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L'INAUGURATION DU NOUVEAU THÉÂTRE

De Bruxelles, le 26 mai 1819. — L'inauguration de notre nouveau Théâtre-Royal s'est faite hier avec toute la pompe et l'éclat que commandait cette solennité théâtrale. Dès quatre heures, les bureaux étaient assaillis par la foule empressée et impatiente de jouir de ce beau spectacle ; cependant, lorsque les plus pressés eurent trouvé place, il en restait encore pour ceux qui, n'éprouvant pas la même impatience, sont venus plus tard. La salle était pleine sans encombrement ; sa vaste étendue offre d'ailleurs la ressource d'admettre un nombre considérable de spectateurs. Le spectacle se composait d'un prologue inaugural, intitulé : Momus à la nouvelle salle, de la composition de M. Bernard, orné de danses et de chant, et de la Caravane du Caire, opéra de Grétry. L'administration avait choisi pour cette circonstance un opéra dont la musique fût de la composition d'un artiste belge. A sept heures, S. A. R. le prince d'Orange et S. A. I. son auguste épouse sont entrés dans leur magnifique loge; S. M. le roi a paru bientôt après dans la sienne, avec S. M. la reine et S. A. R. le prince Frédéric des Pays-Bas. A l'arrivée de ces augustes personnages, la salle a retenti des plus nombreuses et des plus vives acclamations. La toile étant levée, le théâtre a présenté une décoration charmante, représentant l'intérieur d'un palais, orné de colonnes figurant le marbre, et parfaitement en harmonie avec la salle. Le public a exprimé toute sa satisfaction par ses applaudissements réitérés et en appelant à grands cris l'architecte Damesme, pour lui payer un juste tribut d'éloges ; mais M. l'architecte, sans doute par cette modestie qui accompagne toujours le vrai mérite, n'a pas cru devoir se prêter aux désirs du public, dont l'attention a été bientôt captivée par d'autres objets. Le prologue, dont toutes les parties et les détails semblaient rivaliser pour exciter l'enthousiasme national, a produit le plus grand effet. Cette petite pièce de circonstance est semée de couplets pleins

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