‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 120 sur 137 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LE GARÇON {soTtant du cabinet).

• Voilà !

NICOLAS

• Qu'un grand S3ptier de vin, surtout du bon, « Rende enfin la vigueur à mon gosier civique

« Pour crier de bons gros : Vive la République ! »

Il boit avec le soldat Grégoire, qui s'écrie, lui aussi :

« Mon ami Nicolas, puisse- je avec ce verre

« Engloutir le dernier des tyrans de la terre I »

(l) Pièce noQYelle jonée le 21 noTembre 1792 an théâtre Français.

fia trinqnenl enoors, puis ila vont prendre leurs piques pour s'associer à h cérémonie funèbre en l'honneur de Beiurepaire — Le tonnerre gronde... la Liberlë descend sumn nuage aznrâ ; elle tient à la main nne couronne de lauriers. EIIp pose la couronne sur l'urne où sont les cendres du héros. — Tableau.

Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday tue Marat. Le député Salles, qui s'était rangé du cûté des Girondins, compris dans le décret d'accusation dirigé contre eux, se réfugie à Cien, puis ï Saint-Ëmilion oii il écrit une tragédie en cinq actes et en vers dont le lilre est le nom même de l'héroïne : Charlotte Corday. Les personnages étaient Danton, Barère, Robespierre, Hérault de Séchelles, Amar, Charinlle Corday, Henriot, Raffet et Bazire. • Nous en donnons, dit M, de la Sicolière, le fragment le plus intéressant : c'est l'interrogatoire de Cliarlolte devant le Comité de Salut public f!).> Nous en citerons quelques fragments ;

< Comment vous nomme>t-oa 1

CHAH LOTTE

• Corday.

sdcHBLLBS (d part).

' Quelle ftme forte • Et quel éclat 1

BAHÏRE.

• Quels sont vos parents 1

CBARLOTTB.

■ Qne f importe ?

' Si de quelque vertu j'ai pn couvrir mon nom,

■ L'âme qu'ils m'ont donnée est leur plus noble don.

• 0 mon père, pardonne à ta fille chérie

• Si j'ai, sans ton aveu, disposé de ma vie ;

• Ma gloire t'appartient, console les vieux ans.

(l) Aprepes d'Aulographes, RouDO, cbei C»gni»ri!, 1864.

DANTON (A part).

* Dieux I qu'entends-je î

SÉCHELLKS (d part).

< Est-il donc de si grands sentiments?

(A Charlotte,)

* Quoi I si jeune ! braver la mort î peut-on le croire ?

CHARLOTTE

* J'aurai vécu bien peu, mais assez pour ma gloire.

Page 1