DISTRIBUTION
Momus , Mrs. Bourdaîs.
L'Opéra-Comique , D'Arboville.
Le Mélodrame, Perceval.
Un Directeur de spectacle , Bernard.
Deux Acteurs , Linselet Chaudoir,
Thalie , Mad. Leinesle,
Suite dé Thalie, de l'Opéra - Comique , Jeux, Ris et
Plaisirs, etc.
d'esprit, de sel, et quelques-uns même d'une fine plaisanterie, qui a beaucoup égayé le public. La plupart de ces couplets ont été redemandés avec transport et répétés au milieu des plus bruyants applaudissements; tels sont ceux qui expriment si bien l'amour que les Belges portent à leur auguste monarque et à la famille royale, et dont les refrains se terminent par vive le roi! vive la reine! vivent le prince et la princesse! vive le prince grand-maître! On a remarqué un charmant couplet adressé à Grétry et un autre à l'architecte ; ils ont également obtenu les honneurs du bis. Des danses, exécutées par M. Petipa et les premiers sujets, ainsi qu'un ravissant coup de théâtre, ont terminé cette fête inaugurale, qui a enlevé tous les suffrages. Le public n'a pas été moins satisfait de la représentation de la Caravane du Caire : M. Petipa y a ajouté un divertissement nouveau, dont le charme était encore rehaussé par le prestige de changemens fréquens et à vue des décorations.
Quant à la salle, qui, comme nous l'avons dit dans notre numéro du 17, est d'une extrême beauté, elle est aussi favorable a la voix qu'à la musique. Nous nous étions réservé alors de juger de son effet à la première représentation à salle pleine : celle d'hier a décidé la question. Quelques personnes ont cru observer, cependant, qu'elle n'est pas aussi avantageuse au dialogue qu'au chant et à la musique. Du reste, elle n'est pas exempte de quelques défauts, parce que rien de parfait ne sort de la main des hommes. On lui reproche la hauteur excessive des loges, surtout celles du premier rang. Il en résulte un vide fâcheux, qui jettera du froid sur le spectacle, quand même la salle serait bien garnie : on se demande s'il n'eût pas été plus convenable de ménager l'espace de manière à faire un rang de loges de plus, en supprimant la galerie, ou bien si, en la conservant, il n'eût pas mieux valu donner moins d'élévation aux loges; ce qui aurait donné aux spectateurs des troisièmes et quatrièmes l'avantage de mieux voir et de mieux entendre. On croit aussi que les décorations sont un peu courtes pour la hauteur de la scène et qu'on est obligé de remplir le vide au moyen d'amples draperies. Au surplus, ces imperfections, fussent-elles bien réelles, ne nuiraient point à l'ensemble, qui est vraiment, magnifique et digne de la capitale d'un royaume florissant ; c'est un monument qui fait le plus grand honneur à son architecte.
Après le spectacle d'inauguration, on retourne à l'ancien théâtre, où l'on joue encore le 26, le 28 et le 29 mai. Le 27 et le 31, il y eut deux représentations extraordinaires à la nouvelle salle, et le ier juin on s'y installa définitivement.
On s'empressa de démolir le théâtre Bombarda, que les propriétaires cédèrent au prix de 200,000 francs, et dont les matériaux
23 et 28 juillet, concert de Baermann, première clarinette de S. M. le roi de Bavière ; — du 17 août, cinq représentations de MUe Delatre, ex-pensionnaire de la Comédie-Française;
— 8 septembre, concert de François Czerwenka, premier hautbois de l'empereur de Russie ;
— 14 octobre, Mlle Chapuis « désirant se faire connaître » débute dans Louise des Rendezvous bourgeois; — 22-25 novembre, concert des frères Bohrer, qui avaient déjà paru à Bruxelles en 181 5 ; — 13 janvier et 3 février, concert d'Alexandre Boucher, se disant premier violon « a solo » du feu roi Charles IV, et de sa femme Céleste Boucher, pianiste et harpiste ; — 26 janvier, Louis Spohr, violoniste, et sa femme, harpiste ; — du 3 mars, six représentations de Louis Nourrit et Prévost, artistes de l'Opéra de Paris : Iphigénie en Aulide, la Vestale, Alceste, les Bayadères ; — 6 avril, une représentation de Victor ; — 7 avril, Mme Petit, de l'Odéon, dans Mérope ; — 9 avril, rentrée de Perlet; — 17 avril, dernière représentation de MUe Ribou.
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Le Théâtre de la tMonn.ùe. — 1819-23. 175
produisirent la somme de 26,100 florins des Pays-Bas, soit 55,238 francs.
En même temps, un nouveau règlement sur le spectacle fut élaboré. Il comprenait, entre autres prescriptions, celles de commencer du ier avril au ier octobre à sept heures du soir, et du icr octobre au icr avril à six heures et demie, pour finir invariablement à dix heures et demie ; de remettre à la Régence, tous les samedis, le spectacle de la semaine suivante ; d'afficher les représentations la veille du jour où elles devaient avoir lieu; en outre, il était défendu de jeter et de lire des billets sur la scène.
Parmi les soirées qui inaugurèrent la nouvelle salle et terminèrent la saison, il faut encore citer celle d'un prestidigitateur : Chalou-Maffry. Après la séance, « il arrêta avec la main un boulet de canon lancé par une pièce de quatre! »
Dubus avait été en butte aux insinuations les plus malveillantes. Afin de se disculper, il écrivit une lettre que nous n'hésitons pas à reproduire in extenso, car elle est d'une importance considérable pour lhistoire du Théâtre de la Monnaie.
J -A. Dubus a ses concitoyens,
Messieurs, à ma grande surprise, et bien innocemment de ma part, on m'a fait intervenir, il y a cinq semaines, dans les différends qui paraissent depuis quelque temps agiter le théâtre royal.
Malade depuis près de cinq mois, je le suis encore, mais alors assez dangereusement, je n'ai pu repousser qu'avec des armes affaiblies l'attaque inconsidérée dirigée contre moi, dans laquelle on semblait infirmera la fois et ma gestion, et même, si j'ose le dire, ma probité.
Me justifier à la fois de ces deux inculpations simultanées me sera chose facile ; il me suffira pour cela d'invoquer simplement les faits et de faire parler en ma faveur les témoignages de ces mêmes organes qui, lorsque j'étais en fonctions, s'exprimaient ainsi sur mon compte :
Extrait du premier volume, page 305, du Mercure belge (décembre 1817), imprimé chez Weissenbruch, éditeur-propriétaire dudit Mercure belge etdu Journal général des Pays-Bas, où se trouve inséré, en date du 6 août dernier, l'article signé H..., auquel je réponds.
