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C. Bosselet, second chef d'orchestre

d'Haussy, sous-chef d'orchestre et répétiteur des chœurs. Degreef, chef répétiteur de la danse.

Lion, répétiteur des chœurs.

Soixante musiciens.

La direction entre maintenant dans sa cinquième année. Constater cet âge, pour une entreprise aussi difficile que celle de la Monnaie, c'est faire son éloge.

Les directeurs précédents avaient succombé malgré la jouissance d'une subvention, que ceux-ci ont trouvée considérablement diminuée à leur avènement.

L'existence dune administration théâtrale avait semblé un problème insoluble ; aujourd'hui les craintes étaient dissipées, on espérait en l'avenir, et la confiance renaissait.

Les premiers mois de la saison, qui s'ouvre le 2 mai, sont défrayés par les représentations de Ravel, premier comique du Palais-Royal, parcelles d'Arnal, du Vaudeville, et de MUe Rachel.

Puis, arrivent successivement : Mmea Doche et Stoltz, Frédérick- Lemaître, les danseuses Bertin, Smyrnoff, Taglioni, Fanny Elssler, le danseur Petipa, un ballet sous la direction de M"e Weiss, Vieuxtemps et les demoiselles Milanollo qui se font entendre dans différents concerts.

Du 25 juillet au 11 août, représentations d'une troupe allemande sous la direction de M. Remie :

Artistes : MM. Bibermofer, Stritt, Herrmans, Seyler, Reiciiel, Wilke, Netz, Koch, Fruhling, Heinrich, Schneider, Friedrich, Hagen, Liebel, Wolkengauer, Klein, Gkbhardt,

1S44. — ier mai> ouverture; reprise de les Diamants de la Couronne , et de le Chalet; — 3 mai, reprise de Mademoiselle de Delle-Isle, comédie ; la Marquise de Carabas, vaudeville ; — 5 mai, reprise de les Martyrs, opéra; — 7 mai, premier début de Bonnamy, fort ténor, et Dunant, première basse, la Juive ; — 9 mai, reprise de Norma, opéra ; l'Ecole des maris, comédie; — 14 mai, premier début de Laurent Quillevéré, baryton, la Favorite; — 15 mai, premier début de Mlle Rouvroy, première chanteuse, l'Ambassadrice, opéra comique; — 20 mai, premier début de Mme Luguet, duègne, les Fausses infidélités, comédie; — 21 mai, reprise de Tartuffe, comédie; Norma, opéra; — 22 mai, premier début de Mlle Caroline Bouchez, les Diamants de la Couronne, opéra comique ; le Roman d'une heure, comédie; — 24 mai, débuts de Mlle Thuillier, Mmes Bouzigues et Luguet, MM. Léon et Lemaire, l'Ecole des maris, le Legs, comédies ; — du 28 mai, série de représentations de M1Ie Bertin, première danseuse ; reprise de l'Ecole des femmes, comédie ; — 5 juin, première représentation de les Pilules du Diable, féerie en 3 actes et 15 tableaux, de F. Laloue, A. Bourgeois et Constant; — 6 juin, par ordre, le Domino noir ; — 9 juin, reprise de le Barbier de Séville, opéra comique; — du 11 juin, série de représentations de Mme Doche, Trop heureux, l'Homme blasé; — 13 juin, début de Génies, les Enfants d'Edouard, tragédie ; — 19 juin, reprise de le Prè-aux-Clercs, opéra comique, et de Valérie, comédie; — 27 juin, reprise de la Muette de Portici, opéra en 5 actes; — 28 juin, reprise de le Cheval de bronze, et de le Malade imaginaire ; — 3 juillet, reprise de le Concert à la cour, opéra comique en 1 acte; — 5 juillet, reprise de Anne de Boulen, opéra ; — du 8 au 23 juillet, série de représentations de M1,e Rachel, Phèdre, Marie Stuart, Andromaque, Catherine II; — du 9 juillet, série de représentations de Ravel, premier comique du Palais-Royal, le Tourlourou, les Secondes noces, le Vicomte de Lètorière, la Rue de la Lune, les Fausses infidélités; — 10 juillet, reprise de la Part du Diable; — 21 juillet, reprise de la Pie voleuse; — du 23 au 28 juillet, série de représentations d'Arnal, premier comique du Vaudeville de Paris, l'Homme blasé, Théophile,

Meinhardt. Mmes Pircher, Kreutzer, Fischer, Schunch, Limback, Ziemlich, Holzinger, Wettlaufer.

