‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 115 sur 137 · ARLEQUIN · texte numérisé non relu

ARLEQUIN

« Eh bien! on invente I...

AIR de la pipe de tabac,

* A Paris on date de Londre

« Le grand renvoi de monsieur Pitt...

* Par soi-même on se fait répondre

LA RÉVOLl-TION.

• A des lettres qne l'on s'âcrit.

• On s'sttaqae pour se défendre...

■ Partout on exlrail de l'esprit,

• Kt l'on a grand soin de répandre - Les ■ on dit " iju'on n'a jamais dit. ■ 1

En résamé, ce type prêtait sartont fk l'esprit. Un des malors lazzi d'Arlequin esl celai-oi. On le pressait en scène >: raconter la mort de son pare. ■ Hélas, Messieurs, dispensezm'en I... Le pauvre homme est mort de chagrin de se voir pendre 1 •

^icodéme est h an Jacques (Lonîs- Jacques

:ffroy de Hoig j. • dit M. Thiîodore Muret, un

paysan tout nail et tout 1 ionl le gros bon sens est

assaisonné d'une ce*'"'np ce el qui tient an peu de

Sancho Pança. Le i ques, par l'organe de sou

Nicodème, se montre pi i la Révolution, mais de h

• Rëvolulion lelle que la . t les esprits éclairi^s et gé-

< séreux. 11 en a adopté toutes les réformes et tons les prin-

> cipes sans excès et sans violences... S'étant embarqué dans

> un ballon, Nicodème s'élève si haut dans les airs qu'il

• arrive presque dans la lune... Là il trouve ou peuple qui

• se plaint avec raison de bien des abus. 11 trouve des cour*

■ tisans comme il y en aura toujours sur la terre, un soove-

> rain qui a les meiilen-es intentions du monde, mais qui

• est circonvenu par tous ces gens intéressés à le tromper. ' Une paitie de chasse doit l'amener dans un canton, dont

• les habitants avaient grand besoin d'en appeler à la grands

■ jusiice du prince. Leur seigneur tient an contraire à ce qne

< S. M. Lunatique ne voie autour d'elle que l'apparence et

(l) Nicodème dani la Lune au la Résolulit* farAfique, folie reprJMntée )< 7 noT«mbrel790«l le ST lepUmbra 1791 poar Ja 1S6< roU id UitiM Pran^wi copùqne Bt lyrique. — A Paris, chai Froullé, 1791.

« l'expression dn bonhenr. Il vondrait que le curé de Yen-

* droit le secondât dans son mensonge, mais le digne pasteur « s'y refuse formellement (1)... »

« Il les verra, dit-il, vexés^ molestés, écrasés d'impôts et « se consumant en vains travaux pour les plaisirs et les folies « des grands... * Nicodème arrive de la Terre, est admis auprès de Tempereur; il lui apprend ce qui s'est passé en France et mis au courant des doléances des habitants de la lune, lui révèle ce que ses courtisans lui cachaient. L'empereur promet de faire le bonheur de ses sujets et Nicodème joyeux s'écrie : « Il n'est rien de tel que de s'approcher des hommes pour « être bon prince 1 » Puis ayant obtenu la permission de chanter, il débite un couplet dont voici la fin :

« Tous ceux qui n'seront pas contens « En France d'ieu fortune, « Afin d'mieux passer leur tems, « Pourront v'nir avec moi dans « La iunet *

La pièce eut une vogue extraordinaire. Les Jacobins accusèrent le Cousin Jacques d'être un modéré, un faiseur de rapsodies, soudoyé par la parti réactionnaire... < Le 31 dé- « cembre 1796, écrit Barba, on reprit au théâtre de la Cité < Nicodème dans la Lune. Cette pièce avait eu au théâtre qui

• faisait le coin de la rue de Lancry trois cent soixante- « trois représenta^ns jouées par Juliette qui avait quitté « l'état de traiteur pour prendre celui de comédien (2). > Reprise au théâtre de la Cité, la pièce eut encore deux cents représentations.

Le citoyen Déduit en fit une parodie sous le titre de Nico'

(1) L'Histoire par le théâtre, t. I, p. 104 (i) Mémoires, p. 65.

U Sokil (IJ. Elle fut jouée sur le théâtre de M. Yod, il son café, boulevard du Temple. ■ Celle parodie est mm-

vaise et ne mérite pas d'Être analysée, Armand Gouffé et Ronhier Deschamps firent représenter ir le théâtre de la Cité-VariéttSs le ipluviôse an IV (Sijinir 1796} nn vaudeville intitulé ' Nicodéme d Paris 01 h rade et le Dimanclie <■ (3) C'était one satire du décadi et ai bolition du diaiaucbe.

Nicodùme y déclare qu'il revient de la Inné, parce qu'on ne

.'y entend plas.

• Depuis huit jours je honnear qae je n'ai pas 1 nure qai promet. D'aillé' , temps de m'échapper de

ivé de la Inné et je croîs en jt. Tout prend ici ane lanrrons de bon compte. Il élail tl

■ J'étais parven la lune > A faire enn't ilntloD...

• Chacun sans sans rancune

• Adoptait la Ci».:>L.iution 1

• Mais biijDtJt on s'divise,

• El pis v'Ia qu'on s'avise

• D'vonloir troubler encore cte pauv'natioD t > Là dessus Nicodéme se dit: > On n'm'éconle pas; f»I < s'en r'tonrner chenx nous. Quand j'y serons une foii • lenoDS-Dons y et chantons gaiement :

■ Voyage, voyage • Désormais qui voudrai »

Nicodème croit trouver la France entière dans la joie. Erreur. La moitié des boutiques sont fermées, l'autre oavertes- II demande pourquoi. Un citoyen lui répond :

• L'almanacb de la République

« Est des Français ia règle unique « Et le dimanche est aboli.

« Ab ! bravo, caro décadi t

• Il vous trompe, réplique une femme en grande toilette « qui paraissait aller à quelque cérémonie, un livre sous le « bras :

« Aujourd'hui que la France penche « Ouvertement pour le dimanche « Il sera bientôt rétabli « Ah ! povero décadi t *

Nicodème tombe dans une famille où tout est brouillé, parce que le père fête le décadi, et la mère le dimanche. Deux amoureux ne savent comment réconcilier leurs parents pour arriver à leur mariage. Nicodème ramène ainsi le calme dans cette famille :

€ Décadi prochain Ton s'accordera, « On se mariera dimanche ! »

Le mot de nigaud qui parait avoir déterminé le sens défavorable de Nicodème ne s'applique ni au Nicodème du Cousin Jacques, ni à celui d'Armand Gouffé.

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