M. Dubus, en reprenant les rênes du gouvernement qu'il avait administré à la satisfaction générale, durant dix années consécutives, a cru qu'il se devait à lui-même, ainsi qu'au public, un exposé franc des moyens qu'il allait mettre en œuvre pour opérer sur notre théâtre royal les changemens les plus nécessaires. La lettre imprimée, qui contenait le sommaire de ces promesses, était à peine sous les yeux des amateurs, qu'une foule d'ouvrages depuis longtemps délaissés, ont reparu sur les affiches. M. Dubus a crié : Fiat lux, comme l'Etre puissant qui figure d'une manière sublime au chapitre premier de la Genèse, et à la voix de M. Dubus, la lumière fut faite aussitôt; le résultat inattendu, produit par le zèle et la bonne volonté du nouveau régisseur, est propre à rassurer les esprits chagrins qui, sur la foi de nos observations précédentes, auraient cru le théâtre de Bruxelles à son déclin. Que sera-ce donc quand M. Dubus, revenu du voyage qu'il entreprend dans l'intérêt du public, lui ramènera, selon ses propres expressions « un sujet d'ui talent agréable, et qui sera au courant du répertoire ». Si j'ai porté l'alarme chez les amis de Thalie par un tableau fidèlement tracé de l'état
actuel des choses, si j'ai menacé de ranimadversion générale les mandataires de nos plaisirs, il est de mon devoir de consoler aujourd'hui les uns et de rendre justice aux autres, etc.
Etat des principaux artistes engagés par moi pendant ma gestion.
Messieurs Lagarenne, Madinier, Durand, Brion, Juclié, Massin, Garnier, Bourson, Folleville, Dubreuil, Calland, Armand-Verteuil, Paulin, Desfossés, Fay, Rolland, Brice, Hurtaux, Campenhout, Darius, Ansoult, Eugène aîné, Eugène cadett Coriolis, Perceval, Linsel. Floricourt, Brochard père.
Mesdames Roussellois, Fay, Deschazelles, Berteau, Hyacinthe, Burger, Bousigue, Saint- Albin, Decroix, Gouget-Borremans, Juclié, Ribou, Desbordes-Valmore, Morland, Lobé- Chapus, Vanloo, Sabatier, Sainte-Suzanne, Letellier.
Artistes de Paris, venus en représentation à Bruxelles .
Messieurs Fleury, Talma, Monvel, Saint-Fal, Dugazon, Clozel, Joanny, Martin, Lays, Huet.
Mesdames Contât, Talma, Raucourt, Thénard, Lesage-Haubert.
Artistes-musiciens.
Messieurs Garât, Steibelt, Frédéric Duvernoy, Dalvimare, Delcambre, Rode, Kreutzer, Lafont, Bouchez, Lemoine^z/s, Mozin, Drouet.
Permettez-moi d'ajouter à l'appui de ces faits irrécusables, l'honorable attestation de messieurs les actionnaires, laquelle répond, je pense, beaucoup mieux que je ne pourrais le faire moi-même, aux diverses inculpations dont on s'est plu à me gratifier, j'ignore dans quelle intention.
Honoré, pendant ma longue gestion, de l'indulgence publique, ce n'est pas depuis que j'en ai été éloigné que j'ai pu démériter de ceux qui me dénigrent aujourd'hui. Les faits parlent; qu'ils soient mes juges; je ne crois pas devoir ajouter autre chose à ma justification.
Je suis avec respect,
J -A. Dubus, natif de Bruxelles, Ex-régisseur du théâtre royal sous l'ancienne administration.
Bruxelles, le 29 septembre 1819.
Suit l'attestation des actionnaires qui vantent la probité, le zèle, l'intelligence, l'activité de Dubus.
La clôture de Tannée théâtrale eut lieu le 20 avril. Bernard, par un retour aux anciennes traditions, adressa un compliment au public.
1820-21. — Bernard forme, pour sa deuxième année, une troupe spéciale destinée à desservir le théâtre du Parc, et il la place sous la gestion d'Armand. Voici celle de la Monnaie.
Comédie et
Acteurs.
Messieurs :
Charles Ricquier, premier rôle.
Bouchez, jeunes premiers.
Lemoigne, seconds amoureux.
Bernard, premiers rôles tragiques.
Folleville, pères nobles.
Dubreuil, financiers.
Bosselet, troisièmes rôles, raisonneurs.
Perlet, premier comique.
Bourdais, premier comique et des financiers.
Linsel, second comique, Poisson.
Cauvin, seconds pères, grandes utilités.
Gondouin, utilités, seconds pères.
Legrand, second comique, grandes utilités.
Tragédie.
Actrices.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Charles Ricquier, premiers rôles en tous
genres.
Petipa, jeune première.
Linsel, mère noble.
Roussellois, caractères.
Clarice, première soubrette.
Darboville, secondes amoureuses, secondes
soubrettes.
Dutrieux, troisièmes amoureuses, utilités.
Chanteurs.
Messieurs :
Desfossés première haute-contre.
Delos, seconde haute-contre.
Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan.
Darboville, Martin, Lays, Solié.
Bernard
Chaudoir,
Gondouin, seconde et troisième basse-taille.
Perceval, Juillet, Laruette.
Linsel, Trial.
Legrand, jeune Trial, troisième amoureux.
Dupuis, grands coryphées, utilités.
Opéra.
Chanteuses.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Lemesle, forte première chanteuse.
première basse-taille.
Cazot, première chanteuse à roulades.
Michelot, Dugazon, Saint-Aubin.
Roussellois, première duègne, mère Dugazon.
Dutrieux, troisièmes amoureuses.
Mariée, deuxième chanteuse.
Chœurs.
Quinze hommes,
Danseurs.
Quinze femmes.
Ballet.
Messieurs :
Petipa, maître de ballets, premier danseur. Hus, second maître de ballets, mimes.
Desplaces, second danseur.
Josse, troisième danseur.
Calais, danseur comique.
Lesueur, première danseuse.
Adeline, seconde danseuse.
Feltmann, troisième danseuse.
Sarrette, coryphée.
Douze figurants.
Douze figurantes.
Orchestre.
Douze enfants.
MM. Ch. BORREMANS, maître de musique.
Davril, sous-chef.
6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 1 lambalier.
M. Brochard, régisceur.
Chaudoir rompit son engagement, le 2<j avril, et fut remplacé par Margaillan. Celui-ci parut à différentes reprises sur la scène de la Monnaie, dirigea ensuite le théâtre de Gand, où il fit exécuter une pièce dont il était l'auteur, et mourut à Anvers (février 1846).
Les représentations extraordinaires furent nombreuses. Au commencement de la saison, Talma, après une absence de neuf ans, reparaît — cette fois, avec M.mc Gros. Il est inutile d'ajouter que cet événement artistique attira la foule.
Pendant le mois d'août, Monrose, le célèbre valet du Théâtre- Français, vient à Bruxelles pour la première fois. Il joue le Mariage de Figaro, les Originaux, le Barbier de Séville, l'Etourdi, les Fausses Confidences, le Grondeur. Le grand comédien fut lobjet d'une ovation triomphale.
MUe Leverd, de la Comédie Française, donne, à dater du 14 septembre, cinq représentations. Pour ses adieux, elle dansa une allemande avec Petipa et M"c Lesueur, dans un divertissement ; ses débuts modestes comme coryphée de la danse, à l'Opéra, expliquent ce fait bien caractéristique pour un premier sujet de comédie. Elle avait chanté, le 17, le rôle de Clara dans 1 opéra de ce nom. C'était, certes, une artiste merveilleusement douée.