MM. Conradin Kreutzer et Ganz, chefs d'orchestre.

Répertoire : Das Nachllager von Grenada (26 juillet et 11 août), Die Zauberfloete (30 juillet et 11 août), Freischùtz (ier, 3 et 7 août), Fidelio (5 et 7 août), Die Hochzeit von Figaro (7 août), Don Juan (9 et n août).

Le séjour de la troupe allemande à Bruxelles marquera dans le souvenir de tous ceux qui attachent quelque prix aux belles productions de l'école des Mozart, des Beethoven, des Weber, etc. Les artistes de la troupe de M. Remie, sans en excepter même ceux des chœurs, accusent pour la plupart une pratique approfondie de la musique de leur nation : quelque compliquées que puissent en être parfois les combinaisons harmoniques, ils apportent dans l'attaque des intonations, dans l'entrée des diverses parties, une sûreté, une aisance qui dénotent que chez eux la musique n'est qu'un langage rythmé qui leur est presque aussi familier que leur idiome maternel ; en d'autres termes, on comprend, en les entendant, qu'ils sont nés musiciens.

Aux Allemands succède une troupe de clowns américains : William Cottrell, dit Risley, et ses deux fils, Henri, et John, surnommé le petit Mercure.

Au sujet de la Taglioni (Mrae la comtesse Gilbert des Voisins) et de Fanny Elssler, les chroniques déclarent ne plus trouver de termes

Mina, Passé minuit; — du 26 juillet au 14 août, série de représentations d'une troupe allemande, Une nuit à Grenade, ta Flûte enchantée, Freischùtz, Fidélio, Don Juan;

— du 29 juillet au 26 août, série de représentations de Risley (américain) et ses fils, le Songe d'une nuit d'été; — 9 août, reprise de Don Juan ; — 16 août, première représentation de Mademoiselle Rose, comédie en 3 actes, d'Alph. Royer et G. Vaez ; — 17 août, reprise de VOuvrier, drame; Georges et Thérèse, drame; — 20 août, au bénéfice de Risley, le Songe d'une nuit d'été, ballet ; — 21 août, première représentation de la Reine de Chypre, opéra en 5 actes, de Saint-Georges, musique d'Halévy.

Lusignan MM. Laurent.

Gérard Laborde.

Mocenigo Couderc.

Catarina Mlle Julian.

1844. — Du 27 au 31 août, série de représentations de Mlle Smyrnoff, première danseuse du Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg, première représentation de Don César de Bazan, drame en 5 actes, de Dumanoir et Dennery ; — 4 septembre, reprise de le Cheval de bronze, opéra comique; — 12 septembre, première représentation de Cagliostro, opéra comique 3 actes, de Scribe et Saint-Georges, musique d'Adam ; — du 20 septembre au 2 octobre, série de représentations de MIle Taglioni, première danseuse de l'Académie Royale de Paris, la Sylphide, le Dieu et la Bayadère, le Diable amoureux; — 28 septembre, première représentation de le Panier fleuri, opéra comique en 1 acte, de Leuven et Brunswick, musique d'Amb. Thomas ; première représentation de l'Esclave deCamoèns, opéra comique en 1 acte, de Saint-Georges, musique de Flotow; — 29 septembre, reprise de les Huguenots ; — du 7 au 18 octobre, série de représentations de Mlle Fanny Elssler, Giselle, le Délire d'un Peintre, la Laitière suisse, la Paysanne grande dame, Cendrillon ;

— 20 octobre, spectacle extraordinaire au bénéfice de Solomé, régisseur; reprise de

pour peindre leur enthousiasme à l'égard de ces deux fameuses ballerines. « Taglioni, c'est l'air. Elssler, c'est la terre combinée avec le feu ! )>

Le 17 décembre, concert de Vieuxtemps; au milieu de la soirée, l'orchestre attaque tout d'un coup l'ouverture de la Vestale, quoique ce morceau ne fût pas porté sur le programme. Au même instant, quelques spectateurs reconnaissent, dans une loge, Spontini, qui était arrivé à Bruxelles dans la journée. Ce fut le signal d'une ovation improvisée, et le grand artiste dut s'incliner à plusieurs reprises devant la salle « debout et frémissante ».

Le produit de la dernière représentation de Mme Stoltz fut consacré à fonder un lit perpétuel pour l'hospice des Aveugles et Incurables.

