‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 124 sur 137 · LE COMTE DE MIRABEAU · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MIRABEAU

Dans une pièce épisodique d'un auteur inconnu, VOmhre de Mirabeau (2), représentée par les Comédiens italiens ordinaires du Roi, Voltaire reçoit Mirabeau aux Champs-Elysées et lui pose sur le front la couronne civique. Cicéron, Démosthène, J.-J. Rousseau, Mably, Franklin et Brutus joignent leurs félicitations à celles de Voltaire.

Une belle gravure de Moreau le jeune (L. Masquelier sculpsit) ; datée de 1792, a consacré le souvenir de cette pièce.

Arrivons à Robespierre. Le citoyen G*** écrivit un drame en trois actes sur la Mort de Robespierre (3). Il ne fut pas représenté et ne présente pas d'ailleurs d'intérêt scénique.

J.-L. Maillet publia en 1796 à Lyon une tragédie en trois actes et en vers sur le môme sujet. C'est Carnot qui débite la morale de la pièce :

« Puisse cette leçon, mémorable à jamais,

< Prouver qu'en renversant le trône des Capets « Les Français, révoltés d'un honteux esclavage,

« Détestaient plus encore le meurtre et le pillage

< Et que la sainte horreur qu'ils ont pour les tyrans,

< Ainsi que tous les rois, poursuit tous les, brigands (4). »

Il reste â citer un autre drame curieux en trois actes et en

(4) Préface de Mirabeau aux Champs-Elysées, par 0. de Gouge*.

(2) A Paris, chez Cailléau, 1791.

(3) A Paris, chez Cériou, an m.

(4) Catalogue dramatique de Soleinne, tome II, p. ^44. *

Ml •

LE THÉATOB Da LA I

fori de Hobespierre • (1). Il porte comme pnUÎ-

lion la aate du 9 Iherniidor an IX. Son auteur esl S^riujs.

!t onvrago offre des notes intéressantes sur divers événementa

'voIntionQRÎrea et la relation ds l'abbë Sicard sur las journées

9Bpl6Dibre,

Troi'ï nièces célèbronl Jean-Jacques Ronssean. La premiftre

tndrieax, • l'Enfanee de Jmn-Jacques Rousseau • (i),

CD an acte, musique de Dalayrac, représentée snr le

re ae rOpéra-Comique national le 4 prairial an U (23 mû

id Conseil de Genève vit Snr une couronna à J.-J. sseau, encore enfant, pi .voir écrit sous le nom de .aton le Censeur • des leu.- sublimes sur la chose pa-

On 3:

• Aimable enfant, qi. ^. 1 préuge

< T'annonce Ici de grand» destins I

• Qu'écrit pip loi plus rl'un ouvrage

< Soit un bienfait pour les humains I I De tes amis, de tes voisins,

• Avec plaisir reçois l'tmmma^

• Et que ton nom soit d'âge en âge

< Chéri des vrais Républicains t •

La seconda est de Bouiily, • J.-J. iloiuteau à set demie-) moments • (3), trait historique en un acte et en prose, représenté le 31 décembre 1790 par les Comédieui italieu ordintiru du Roi.

Le pieux J.-J. Rousseau dit en mourant :

< Que les Français suivent mes principes, qu'ils secondent • mes travaux et bientiM ils briseront tontes les chaînes qui les

M A Pari), cbei Maarof. In-8*4el!S6 page».

Ïi] Paris, chei Haradau, an i[.

3)7»iU, ctiu^^ranec 1190.

< avilissent et bientôt ils deviendront \t premier peuple dn '« monde ! Voyez- vous cette lumièrô Immense?... Voilà

< Dieu 1 oui, Dieu lui-même qui m^ouvre son sein et qui m'in-

< vite à aller goûter cette p^x éternellig 0t ioAltërable que

< j'avais tant désirée. >

Il se laisse aller dans les bras de ceux qui l'entourent et la toile tombe.

La troisième pièoe s'appelle la Fête de J.^J, Rouiiêau (i), intermède en prose mAJée de chants qui ftit joué sur le théâtre des Amis de la Patrie, rue Louvois, en 1794.

G^est un village qui célèbre la fête de Rousseati le jour de la translation de ses cendres au Panthéon^

Le maire harangue les paysans :

« Les Français doivent leur liberté à l'immortel Rousseau

< et je suis fier d'être destiné à lui peindre la reconnaissance « d'un peuple brave et sensible, en jetant quelques fleurs sur « sa tombe t >

La fête commence et deux jeunes villageoises déposent la Nouvelle Héldise sur le piédestal de la statue de Rousseau,

Elles chantent :

< De la sensible Julie

< Quand il nous traça l'ardeur,

< Il combattit la furie

« D'un préjugé destructeur...

< Saint-Preux, tes vives alarmes

« Peignent ton cœur sans détour...

< Peut-on résister aux charmes

« Du doux baiser de l'Amour î » "^

Et la veuve de Rousseau, émue par tant d'honneurs rendus au grand homme, chante à son tour :

« Vous qu'enchaîne un tendre lien,

E THÉATHB DE LA rStoLCTION.

• Soyez jaloDses de mes Urmei ;

• Qu'un jour un sort semblable an mien ' • Vous en fasse goûter les charme»,

• Vons pouvez en croire mon cœur,

• Mon destin doit tous (aire envie;

• D^sireï, pour votre boaheur,

• Époux qui serve la Patrie t... •

te célèbre avocat G ai -Jean-Baptiste Target, député ani États généraux et plus tard conseiller du Tribunal de cassation (4), eut les honuenra d'un pamphlet royaliste appelé " tragédie un peu bnrlesipie ■ . La Targétade, parodie d'Athalie, par Hnvier-Deafonten elles, parut l'an second (de la liberté île b presse). Voici quels étaient les personnages : jois. Le Dauphin, fils de Lom

ATHALUt. Madame Target père et mirr

de la O" (2).

joAD. L'abbé Maury.

Madame Élùabeth.

Madame de Baigecourt, dutu

de madame Elisabeth.

Vn iettyer de madame EU-

làbeth.

M. de Bouille.

De Cazalét.

D'Ambly.

7" dtMiraheau, Foucault, rie.

L'êvéque d'Autun.

L'abbé Siiyés,

JOSAHTK.

SALOIIITH.

CHIFS DES'pIlfiTIIBS ET L^TBS.

<1) Voir n brochure; " Le RépuhUcùin Tarsel. "

(î) 1 CoitniD« de madame Target : tant l'accoatreiaenl d'aoe temae qo relève de eaaobes, le rentre ajuit eacoca un eoibanpoint qai fûl cniadie DM tnpecUlatlDn. ■

LES CéUÈBRITÉS. 475

La scène est à la prison royale des Tuileries. Un écuyer accourt annoncer à madame Elisabeth que les révoltés menacent la vie du Roi :

l'écuyer.

« J'ai vu... j'ai vu forcer l'appartement du Roi !...

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