21 avril, Mlle Mariée débute clans l'emploi de troisième et deuxième chanteuse, les Deux Savoyards; — 27 avril, début de Gondouin, deuxième et troisième basse-taille, dans la Belle Arsène; — 2 mai, première apparition u'Edouard, les Philippe, les Gavaudan, Montano et Stéphanie; — 8 mai, rentrée de Delos dans les Colins, Elleviou : Valsain de Ma Tante Aurore; — première apparition de Mlle Fran ville, forte seconde chanteuse; Ma Tante Aurore; — 15 mai, Charles Ricquier et sa femme, premiers rôles, débutent dans le Misanthrope ; — 25 juin, MUe Linsel, aînée, « désirant s'essayer », débute dans Tisbé de Cendrillon ; début de Ricquier, jeune, troisième danseur ; — 4 juillet, Leroux, du Théâtre-Feydeau, dans Joseph; — du 15 au 22 juillet, quatre représentations de M"e Duchesnois, de la Comédie-Française, succès ; — 8 août, Liboras, élève du Conservatoire de Paris, passant à Bruxelles, joue Polynice dans Œdipe à Colone; — 2.\ août, Invocation en rhonneur de la fête du Roi, paroles de Mme Desbordes-Valmore, musique de Cardon, première flûte de l'orchestre; ce morceau fut chanté par Desfossés, Margaillan et liernard; le spectacle était complété par : Catherine, ou la belle fermière, comédie, Laurenzo et Floretta, ballet, et le Bouffe et le Tailleur, opéra; — du ierau 10 septembre, cinq représentations de Lafont, du Théâtre-Français de Paris, qui donna successivement les pièces suivantes -.Zaïre (ier septembre), le Cid (3 septembre), Adélaïde du Guesclin
Relâche, le 29 décembre : incendie au palais du prince d'Orange.
Le théâtre reste encore fermé du 10 au 14 janvier : décès de la Reine douairière, mère du Roi.
A l'anniversaire de la naissance de Grétry (n février), une magnifique soirée comprenait : L'Épreuve Villageoise — icr acte de Richard Cœur-de-Lion — Ier acte de la Fausse Magie — 2me acte de la Caravane du Caire, et couronnement du buste de l'aimable compositeur par tous les artistes de la troupe.
Cet hommage suggéra à Roucourt l'idée d'une souscription pour élever un monument à la mémoire de Grétry, mais ce projet ne fut pas mis à exécution.
Le 19 mars, « première » de Guillaume 7er, tragédie en 5 actes, du crû, en l'honneur de la Maison d'Orange. Cette pièce, dont l'auteur est M. Alvin, et qui obtint un immense succès, présente une particularité : elle ne comporte aucun rôle de femme.
Guillaume Ier, prince d'Orange et de Nassau, premier stathouder
de Hollande . MM. Bernard.
Terranova, ambassadeur d'Espagne Charles.
Marnix de Sainte-Aldegonde, ami de Guillaume Bouchez.
Barnevelt, grand-pensionnaire, membre des Etats Folleville.
Maurice, fils de Guillaume Lemoigne.
Alvar, général espagnol Bosselet.
Hormidas, ami de Barnevelt, membre des Etats Cauvin.
Alfrénus, membre des États, du parti espagnol Hubert.
Hitman, membre des Etats, du parti des républicains purs . . . Alphonse.
Devos, membre des Etats Gondouin.
Gérard Edouard.
(5 septembre), Tancrède (7 septembre), l'Amant bourru (7 septembre), Iphigénie en Aulide (10 septembre), Pygmalien (10 septembre); — dans cette dernière pièce, MUe Lesueur rempUt le rôle de Galathée. — Mazilly, premier comique, débuta, le 6 septembre, dans le Billet de Loterie (Frontin); son second début eut lieu le 8, dans Strabon de Démocrite amoureux, et le troisième, le 11, dans les Fourberies de Scapin (Scapin). — Gavaudan, ancien directeur de la Monnaie et acteur célèbre de l'Opéra- Comique de Paris, vint, avec Mme Perrin, du Vaudeville, à dater du 18 octobre, donner quatre spectacles composés des pièces tirées du répertoire de ces deux scènes. — Lavigne, artiste du Grand-Opéra, joue à la Monnaie, à dater du 21 novembre : Œdipe à Colone (Polynice), 21 novembre, la Vestale (Licinius), 23 novembre, Didon, reine de Carthage (Enée), 27 novembre, le Devin de village (Colin), 29 novembre, les Prétendus (Valère), 29 novembre, Iphigénie en Aulide (Achille), Ier décembre ; en outre, dans chaque soirée, il chanta plusieurs romances; — 29 janvier, pour le bénéfice de MUe Lemesle, Lavigne, de l'Opéra, joue Admète, à'Akeste, et chante deux romances; — 13 février, Vobaron, du Conservatoire de Paris, exécute, pendant les*entr'actes, plusieurs morceaux de sa composition sur le violon et le trombone.
Edelman, capitaine des gardes de Guillaume
Sturman, messager d'Etat
Un officier
MM Darboville.
Dupuis.
Legrand.
C'est pendant cette brillante saison que mourut, à Paris, MUe Montansier, l'ancienne directrice du Théâtre de la Monnaie. Clôture, le 30 mars.
1821-22. — Pour cet exercice, Bernard désigne une partie du personnel qui devait jouer, le samedi, au Théâtre du Parc.
Ouverture, le 24 avril, par le Secret dit Ménage, comédie, et Œdipe à Colone, opéra.
Comédie et Tragédie.
Acteurs. Actrices.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Charles Ricquier, premiers rôles.
Charles Ricquier, premier rôle.
Bouchez, jeunes premiers.
Lemoigne, seconds amoureux.
Bernard, premiers rôles tragiques Folleville, pères nobles.
Dubreuil, financiers.
Bosselet, troisièmes rôles.
Mazilly, premier comique.
Linsel, seconds comiques Cauvin, seconds pères.
Chapuis fils, utilités.
Chanteurs.
Petipa, jeune première Linsel-Mosso, mères nobles Roussellois, caractères.
Clarice, soubrette.
Darboville, deuxième amoureuse.
Dutrieux, troisième amoureuse.
Messieurs :
Desfossls, première haute-contre.
Delos, deuxième haute-contre.
Edouard Bruillon, Philippe.
Darboville, Martin
Eugène (Ordinaire), première basse-taille. Margaillan, première basse-taille.
Hubert, deuxième basse-taille Perceval, Laruette.
Linsel, Trial.
Prudhomme, jeune Trial.
Dupuis, coryphée.
Opéra.
Chanteuses.
Lemesle, forte première chanteuse.
Cazot, première chanteuse à roulades Michelot, première Dugazon.
Fanny Linsel, deuxième chanteuse.
Roussellois, première duègne.
Dutrieux, troisième amoureuse
Chœurs.
Quinze hommes.
Quinze femmes.
deuxièmes danseuses, troisièmes danseuses.
Ballet.
Danseurs. Danseuses.
Messieurs : Mesdames et Mesdemoiselles :
Petipa, maître de ballets, premier danseur. Lesueur, première danseuse.
Hus, second maître de ballets, mimes. Adeline,
Desplaces, deuxième danseur. Battier,
Antoine Ricquier, troisième danceur. Feltmann,
Calais, danseur comique. Lavancour, Courier, mimes.