Dix ouvrages musicaux voient le jour pendant la saison. Quelques-uns restèrent au répertoire : La Reine de Chypre, la Sirène, le Désert, Guido et Ginevra.

Nous trouvons aux Archives communales une supplique, adressée au bourgmestre et aux échevins ; elle renseignera le lecteur sur le sort de deux, artistes, dont l'importance avait été considérable pour

Cendrillon, ballet-féerie en 3 actes, avec le concours de MUe Fanny Elssler ; — 27 octobre, par ordre, la Reine de Chypre; — 29 octobre, au bénéfice de Davelouis, reprise de la Vestale, opéra ; première représentation de V Héritière, ou Un coup de partie, comédie en 5 actes, d'Empis; — 4 novembre, concert donné par les demoiselles Milanollo ; — 18 novembre, au bénéfice de Couderc, première représentation de la Sirène, opéra comique en 3 actes, de Scribe, musique d'Auber.

Marco Tempesta MM. Couderc.

Capitaine Scipion Soyer.

Duc de Sopoli Victor.

Bolbaya Bellecour.

Zerhna Mme Laborde.

1844. — 19 novembre, reprise de la Fille du régiment, opéra comique; — 4 décembre, au bénéfice de Mme Guichard, première représentation de le Juif Errant, drame en 5 actes, de Merville et Mallian ; — du 10 au 13 décembre, représentations de Lucien Petipa, premier danseur de l'Académie Royale, Giselle, la Peré, la Sylphide; — 17 décembre, grand concert de Henri Vieuxtemps, violoniste, avec le concours de Mmes Julien, Laborde et Guichard, premières chanteuses du Théâtre de la Monnaie; — du 20 décembre 1844 au ier janvier 1845, représentations de Mm8 Weiss, maîtresse de ballet de Vienne, et de sa troupe composée de 36 élèves danseuses; — 23 décembre, première représentation de Sarah, opéra comique en 2 actes, de Mélesville, musique de Grisar.

1845. - Ier janvier, clôture définitive des représentations des élèves de Mme Weiss ; li Sirène, opéra comique ; — 6 janvier, première représentation de la Dame de Saint-Tropez, drame en 5 actes, d'A. Bourgeois et Dennery; — 7 janvier, première représentation de Marie de Rohan, opéra en 3 actes, de Lockroy et Badon, musique de Dcmizetti (traduction), et de Polichinelle, opéra comique en 1 acte, de Scribe et Duveyrier, musique de Montfort ; —

le Théâtre de Bruxelles. Cette lettre donne, en même temps, quelques détails sur les pensions de retraite :

Messieurs,

Deux anciens artistes dramatiques septuagénaires, le sieur Eugène Dessessarts et la dame Roussellois, viennent, avec autant de respect que de confiance, solliciter votre intérêt et votre justice, et mettre sous vos yeux la position critique où les circonstances politiques et l'indifférence les ont placés. Depuis près d'un demi-siècle, depuis l'année 1800, domiciliés à Bruxelles et attachés à ses théâtres, ils ont consacré leurs plus belles années et leurs faibles talents aux plaisirs d'un public dont ils eurent toujours l'honneur d'obtenir les suffrages et l'estime. Aujourd'hui, Messieurs, accablés par l'âge et les infirmités qui le suivent, oubliés des anciens, et inconnus aux modernes habitués des théâtres, ils n'ont en perspective que l'indigence, qui déjà même les atteint. Cependant, Messieurs, peut-être auraient-ils quelques droits à votre bienveillance et votre sollicitude, soit comme protecteurs des arts, soit comme magistrats.

Sous le gouvernement précédent, lorsque les théâtres de Bruxelles étaient sous l'administration immédiate du feu roi Guillaume Ier, les artistes admis à la retraite, soit en vertu de l'âge, infirmités au autres causes imprévues, obtenaient de la munificence royale une pension viagère proportionnée aux années de service, et dont le minimum était de 1 ,000 à 1 ,200 francs. Les engagements des artistes portaient même cette clause textuelle : « qu'ils étaient tenus de se conformer aux règlements établis ou à établir, pour les pensions de retraite. » A la vérité, ces règlements n'ont pas été tout à fait mis en exécution, mais les pensions n'en existaient pas moins; la preuve en est dans celles dont jouissaient notamment feu MM. Dubreuil, Borre-

