QUATRIEME PARTIE
Les célébrités que le théâtre révolutionnaire a mises sur la scène sont par ordre nominatif Barra, Beaurepaire, Charlotte Corday^ Damouriez, Marat, Mirabeau, Robespierre, J.-J. Rousseau, Target, Viala et Voltaire. Nous allons successivement examiner les différentes pièces écrites en leur bon* neur.
On connaît la légende de Barra. Le petit tambour de la République, surpris par des Vendéens, aurait refusé de crier :
< Vive le roi ! > et serait tombé sous leurs coups. Sans diminuer en rien la valeur du jeune héros, il appert de documents irréfutables qu'ayant refusé de livrer aux ennemis des chevaux qu'il conduisait à un abreuvoir, il tomba frappé de plusieurs balles. Voici comment Tauteur-acteur Léger célébra sa mémoire. Il fit représenter le 17 prairial an II (5 juin 1794) sur le théâtre Feydeau un tableau patriotique en un acte mêlé d'ariettes (musique de Jadin), intitulé
« V Apothéose du jeune Barra » . La scène est à Palaiseau. Les personnages sont : « la mère
< Barra, Nicette, sa fille, Francœur, volontaire, ami de Barra, « Vieux-Bois, le jeune Barra, le maire, paysannes, offi-
431 LR THBATHE DE LA
• cîerB mnnicipam, soldais, volonlaires, • Le livret nous apprend ■ que les paysans chaulent des cbteurs en l'hoa-
■ near de Barra avec des moavements de sensibilité pro-
■ nonces. ■
Viens-Bois , ci-devant marquis, aime Nicette, mais li jenne fille lui préfère le volontaire Francœur et elle l'epOQW. La pièce finit par nn hommage pnhiic an buste de Barra el par nn discours poétique dn maire, dont voici les dernien vers :
■ A vos enfants dès anjourd'hui
■ proposez Barra pour modèle,
• Qu'à la République fidèle
• Cliacnn d'eux sache, ainsi que lui,
• Vivre, vaincre ou mourir poar elle ! ■
Le citoyen Briois écrit un drame patriolitine sur le nïmi: héros, et l'intitule » h Mort du jeune Barra ou unejoum' de la VftwKe • {!). La citoyenne Lacroix jouait le rflle de Barra.
Chez le citoyen Gilbert est descendu le petit tarabonr, Aa lever du rideanGilbert lit desjtinrnaux;sarillealnëe, Clotîlds, travaille à des sacs de soldat; sa fille cadette. Aimée, àM uniforme. Barra qni vient de tuer six brigands et qui m achève un sur la scène obtient la main d'Aimée. La jew femme, pour n'Être pas en reste avec son mari, tue pemUol son absence trois brigands. Tout à coup on vient lui appreO' dre une horrible nouvelle.
Barra est tombé dans une embuscade. • Ces otonstres-Ii, " dit le paysan Joseph, lui proposent la vie, s'il vent crier:
■ Vive le ..., ce mot lui rend ses forces. Vive la Bépnbliqns!
■ s'écrie-t-il. Aussitôt il est assailli de conps et laissé pm! • mort. .
U) ReprésenlQ eu 1794 inr le théâtre Répaliliuld.
A ce moment on ramène Barra sur la scène. Il se redresse et crie :
« Je meurs digne de mon pays ! Je meurs content ! Vive la < République !...» Puis il expire.
Beaurepaire, commandant le premier bataîlîon de Maine-et- Loire, fut chargé de défendre Verdun en 1792. Le conseil de guerre accepta la capitulation. Beaurepaire, selon une tradition combattue par MM. de la Sicotière et Th. I^huillier, se brûla la cervelle. Par ordre de la Convention son corps fut transporté au Panthéon.
Les citoyens Jean-Joseph Eebœuf et Gandeille composèrent un opéra héroïque intitulé * la Patrie recontiaissante ou VApO" théose de Beaurepaire » et le firent représenter par TAcadémie de musique en janvier 1793. Adrien remplissait le rôle de l'ordonnateur, Lays celui du maire, Dufresne celui du Destin, mademoiselle Maillard celui de la citoyenne Beaurepaire et Rose Gavaudan celui du jeune Beaurepaire.
Le théâtre, suivant le livret, représentait une vaste campagne au milieu de laquelle des artistes et des ouvriers s'occupaient à Tenvi d'achever et d'orner une tombe pyramidale... de la plus grande simplicité. Une tribune et un amphithéâtre agreste se trouvaient éclairés par des torches sépulcrales. Le son d'une cloche et le canon annonçaient la cérémonie funèbre.
L'ordonnateur marchait en avant et chantait :
t Mais déjà la pompe s'avance t * Dans un cylindre renfermé « Déjà le salpêtre enflammé < Des magistrats du peuple annonce la présence f
Marche lugubre !
Un roulement de tambour annonçait que le maire al ait parler.
E LA BdV01.irFlDtl.
• Ami VMi, tendre ^poux, bon père,
• Il fut l'honneur da genre hnmBia t... r.'oRooNNATKïiR s'écrîait à son lo'ir dans tout l'emportmeul
' pnsiibk .■
• Haine éternelle aux vils briRamls
■ Qui de la liberté soiiillenl encore la terre.
• Jarons pour venger Beaurepaire
' De noui disalUrer dans hun crânes Ennjlanti .'