Douze figurants. Douze figurantes. Douze enfants.
Orchestre.
MM. Ch. RORREMANS, maître de musique.
Davril, sous-chef.
6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 1 timbalier.
M. Brochard, ré2;i seur.
Les pièces indigènes commençaient à apparaître. Le 15 juillet, <( première » de l'Heure du rendez-vous, opéra en un acte, paroles et musique du baron de Peellaert, sous le voile de l'anonyme.
Le 3 janvier suivant, la Toison d'or, ou le dite de Bourgogne, opéra-comique en 3 actes, paroles du baron de Reiffenberg, musique de H. Messemaekers.
24 avril, Eugène (Ordinaire), qui avait précédemment fait partie de la troupe, débute par le rôle d'OEdipe ; — du 3 mai au 6 juillet, vingt-deux représentations de Talma ; — 14 et 18 mai, les quatre chanteurs de Vienne exécutent des morceaux sans accompagnement ; — 10 juillet, Benoni débute en qualité de premier et deuxième danseur, dans les Jeux d'Eglé; — du 17 juillet, onze représentations de Mllc Mars, la célèbre comédienne du Théâtre-Français ; — 28 juillet, un chanteur nommé Bultel, passant par Bruxelles, joue le rôle d'Alibour dans Euphrosine, opéra de Méhul ; il paraît encore, le Ier août, dans Œdipe à Colone (Thésée) ; cet artiste, qui tenait l'emploi des Martin, avait appartenu aux théâtres de Lille et d'Amsterdam ; — 21 août, 77 maestro di capella, par Darboville, Fontaine et Peronnet; — 6 septembre, Darboville joue seul l'intermède bouffe italien : El Calzolare innamorato; — du 19 septembre, six représentations de Mme Volnais, actrice du Théâtre-Français ; elle joue successivement : la Mère coupable (comtesse Almaviva), le 19 septembre; Madame de Sévigné, dans la pièce de ce nom, le 23 septembre; Tancrède (Amenaïde), le 25 septembre; le Dissipateur (Julie), le 27 septembre; le Mariage de Figaro (Suzanne), le 30 septembre; Esther dans la tragédie de Racine, le 2 octobre; — 26 septembre, Rosambeau, dans Camille (Marcelin), opéra de Dalayrac, et le Rossignol (Mathurin), opéra de Lebrun ; — du 4 octobre, quatre représentations de Saint- Eugène, sociétaire de la Comédie-Française; — 30 novembre, début, comme trial, de Prudhomme, comédien de la troupe; — 24 février, Monsieur Deschalumeaux, de Creuzé de Lesser et Gaveaux, est transformé en ballet par Petipa ; — 26 mars, concert des sœurs Corri, cantatrices à l'Opéra de Londres.
Ces deux pièces ne furent jouées qu'une fois.
La Naissance de Vénus et de V Amour : tel est le titre d'un ballet composé par Petipa. Mlle Lesueur représentait Vénus, et le fils de l'auteur, âgé de 5 ans, jouait le rôle de Y Amour.
L'une des plus belles recettes de l'année fut celle que produisit le spectacle du jeudi 7 mars : Léontine et Elisa Eay, après quelques représentations, faisaient leurs adieux au public dans Cendrillon, opéra de Nicolo, et le Mariage enfantin, vaudeville de Scribe. On atteignit le chiffre de 2,600 francs, ce qui arrivait rarement, et les deux charmantes actrices furent l'objet de flatteuses démonstrations.
Depuis la domination française, il existait sur les recettes un droit prélevé au profit des pauvres. Il fut supprimé, le 24 août, par un arrêté royal décrétant cet article :
Le droit d'indigents actuellement perçu sur toutes les représentations théâtrales et autres divertissements, sera considéré comme étant supprimé, aussitôt qu'il aura été remplacé par les impositions locales ci-dessous désignées, et, dans tous les cas, au plus tard, le ier avril 1822.
C'était un allégement considérable pour les frais généraux du théâtre.
Le 26 octobre, Mlle Petit faisait son troisième début dans Jeanne d'Arc. Des sifflets violents se firent entendre, au lever du rideau. Un témoin a fait le récit de cette soirée :
Mademoiselle Petit devait paraître hier soir pour sa troisième représentation, dans la tragédie de Jeanne d'Arc à Rouen. Jamais plus belle cabale n'avait été concertée. Aussitôt que le directeur, qui jouait un rôle dans la pièce, parut sur le théâtre, des sifflets partirent de tous les points de la salle ; sans s'effrayer de ce bruit aigu, il voulut, mais vainement, prendre la parole et faire tête à l'orage. De toute part, on criait : Plus de tragédies; des comédies, des opéras; un bon répertoire ; que le Grand-Théâtre ne soit point sacrifié aux spéculations de la salle du Parc. La plus vive agitation régnait dans la salle ; enfin, on s'est vu forcé de souscrire aux vœux des spectateurs : la comédie de V Avocat a été jouée en remplacement de Jeanne d'Arc, Il est juste d'ajouter que ce n'est point contre mademoiselle Petit, cause bien innocente de ce trouble, que le mécontentement a éclaté ; en effet, cette actrice est tout à fait étrangère aux petites intrigues des coulisses.
Au reste, les soirées tumultueuses n'étaient pas rares ; une représentation de Phèdre amena les plus grands désordres ; la presse était hostile à la direction, et, comme toujours, les malheureux acteurs supportaient ces témoignages de mauvaise humeur dont ils étaient innocents.
En cette année, S. Exe. Van Gobbelschroy, ministre de l'intérieur, fut chargé de présenter un projet de pension pour les corné-
diens qui, par leur talent et leurs qualités sociales, s'en seraient montrés dignes, après un certain séjour au théâtre de la Monnaie, le chiffre de la pension étant proportionné aux appointements et aux années de service. Les premiers fonds de réserve devaient être formés par une augmentation imposée sur les prix de l'abonnement ; tous les ans, on donnerait des concerts et des spectacles au bénéfice de la caisse de retraite. La gérance des fonds était confiée à la Commission Royale chargée de les recueillir et de les faire fructifier, sous la direction générale du Gouvernement.
Il faut dire que les comédiens de Bruxelles jouissaient, à juste titre, du plus grand crédit, et ne rappelaient en rien, dans leur vie privée, leurs devanciers du xvme siècle. La presse étrangère s'occupait même d eux dans les meilleurs termes :
Les arts y trouvent (à Bruxelles) une protection dégagée de toute prévention politique, et, par conséquent, plus impartiale, plus encourageante et plus glorieuse que celle qu'ils obtiennent dans les villes les plus renommées de l'Europe. L'art théâtral y jouit d'une considération qui rejaillit sur les comédiens, dont la conduite privée justifie cette honorable exception Un acteur, et même une actrice, dont les mœurs vicieuses seraient d'un mauvais exemple, ne demeureraient pas longtemps parmi les comédiens (1).
1822-23. — Ouverture, le 24 avril.
La troupe exploita les deux théâtres, sans personnel distinct pour chacun d eux :
Comédie et Tragédie.
Messieurs :
Charles Ricquier, premier rôle.
Bouchez, jeunes premiers.
Lemoigne, deuxième amoureux.