9 janvier, au bénéfice de Mlle Rabut, première représentation de Marie de Rohan, opéra en 3 actes, de Lockroy, Badon, musique de Donizetti ; première représentation de Polichinelle, opéra comique en 1 acte, de Scribe et C. Duveyrier, musique de Montfort ; première représentation de le Mariage raisonnable, comédie d'Ancelot ; Auriol, clown du Théâtre du Cirque de Paris; — 14 janvier, reprise de la Jeunesse de Charles-Quint, opéra-comique en 2 ac!es; — 17 janvier, par ordre, la Reine de Chypre, Mme Stoltz, de l'Académie de musique; — 21 janvier, au bénéfice de Page, première représentation de les Farfadets, ballet en 3 actes, de Cogniard frères, musique de Pilati ; — 23 janvier, premier grand bal paré; — 29 janvier, au bénéfice de Génies, première représentation de le Bouquet de bal, comédie en 1 acte, de Charles Desnoyer; reprise de Moïse, opéra ; — Ier février, au bénéfice de Desroches, contrôleur, première représentation de Mlle de Cérigny, vaudeville en 1 acte, de Bayard et Regnault; Fargeau le nourrisseur, vaudeville en 2 actes, de Dumanoir efcDennery; la Reine de Chypre, 4mc et 5me actes ; — 11 février, représentation extraordinaire, première audition de le Désert, ode-6ymphonie, poème d'Auguste Colin, musique de F. David; — du 12 au 20 février, représentations de M™e Stoltz, premier sujet de l'Académie de musique de Paris, la Favorite, la Reine de Chypre; — 20 février, au bénéfice de Mme Stoltz, la Favorite, 3me et 4me actes, la Reine de Chypre, le Désert; — 26 février, reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique; les Plaideurs, comédie; — 6 mars, reprise de Robert le Diable, opéra; 12 mars, reprise de le Petit Chaperon rouge, opéra comique en 3 actes; — 18 mars, première représentation de Monsieur Dubois, ou la nouvelle noblesse, comédie en 3 actes, de Henri Delmotte ; — 19 mars, concert de Vieuxtemps ; — du 24 mars au 8 avril, 10 représentations de Frédérick-Lemaître, premier rôle du Théâtre de la Porte Saint-Martin, la Dame de Saint-Tropez, Ruy Blas, Don César de Bazan, V Auberge des Adrets, les Mystères de Paris, Robert Macaire; — 14 avril, spectacle extraordinaire au bénéfice de

maris, Desfossés et autres. C'était donc pour les artistes qui étaient attachés aux théâtres de Bruxelles un espoir pour leur avenir, et un motif puissant de stimuler leur zèle.

Pour subvenir aux frais qu'exigeaient ces récompenses, on avait établi une caisse, dite des pensions, tout à fait particulière et indépendante de celle des théâtres, le roi Guillaume n'y avait mis aucuns fonds, elle était alimentée par le produit de deux représentations extraordinaires données annuellement, et pour lesquelles Messieurs les abonnés étaient contraints, par clause de leur bail, de payer la location de leurs loges. Il est de notoriété et aisé de se convaincre que ces représentations avaient, dans peu d'années, produit une somme de près de 40,000 francs, qui de fait n'appartenait pas aux administrations des théâtres, mais aux abonnés, et qu'avec raison et justice on pouvait considérer comme l'hypothèque des pensions des artistes. Il n'a jamais été question, dans la liquidation avec les délégués du roi Guillaume, de ce fond de caisse, dont personne ne pouvait disposer, pas même Sa Majesté ou ses agents; les abonnés seuls avaient le droit de réclamation, ainsi que les artistes qui avaient coopéré aux représentations données à cet effet. Il y a donc eu abus, si l'on a disposé de ces fonds. Il est notoire qu'en 1830 il y avait encore en caisse une somme de 15 à 20,000 francs; la preuve en est évidente, puisqu'à une époque où un jugement arbitral fut rendu en faveur des artistes alors réclamants, on fit à plusieurs d'entre eux une retenue des sommes qui leur avaient été avancées sur cette caisse d'épargne.

