LE COMTE DE MIRABEAU
Dans une pièce épisodique d'un auteur inconnu, VOmhre de Mirabeau (2), représentée par les Comédiens italiens ordinaires du Roi, Voltaire reçoit Mirabeau aux Champs-Elysées et lui pose sur le front la couronne civique. Cicéron, Démosthène, J.-J. Rousseau, Mably, Franklin et Brutus joignent leurs félicitations à celles de Voltaire.
Une belle gravure de Moreau le jeune (L. Masquelier sculpsit) ; datée de 1792, a consacré le souvenir de cette pièce.
Arrivons à Robespierre. Le citoyen G*** écrivit un drame en trois actes sur la Mort de Robespierre (3). Il ne fut pas représenté et ne présente pas d'ailleurs d'intérêt scénique.
J.-L. Maillet publia en 1796 à Lyon une tragédie en trois actes et en vers sur le môme sujet. C'est Carnot qui débite la morale de la pièce :
« Puisse cette leçon, mémorable à jamais,
< Prouver qu'en renversant le trône des Capets « Les Français, révoltés d'un honteux esclavage,
« Détestaient plus encore le meurtre et le pillage
< Et que la sainte horreur qu'ils ont pour les tyrans,
< Ainsi que tous les rois, poursuit tous les, brigands (4). »
Il reste â citer un autre drame curieux en trois actes et en
(4) Préface de Mirabeau aux Champs-Elysées, par 0. de Gouge*.
(2) A Paris, chez Cailléau, 1791.
(3) A Paris, chez Cériou, an m.
(4) Catalogue dramatique de Soleinne, tome II, p. ^44. *
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LE THÉATOB Da LA I
fori de Hobespierre • (1). Il porte comme pnUÎ-
lion la aate du 9 Iherniidor an IX. Son auteur esl S^riujs.
!t onvrago offre des notes intéressantes sur divers événementa
'voIntionQRÎrea et la relation ds l'abbë Sicard sur las journées
9Bpl6Dibre,
Troi'ï nièces célèbronl Jean-Jacques Ronssean. La premiftre
tndrieax, • l'Enfanee de Jmn-Jacques Rousseau • (i),
CD an acte, musique de Dalayrac, représentée snr le
re ae rOpéra-Comique national le 4 prairial an U (23 mû
id Conseil de Genève vit Snr une couronna à J.-J. sseau, encore enfant, pi .voir écrit sous le nom de .aton le Censeur • des leu.- sublimes sur la chose pa-
On 3:
• Aimable enfant, qi. ^. 1 préuge
< T'annonce Ici de grand» destins I
• Qu'écrit pip loi plus rl'un ouvrage
< Soit un bienfait pour les humains I I De tes amis, de tes voisins,
• Avec plaisir reçois l'tmmma^
• Et que ton nom soit d'âge en âge
< Chéri des vrais Républicains t •
La seconda est de Bouiily, • J.-J. iloiuteau à set demie-) moments • (3), trait historique en un acte et en prose, représenté le 31 décembre 1790 par les Comédieui italieu ordintiru du Roi.
Le pieux J.-J. Rousseau dit en mourant :
< Que les Français suivent mes principes, qu'ils secondent • mes travaux et bientiM ils briseront tontes les chaînes qui les
M A Pari), cbei Maarof. In-8*4el!S6 page».
Ïi] Paris, chei Haradau, an i[.
3)7»iU, ctiu^^ranec 1190.
< avilissent et bientôt ils deviendront \t premier peuple dn '« monde ! Voyez- vous cette lumièrô Immense?... Voilà
< Dieu 1 oui, Dieu lui-même qui m^ouvre son sein et qui m'in-
< vite à aller goûter cette p^x éternellig 0t ioAltërable que
< j'avais tant désirée. >
Il se laisse aller dans les bras de ceux qui l'entourent et la toile tombe.
La troisième pièoe s'appelle la Fête de J.^J, Rouiiêau (i), intermède en prose mAJée de chants qui ftit joué sur le théâtre des Amis de la Patrie, rue Louvois, en 1794.
G^est un village qui célèbre la fête de Rousseati le jour de la translation de ses cendres au Panthéon^
Le maire harangue les paysans :
« Les Français doivent leur liberté à l'immortel Rousseau
< et je suis fier d'être destiné à lui peindre la reconnaissance « d'un peuple brave et sensible, en jetant quelques fleurs sur « sa tombe t >
La fête commence et deux jeunes villageoises déposent la Nouvelle Héldise sur le piédestal de la statue de Rousseau,
Elles chantent :
< De la sensible Julie
< Quand il nous traça l'ardeur,
< Il combattit la furie
« D'un préjugé destructeur...
< Saint-Preux, tes vives alarmes
« Peignent ton cœur sans détour...
< Peut-on résister aux charmes
« Du doux baiser de l'Amour î » "^
Et la veuve de Rousseau, émue par tant d'honneurs rendus au grand homme, chante à son tour :
« Vous qu'enchaîne un tendre lien,
E THÉATHB DE LA rStoLCTION.
• Soyez jaloDses de mes Urmei ;
• Qu'un jour un sort semblable an mien ' • Vous en fasse goûter les charme»,
• Vons pouvez en croire mon cœur,
• Mon destin doit tous (aire envie;
• D^sireï, pour votre boaheur,
• Époux qui serve la Patrie t... •
te célèbre avocat G ai -Jean-Baptiste Target, député ani États généraux et plus tard conseiller du Tribunal de cassation (4), eut les honuenra d'un pamphlet royaliste appelé " tragédie un peu bnrlesipie ■ . La Targétade, parodie d'Athalie, par Hnvier-Deafonten elles, parut l'an second (de la liberté île b presse). Voici quels étaient les personnages : jois. Le Dauphin, fils de Lom
ATHALUt. Madame Target père et mirr
de la O" (2).
joAD. L'abbé Maury.
Madame Élùabeth.
Madame de Baigecourt, dutu
de madame Elisabeth.
Vn iettyer de madame EU-
làbeth.
M. de Bouille.
De Cazalét.
D'Ambly.
7" dtMiraheau, Foucault, rie.
L'êvéque d'Autun.
L'abbé Siiyés,
JOSAHTK.
SALOIIITH.
CHIFS DES'pIlfiTIIBS ET L^TBS.
<1) Voir n brochure; " Le RépuhUcùin Tarsel. "
(î) 1 CoitniD« de madame Target : tant l'accoatreiaenl d'aoe temae qo relève de eaaobes, le rentre ajuit eacoca un eoibanpoint qai fûl cniadie DM tnpecUlatlDn. ■
LES CéUÈBRITÉS. 475
La scène est à la prison royale des Tuileries. Un écuyer accourt annoncer à madame Elisabeth que les révoltés menacent la vie du Roi :
l'écuyer.
« J'ai vu... j'ai vu forcer l'appartement du Roi !...