Bernard, premier rôle tragique.
Folleville, père noble.
Duval, ) .,
> financiers.
Dubreuil, J
Bosselet, troisièmes rôles.
Tiste, premier comique.
Linsel, second comique.
Cauvin, seconds pères.
Chapuis, utilités
Actrices.
Mesdames et Mesdemoiselles Charles Ricquier, premier rôle.
Petipa, jeune première.
Linsel, mère noble.
Roussellois, ) Duval, i
Clarice, soubrette.
Darboville,
DuTRIEUX,
caractères.
secondes amoureuses.
(1) Les Archives de Thalie.
Chanteurs.
Messieurs :
Desfossés, première haute-contre.
Moreau, Elleviou.
Delos, seconde haute-contre.
Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan.
Darboville, Martin.
Eugène (Ordinaire), ) premières basses-
Camoin, ) tailles.
Leroux,
Hubert,
Perceval, Laruette.
Linsel, Trial.
Prudhomme, jeune Trial
Dupuis, utilités.
Opéra.
Chanteuses.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Cazot, première chanteuse à roulades.
deuxièmes basses-tailles.
Lemesle, forte première chanteuse.
Madinier, Dugazon.
Fanny Linsel, seconde chanteuse.
Roussellois, première duègne.
Dutrieux, troisième amoureuse
Chœurs.
Quinze hommes.
Quinze femmes.
Ballet.
Danseurs.
Messieurs :
Petipa, premier danseur, maître de ballets.
Benoni, premier danseur.
Desplaces, deuxième danseur.
Antoine Ricquïer, ) . .,
^ / troisièmes danseurs
CjOURIER, )
Douze figurants.
Danseuses.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Lesueur,
Adeline,
Battier, deuxième danseuse.
Feltmann,
Lavancour,
Douze figurantes. Douze enfants.
> premières danseuses
troisièmes danseuses.
Orchestre.
MM. Ch. BORREMANS, maître de musique.
Davril, sous-chef
6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes 1 timbalier.
M. Brochard, régisseur.
Le 2 mai, première apparition de la basse-taille Hippolyte Duchesne dans Maître Jacques du Diable à quatre.
A Ixelles, décéda, le 3 mai, Xélie-Marie-Thérèse Michelot, âgée de 22 ans. Le jour de ses funérailles, qui furent fort belles, les artistes se cotisèrent pour lui élever un monument dans le cimetière.
Mme Paul-Loth, qui prenait son emploi, composa une pièce de vers, dont nous ferons grâce au lecteur. La pauvre artiste-/>oè/e (?)
ne se doutait guère de l'accueil qui l'attendait à ses débuts. Elle fut sifflée, et, à sa troisième épreuve, le public refusa même de l'entendre.
La mort de Mllc Michelot est suivie de près par celle d'Hubert, ancienne basse-taille ; de Gensse, premier violon de l'orchestre, professeur de mérite et soliste dans la musique particulière du roi ; d'Antoine Ricquier, danseur, et enfin d'Eugène Hus (Louis Stapleton), directeur du Conservatoire de Danse.
Le lundi 24 juin, « première » d'un nouveau ballet de Petipa : La Kermesse, ou la fête villageoise.
Du 4 au 12 juillet, Lafeuillade, de l'Académie Royale de Musique (Paris), donne cinq représentations ; c'est la première fois que paraît sur la scène de Bruxelles ce chanteur, qui devait tenir tant de place dans l'histoire du Théâtre de la Monnaie.
Nous voyons figurer la danseuse Lesueur dans le programme du « bénéfice » de Dubreuil, où elle chanta avec succès le rôle de Clara dans Adolphe et Clara. Cette soirée avait été organisée par la Société des Beaux- Arts, pour dédommager Dubreuil, qui, prenant sa retraite après d'innombrables services rendus au théâtre, avait vu la salle de la Monnaie presque déserte pour sa représentation d'adieu.
Il faut signaler, en date du 25 septembre, l'arrivée de Ponchard, célèbre ténor de l'Opéra- Comique. Il joua quatre fois, et obtint tout le succès qui était dû à son aimable talent.
C'est dans le mois d'octobre de cette année que fut inauguré l'éclairage au gaz de la salle. On profita des travaux à exécuter pour établir, au-dessus de chaque galerie, des draperies dont le but était d'en masquer la hauteur.
24 avril, débuts des nouveaux sujets ; — 29 avril, Mlle Patrat, jeune première, Paméla : — 30 avril, Moreau, haute-contre, les Deux prisonniers, Jean de Paris; Mme Paul-Loth, sifflée; — 3 mai, Duval, financier, Amolphe de l'Ecole des femmes ; cet artiste devint directeur à Rouen, où il mourut de chagrin par suite de pertes d'argent ; -- 9 mai, Tiste, premier comique, les Fourberies de Scapin ; — 12 mai, Leroux, seconde basse-taille ; — 22 mai, Victor reparaît et joue deux fois ; — 29 mai, Juillet fils, les Deux journées et les Rendez-vous bourgeois, il eut un tel succès que l'administration le retint pour la saison ;
— 30 mai, début de MUe Madinier, dugazon ; — 27 juin, concert : Wolfram, flûtiste, Troplong, violoniste, Darboville, iMme Lemesle ; — en août, nouvelle arrivée de Mlle Duchesnois, accompagnée de Mlle Dupré ; — 30 septembre, David, jeune premier de l'Odéon;
— 22 novembre, Tausch, première clarinette de la chapelle du Roi de Prusse, exécute un adagio et une polonaise de sa composition, pendant un entr'acte ; — 30 décembre, M. Holst, harpiste ; — du 19 décembre, représentations de Talma et de Mme Charton.
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D'une scène plus vaste, aimables souveraines, Vous daignez de nouveau vous plaire parmi nous ; Telles que loin du trône, on voit parfois des reines Chercher Je frais gazon et danser dans les plaines, iSacrifiant le faste à des plaisirs plus doux. Mais ^drmide ou Didon, foule en vain la fougère, La couronne la suit, elle règne toujours; Comme sous le corset de la simple Laitière > Mille fois se trahit la mère des Amours.
Venez donc cette fois, ù l'abri des orages,
Entre le dais et les bocages , Des Beaux- Arts embellir le modeste séjour, Et, voyant tous les cœurs briller dans nos hommagc3, Oubliez un instant les ennuis de la cour.
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L'innovation surprit le public, qui fut dépaysé, et, comme tout progrès doit fatalement donner prise à de vertes critiques, celui-ci trouva des détracteurs — qui étaient loin de soupçonner, dans un temps relativement si proche, l'installation de la lumière électrique.