A différentes fois, quelques artistes ayants-droit et morts depuis adressèrent des réclamations respectueuses au feu roi Guillaume, mais aucune réponse ne leur a été faite. Aujourd'hui, messieurs, les soussignés restent seuls vivants, et ces débris malheureux des compagnies dramatiques qui se sont succédé depuis près de cinquante ans aux théâtres de Bruxelles, sont privés après de longs et loyaux services, des premiers moyens d'existence. Il ne sont pas, messieurs, des parias pour Bruxelles, ou de nombreuses années les ont naturalisés, et

Mme Page, première représentation de Guido et Ginevra, opéra en 4 actes, de Scribe, musique d'Halévy ; — 25 avril, reprise de te Maçon, opéra comique ; — 26 avril, représentation de retraite et bénéfice de Victor, Guillaume Tell; reprise de le Bénéficiaire, vaudeville; — 30 avril, clôture; au bénéfice de M. et Mme Laborde, Guido et Ginevra. ier acte ; la Favorite, 4me acte, intermède musical.

Saison d'été :

1845. — ier mai, ouverture; reprise de les Diamants de la Couronne, opéra comique en 3 actes ; le Mari à la campagne, comédie en 3 actes; — 2 mai, reprise de la Reine de Chypre, opéra en 5 actes, paroles de M. de Saint-Georges, musique d'Halévy ; — 4 mai, reprise de le Domino noir, opéra comique en 3 actes; — 5 mai, premier début de Tisserant, premier ténor d'opéra comique, reprise de le Postillon de Lonjumeau, opéra comique, et de le Legs, comédie; — 6 mai, premier début de Mme Fina rd, première danseuse noble, reprise de la Sylphide, et de V Ambassadrice; — 7 mai, reprise de la Justice de Dieu, drame à spectacle en 5 actes; l'Héritière, vaudeville en 1 acte; — 8 mai, reprise de le Pré-aux-Clercs, opéra comique; le Dépit amoureux, comédie; — 12 mai, reprise de Guido et Ginevra; opéra en 4 actes; — 13 mai, premier début de Léon Landeau, deuxième amoureux, reprise de le Mari à la campagne, comédie en 3 actes; — 14 mai, reprise de Robert le Diable, opéra en 5 actes; — 16 mai, reprise de Guillaume Tell, opéra en 4 actes ; — 18 mai, reprise de les Huguenots, opéra en 5 actes ; — 20 mai, reprise de Don César de Bazan, drame en 5 actes, premier début de M"-6 Luguet-Quillevéré, jeune première; — 21 mai, début de MUe Charton, première chanteuse, les Diamants de la Couronne, opéra comique; — 23 mai, première représentation de la Fin d'un Roué, comédie en 1 acte, d'Edouard Rombcrg ; — 28 mai, reprise de les Enfants d'Edouard, tragédie en 3 actes; la Dame blanche, opéra comique, 2 premiers actes; — 30 mai, fermeture du Théâtre de la Monna:e, pour « réparations et embellissements ».

•Il

les dignes magistrats de cette cité, si noble, si généreuse et si hospitalière, ne verront pas sans doute deux vieillards, victimes des circonstances, aller réclamer un asile dans des maisons de charité. Ils n'ont pas vécu dans un temps ou l'on paye les artistes au poids de l'or, et les économies qu'ils ont pu faire ont été absorbées par dix ou douze ans d'existence sans emplois ou secours.

L'administration actuelle des théâtres jouit, grâce à votre munificence, d'un mobilier et magasin considérables, acquis en partie, permettez-nous celte vérité, par le concours de leurs faibles talents. Elle reçoit d'ailleurs d'autres subventions, tandis que des pauvres artistes, accablés par les ans et confiants dans les conditions de leurs engagements, restent dans l'oubli et clans la misère, mot bien cruel à prononcer, et pourtant, si vrail l'entendezvous, messieurs, sans émotion ?

Daignerez-vous, messieurs, nous permettre de vous faire observer qu'en rétablissant ce qui existait avant 1830, non seulement vous pourrie/ assurer aux suppliants une espèce d existence, telle modique qu'elle puisse être, mais encore établir un mode de pension pour les artistes encore en exercice, mais que l'âge forcera bientôt à la retraite. Ce moyen de récompense et d'encouragement ne serait onéreux pour personne, et deviendrait un attrait pour les artistes de mérite qui s'empresseraient d'accourir aux théâtres de Bruxelles.

Nous aimons à penser, messieurs, que vous voudrez bien jeter sur nous un regard de commisération, nous croyons la mériter par nos services antécédents et une règle de conduite sans reproches, dont nous ne nous sommes jamais écartés.

Nous sommes avec le plus profond respect, messieurs, vos très humbles administrés,

(Signé) Makie Roussellois, E. Dessessarts. 18 février 1845.

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