'au prix de sacrifices que la fortune des actionnaires permettait, mais que des directeurs ordinaires n'auraient pu soutenir. S. M. qui, dès l'année dernière, avait permis que le théâtre de Bruxelles prît le titre de Théâtre Royal, et les comédiens celui de Comédiens ordinaires du Roi, a chargé une commission, présidée par le maréchal de la Cour, de recevoir les soumissions qui seront faites pour obtenir le privilège de la direction du Théâtre Royal Si cette commission ne juge pas convenable d'admettre quelqu'une de ces soumissions, elle dirigera par elle-même, à dater du 20 avril 1818, l'administration de ce théâtre, et clans ce cas, les bénéfices seront partagés entre les artistes au prorata et en sus de leurs appointements ordinaires ; ces dispositions ont été réglées par S. M. dans un arrêté spécial, qui donne de plus à la commission royale les pouvoirs nécessaires pour contracter dès à présent des engagemens avec les artistes. Les lumières et le goût des membres de cette commission sont connus et offrent une garantie suffisante des soins qu'ils prendront pour s'acquitter dignement d'une mission qui intéresse si vivement nos plaisirs Nous pouvons donc espérer de voir bientôt le Théâtre de Bruxelles reprendre l'éclat et la réputation dont il brillait autrefois.

Le 20 avril, le comte Cornet de Grez, le comte Vanderdilft et l'avocat Deswert aîné pour feu le baron d'Overschie, renoncent définitivement à la gestion qu'ils avaient prise, au nombre de 25 — le 8 février 1801.

Avec cette administration se terminait également la régie de Dubus qui voulut se maintenir, mais qui ne put y parvenir, malgré l'appui de la presse.

Répertoire des Théâtres de Bruxelles, de 180 1 à 18 18, pendant la direction des actionnaires.

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