... En entrant dans la salle, j'avoue que j'ai été frappé, ébloui même, par l'effet que produit cet immense foyer répandant sur tout ce qui l'entoure des flots de lumière et de chaleur. Ce réseau de cristal dont le lustre est maintenant entouré lui donne assez l'apparence d'un soleil d'opéra, et son éclat est tel qu'il est également difficile et dangereux d'y arrêter quelque tems les yeux. On dit que le soleil éclaire bien des sottises; au bout de quelques minutes, fat jugé que son Sosie ne serait pas dans les exceptions. D'abord ce lustre est beaucoup trop haut : il éclaire la seconde moitié de la salle et laisse dans un demi-jour les deux premiers rangs de loges... Un second inconvénient qui résulte de ce grand éclat du lustre, c'est de fatiguer les yeux de la partie des spectateurs placés en face de la scène, et même dans tout le haut de la salle. . Le résultat le plus fâcheux du nouveau système, c'est d'obscurcir entièrement la scène, et de laisser dans l'ombre toute la partie des décorations qui doit paraître la plus éclairée... Au total, si le nouveau lustre présente quelques avantages et principalement celui de l'économie, ils ne peuvent balancer les inconvénients qui résultent de son trop grand éclat, de la chaleur qu'il répandra nécessairement, de son action sur les yeux des spectateurs, sur les poumons des chanteurs, enfin sur le jeu de la scène et celui des décorations. Le remède est facile à indiquer : ou diminuer le foyer de lumière dans la salle, ou, ce qui serait mieux encore, remettre les choses telles qu'elles étaient auparavant... (1)
Une nouvelle pièce indigène fait son apparition (17 octobre) : Le Méfiant, comédie en 5 actes et en vers, de "Piste, acteur de la Monnaie. L'auteur joua lui-même le rôle d'un valet, et sa comédie eut trois représentations, — ce qui est presque un succès.
Tiste, encouragé, fit exécuter quelques mois plus tard un opéra comique dont la musique était de H. Messemaekers : Les Deux pièces nouvelles. On donna le même jour une autre production du terroir : Marie de Bourgogne, tragédie en 5 actes et en vers, d'Edouard Smits, une œuvre sérieuse de la littérature dramatique, qui valut les plus grands éloges à son auteur. Le prince et la princesse d'Orange, le prince Frédéric et la princesse Marianne, assistaient à cette représentation, le mercredi 5 mars 1823.
Et, pour terminer la série des pièces du crû, signalons, pour le 15 avril, l'Intrigue de bureau, comédie en 5 actes et en vers, de M. Roucher, que l'on joua deux fois.
Darboville, qui était à la Monnaie depuis 18 16, lit ses adieux au public, le 20 avril. Il était appelé au Théâtre Feydeau, de Paris, où on le considérait comme « le seul chanteur français capable de remplacer le célèbre Martin ». Au moment de son départ, il circulait un
( 1 ) L'Aristarque.
écrit assez singulier, qui montre à quel point Darboville laissait des regrets.
Petite leçon de grammaire française a l'occasion du départ de DARBOVILLE
VAristarque. J'en suis fâché.
Darboville Tu en es fâché.
Mme Darboville Elle en est fâchée.
Les abonnés et le public Nous en sommes fâchés.
Les membres de la commission Vous en êtes fâchés
Tous les acteurs Ils en sont fâchés.
Enfin, Bernard, qui s'était montré pour la dernière fois le 17 avril, dans Valentine de Milan (rôle désir Albert), cesse ses fonctions de directeur-gérant, et clôture Tannée théâtrale (20 avril).
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Direction Langle
gJjj^uvERTURE, le lundi 21 avril.
Le successeur de Bernard est M. Langle, qui conserve ï^l ses fonctions jusqu'en 1830.
Voici la composition de sa première troupe :
Comédie et Tragédie.
Acteurs.
Messieurs :
Charles Ricquier, premier rôle.
Bouchez, jeunes premiers.
Lemoigne, deuxième amoureux.
Folleville, pères noblec.
Duval,
Dubreuil,
Bosselet, troisièmes rôles.
Roussel, premier comique.
LlNSEL, )
> seconds comiques.
Perceval, )
Cauvin, seconds pères.
Dupuis, rôles de convenance.
Alphonse, utilités.
financiers.
Actrices.
Mesdames et Mesdemoiselles
Charles Ricquier, premier rôle.
Patrat, jeune première.
Linsel, mère noble.
Roussellois, caractères.
Rascalon, soubrette.
Lemoigne, deuxième amoureuse.
Dubuisson, grandes utilités.
Opéra.
Chanteuses.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Cazot, première chanteuse à roulades.
Lemesle, forte première chanteuse.
Madinier, Dugazon.
Delos (Fanny Linsel), deuxième chanteuse.
Chanteurs.
Messieurs :
Desfossés, première haute-contre.
Delos, seconde haute-contre.
Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan.
Batiste, Martin.
Eugène (Ordinaire), ) premières basses- Roussellois, première duègne Camoin, j tailles
Leroux, deuxième basse-taille.
Perceval, Laruette.
Linsel, trial.
Jannin, Colin.
Juillet, jeune trial.
Dupuis, utilités.
Dubuisson, grandes utilités.
Chœurs.
Quinze hommes.
Danseurs.
Quinze femmes.
Ballet.
Petipa, premier danseur, maître de ballets.
Benoni, premier danseur
Berthotto, deuxième danseur.
Laurençon, danseur comique.
Calais, mimes.
Hamel, troisième danseur.
Danseuses.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Lesueur,
Adeline,
Battier, deuxième danseuse.
Benoni (Mlle Feltmann), ) troisièmes dan-
Lavancour, ) seuses.
premières danseuses.
Douze fmurants.
Douze figurantes.
Orchestre.
Douze enfants.
MM. Ch. BORREMANS, maître de musique. Davril, sous-chef
6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes. — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 1 timbalier.
M. Monnier, régisseur.
Pour remplacer Tiste, on engagea Verteuil, qui avait joué à la Monnaie en 1796, y tenant une place distinguée Son premier début eut lieu au milieu d'un morne silence; mais, à sa deuxième épreuve, le public — qui ne lui pardonnait pas son grand âge et ses infirmités — le siffla sans pitié. Le malheureux artiste n'avait plus de dents, ce qui rendait sa prononciation difficile; il marchait avec peine, et paraissait trop âgé, môme pour ses rôles les plus marqués.
Etait-ce la nostalgie des planches, si commune chez les vieux artistes, qui l'empêchait de quitter la scène? Peut-être la misère le forçait-elle à chercher là le pain qu'il ne pouvait gagner ailleurs... Le pauvre Verteuil mourut à la Guadeloupe, âgé de 75 ans.
Deux mois plus tard, Jausserand , ex-sociétaire de TOpéra- Comique — qui se trouvait dans un cas semblable — subit le même sort. Il jouait Joseph dans Topera de ce nom; on lui reprocha de ressembler plutôt à Jacob, son propre père, et on le siffla outrageusement. Il ne reparut plus.
Roussel, premier comique, débuta, le 22 mai, dans Sganarelle du Festin de Pierre. Il était né à Paris en 1789. Après s'être essayé au Théâtre des Jeunes-Elèves, il passa à lOdéon; puis séjourna cinq ans à Amsterdam, d'où il partit pour Rouen. C'est dans cette dernière ville qu'il reçut les propositions d'engagement pour Bruxelles. Il retourna ensuite à Paris (Théâtre du Panthéon), et mourut en 1842.
Un artiste, venant de Saint-Pétersbourg et Varsovie, passant par la Belgique, se fait entendre plusieurs fois. C'était Genot, le mari d'Elisa Fay, petite-fille de W" Roussellois, et sœur de la célèbre
29 avril, le violoniste Lafont exécute des morceaux de sa composition, et chante deux romances; — 30 avril, début de Batiste dans l'emploi de Martin, Ma Tante Aurore; — 8 mai, Laurençon, danseur comique, débute dans le Carnaval de Venise; — 9 juin, concert de Mme Deville-Quagliarini, du Théâtre Italien ; — 25 juin, premier début de Charles Jannin, dans les Colins; — du 3 juillet, Aniel, premier danseur du Théâtre de Bordeaux;
— 9 juillet, début de Mlle Dubuisson, grande utilité, dans Laurette, rôle de Camille ; — du 4 août, huit représentations de Damas, premier rôle et sociétaire de la Comédie-P'rançaise;
— 7 septembre, retour de Talma : Sylla (7 septembre), Hamlet (9 septembre), Britannicus (12 septembre), Manlius Capitolinus (15 septembre), Mahomet (18 septembre), Athalie (21 septembre et 1e1' octobre), Falkland (28 septembre), Misanthropie et Repentir (25 septembre), Régulus (28 septembre;, Cinna (30 septembre), Nicomède (3 octobre);
— 18 septembre, à la cinquième représentation de Talma, le jeune Artot, âgé de 8 ans, exécute sur le violon un concerto de la composition de Snel; — 4 et 6 novembre, le fils de Laporte, dernier Arlequin, qui tenait l'emploi des premiers comiques, donne deux représentations, dans lesquelles il joue les Originaux, de Fagan, et le Menuisier de Livonie, d'Alex Duval; il a été directeur du Théâtre de la Reine, à Londres; — du 10 novembre, Vestris fils, premier danseur, paraît huit fois; — 18 décembre, concert de Mlle Montant), première chanteuse de l'Odéon ; — 13 janvier, M"e Bertrand, harpiste de la Cour de France; — 14 janvier, premiers débuts d'Amélie Margery, âgée de 15 ans, lille d'un ancien coryphée; — 4 mars, un artiste, nommé Octave, « désirant se faire connaître », joue le rôle d'Alfred dans le Célibataire et l'homme marié; — 17 mars, Télémaque, danseur du Théâtre de la Porte Saint-Martin de Paris, paraît dans Alexis, du Déserteur;
— 5 et 8 avril, concerts donnés par Lafont et sa femme, lesquels s'étaient déjà fait entendre fréquemment.
Léontine Fay. Genot prêta son concours à Mme Lemonnier, née Regnault, première chanteuse et sociétaire de l'Opéra-Comique, qui donnait une série de représentations.
Mme Genot (Elisa Fay) se produit ensuite dans Euphrosine, le Petit Chaperon Ronge et Joconde. Son premier essai ne fut pas heureux. La pauvre petite n'avait que dix-sept ans, et le rôle d'Euphrosine compte parmi les plus difficiles de l'emploi. Mais le Petit Chaperon fut pour elle l'occasion d'un véritable triomphe.
On sait que la figuration avait été l'objet de vives critiques. Mais, à une époque aussi avancée, on pouvait espérer quelques progrès dans la mise en scène. Il n'en était rien, et la lettre suivante va nous édifier à ce sujet :
Au rédacteur de f Aristarque.
Monsieur,
J'ai lu dans votre feuille que, parmi plusieurs demandes qu'on faisait pour le Théâtre royal, il y en avait une d'une demi-douzaine de paires de souliers rouges pour la peuplade des sauvages qui paraît dans Azemia ; comme je trouve une espèce de gloire à pouvoir une fois contribuer ici en mon particulière rehausser l'éclat de notre théâtre, où je ne vais pas souvent, parce qu'on nous y assomme tous les dimanches avec les mêmes balais (sic), je m'empresse de vous annoncer par la présente qu'on pourrait se procurer les souliers en question chez un mien ami, qui en a beaucoup; ils sont en maroquin rouge, à talons languettes et bordures noires; il est vrai qu'ils sont un peu fripés, car ils ont servi pour la cavalcade de 1770. Cela n'y fait rien, on aime l'originalité au Théâtre royal ; sans cela, on n'aurait pas vu paraître dans la Vestale des soldats romains en guêtres de pompiers, et l'on ne verrait pas encore maintenant, dans l'opéra du Barbier de Séville, la patrouille espagnole en costume de grenadiers de la garde royale de France. Je ne parle pas des diables de Psyché et l'Amour, qui s'engouffrent sur de bons matelas blancs et bleus, que l'on aperçoit très distinctement aux troisièmes loges ; des matelas d'une couleur foncée nous auraient encore privés de ce petit agrément.
Je vous prie de vouloir insérer ceci dans votre prochain numéro, pour la gouverne de ceux que la chose concerne, et d'agréer l'assurance de ma parfaite considération.
Le 24 août, spectacle-gala en l'honneur du Roi des Pays-Bas et pour l'anniversaire de sa naissance : Leicester on le Château de Kenilworth, opéra d'Auber, et le Bazar d'Ispahan, ballet de Roger..
Il paraîtrait que l'enthousiasme des Bruxellois en faveur de Grétry ne fut pas de longue durée. Après les honneurs, la mémoire du maître eut à subir des affronts. Le 25 février — au moment où Ion allait commencer Zémire et Azor — de violents sifflets se font entendre ; on crie que la pièce est trop surannée, qu'on n'en veut plus, et l'on s'oppose à son exécution. Le désordre fut tel qu'il fallut baisser le rideau et rendre l'argent.
La clôture de l'année théâtrale eut lieu le 15 avril. M"e Patrat, jeune première, n'attendit pas cette date. Elle quitta subitement Bruxelles, le g avril, pour un voyage à Cythère, affirme la chronique scandaleuse...
1824-25. Comédie et Tragédie.
Acteurs. Actrices.
Mesdames et Mesdemoiselles Charles Ricquier, premier rôle.
Messieurs :
Charles Ricquier, premier rôle.
Folleville, père noble.
Bouchez, )
, } jeunes premiers.
Lemoigne, )
Duval, financiers, manteaux.
Bosselet, raisonneurs, troisièmes rôles.
Stocklet, premier comique.
Linsel, \
Perceval, > seconds comiques.
Juillet, /
Cauvin, second père, grime.
Alphonse, troisième comique.
Dupuis, rôles de convenance.
Chanteurs.
Messieurs :
Desfossés, première haute-contre.
Batiste, Martin.
Letellier, Elleviou.
Edouard Bruillon, Philippe, Gavaudan.
Delos, seconde haute-contre.
Wenzel, jeune première, ingénuité.
Roussellois, caractères.
Redon, mère noble.
Rascalon, première soubrette.
Lemoigne, seconde amoureuse.
Margery, rôles de convenance.
Aglaé, grandes utilités.
Caroline Linsel, rôles d'enfants.
Eugène (Ordinaire),
Eugène Dessessarts,
Perceval, Laruette.
Juillet, jeunes Trial
Linsel, Trial.
Guilleman, seconde basse-taille.
Jannin, jeunes Colins.
Alphonse, grandes utilités.
Quinze hommes.
premières bassestailles.
Opéra.
Chanteuses.
Mesdames et Mesdemoiselles :
Lemesle, )
„ / premières chanteuses.
Cazot, )
Langlade, Dugazon
Roussellois, première duègne
Redon, mère Dugazon.
Mayer, seconde chanteuse.
Jolivet, Betzy.
Henri, troisième amoureuse.
Margery, rôles de convenance.
Caroline Linsel, rôles d'enfants.
Chœurs.
Ballet.
Danseurs.
Messieurs :
Petipa, premier danseur, maître de ballets. Lesueur, Benoni, premier danseur. Adeline,
Quinze femmes.
Danseuses .
Mesdames et Mesdemoiselles
premières danseuses.
IQ4 Le Théâtre de la (Monnaie — 1823-30.
Poulou, second danseur. Benoni (M1Ie Feltman), seconde danseuse.
Hamel, troisième danseur. Battier, ) . .
T .... T ) troisièmes danseuses.
Laurençon, deuxième comique. Lavancour, )
Calais, )
-, > mimes.
CjOURRIER. )
Bartholomin, coryphée.
Douze figurants. Douze figurantes. Douze enfants.
Orchestre.
MM. CH. BORREMANS, maître de musique.
Davril, sous-chef.
6 premiers violons. — 6 seconds violons. — 2 altos. — 2 flûtes — 2 hautbois. — 2 clarinettes. — 2 cors. — 2 bassons. — 3 violoncelles. — 2 contre-basses. — 2 trompettes. — 1 timbalier.
M. Monnier, régisseur.
Ouverture, le 21 avril, par le Barbier de Séville, de Rossini. Le ténor Letellier, qui fut, plus tard, appelé à diriger le Théâtre de la Monnaie, parut pour la première fois dans Jean de Paris.
Le 19 mai, M"c Mars retourne à Bruxelles. Pendant le cours de ses représentations, arrive Talma, et le public eut la bonne fortune d'applaudir ces deux grands artistes, dans la même pièce : L'Ecole des Vieillards, où ils jouèrent les rôles de Monsieur et Madame Danville. C'est la première fois que Talma se montrait dans la comédie.
Bourson, qui avait laissé les meilleurs souvenirs, produisit sa fille Pauline, dans le Vieux garçon et la Petite fille, vaudeville de Scribe, où il joua lui-même le rôle de Duboccage.
La petite Bourson, jeune Bruxelloise, de huit ans et demi, marche de bien près sur les traces de Lèontine Fay. Elle est douée d'une intelligence extraordinaire dans un enfant de cet âge ; son jeu est plein de finesse, de naturel, de verve et de gaîté. Voilà une petite fille qui pourrait donner, sans plaisanterie, des leçons de chant et de diction à plus d'une de nos
Stoklet, premier comique, interprète Crispin du Légataire universel (22 avril), Hector du Joueur (26 avril), et L'Olive du Grondeur (30 avril); — puis MUc Mayer, deuxième chanteuse, parait, le 26 avril, dans Maison à vendre (Lise), le 5 mai, dans Joconde (Mathilde), et le 11, dans Ma Tante Aurore (Julie) ; — Mme Constant-Langlade, joue Euphrosine, de l'opéra de Méhul, le 27 avril, puis le 2q, le page Olivier dans Jean de Paris, et Fanchelte dans les Deux Jaloux; enfin, elle termine parle rôle de Margot, du Nouveau Diable à quatre (3 mai) ; — 28 avril, début de Poulou, second danseur, dans Alexis du Déserteur, ballet de d'Auberval ; — 29 avril, Mllc Rose Julienne, troisième amoureuse, Jean de Paris; — 3 mai, rentrée d'Eugène Dessessarts et début de Guilleman, troisième bassetaille; — 6 mai, Elisa Wenzel, jeune première — grand succès ; — 9 mai, Mme Valroi, mère Dugazon — chute; — 13 mai, concert de Ivan Muller, clarinette solo de la musique du Roi de France; — 15 mai, concert de Fischer, basse-taille de l'Académie Royale de Munich, et sa fille.
actrices. Malheureusement, le grand théâtre est trop vaste pour que les espiègleries d'un enfant puissent y produire beaucoup d'effet. La jeune Bruxelloise a joué le rôle de Joset dans les Deux Petits Savoyards, et celui de Mathilde dans le Vieux Garçon et la Petite Fille. Cette dernière pièce est un ouvrage à tiroir où MUe Bourson a rempli quatre rôles; et dans tous les quatre la petite fille a prouvé qu'elle est déjà grande comédienne. Elle a été couverte d'applaudissements. Au Théâtre du Parc et dans une autre saison, MUe Bourson ferait plus d'une recette.
Hier (23 juillet 1824), la petite Bourson, dans la Petite Folle et la Petite Sœur, a confirmé l'opinion que les journalistes avaient déjà émise sur son compte ; mais je le répète, le grand théâtre est trop vaste pour une si petite merveille.
Le baron de Peellaert obtient un éclatant succès, le 30 août. Il fait jouer un ancien vaudeville de Bouilly et Dupaty : Agnès Sorel, qu'il avait transformé en opéra, et où figuraient Delos, Batiste, Dessessarts, Juillet, Dubois, Brems, M"e Lemesle, Mme Constant, Mme Langlade, M"e Henri. Agnès Sorel eut six représentations, chiffre extraordinaire, à ce moment, pour une pièce bruxelloise.
Une autre production du terroir apparut le 13 décembre : Olaùs, ou la Vengeance, tragédie en cinq actes et en vers, de M. Edouard Smits. Les situations tragiques y étaient outrées, et la pièce tomba.
Enfin, le maître de ballets, Petipa, donne deux actes, dont Snel avait écrit la musique : Brisac, ou la double noce (13 février).
A la répétition générale d'un autre ballet, Jenny, un accident faillit coûter la vie à M1Ie Lesueur. L'aimable ballerine tomba dans une trappe, et se blessa grièvement. Elle fit preuve d'une grande volonté, et reparut sur la scène le lendemain même.
Les abonnés du théâtre continuaient à se plaindre et à s'acharner contre la direction. Entre autres choses, ils firent circuler un écrit pittoresque, qui devint bientôt populaire :
Les Dix Commandements du Directeur 1. Ton répertoire formeras De dix ouvrages seulement.
MUes Mayer et Rose Julienne n'ayant pas été agréées, furent remplacées, dans leurs emplois respectifs, par MUe Henri, qui débuta, le 19 juin, dans la Maison isolée (Claire), et par MUe Jolivet, qui interprêta, le 25 du même mois, le rôle de Betty du Billet de loterie; — du 9 juillet, trois représentations de Queriau, premier danseur du Théâtre de Lyon ; — 7 septembre, début de Mlle Lambert, deuxième chanteuse, clans Lise de Maison à vendre ; — du 20 juillet, deux représentations de Mlle Georges et d'Eric-Bernard — elles attirent peu de monde ; — 30 septembre, Lafont, du Grand-Opéra de Paris, rôle d'Achille d'Iphigénie en Aulide; — à Lafont succède Martin, ancien sociétaire du Théâtre Feydeau, qui n'avait plus paru à Bruxelles depuis 1802 ; il chante, le 7 octob-e, le Petit Chaperon rouge (Rodolphe), et clôture une série de huit représentations, le 25 du même mois.
2. Les nouveaux pourtant monteras, Mais les mauvais uniquement.