‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 16 sur 137 · AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Marseille, le 17 fructidor an II (3 septembre 1794) de la Républiqae une et indivisible.

« Le Représentant dn peuple envoyé dans les départements « maritimes^

« Considérant que si les théâtres doivent être regardés

< comme un moyen d'instruction utile au progrès des mœurs * et de r esprit public, il en résulte qu'on doit les assujettir « tous à des règles uniformes, afin qu'ils remplissent tous « également le but de leur institution ;

« Que le Comité de Salut public a posé les bases de leur or-

< ganisation dans son arrêté du 13 prairial, art. lY, etc.,

« Arrête :

Article premier. — « Les artistes des deux théâtres de Marseille s'occuperont sans délai du soin de former l'organisation matérielle de la direction de leurs théâtres. Art. II. — « Ils décideront s'il leur convient mieux, ainsi qu'aux progrès de l'art, de demeurer unis ou séparés. Art. III. — < Soit que les deux théâtres demeurent unis ou séparés, ils devront se donner des secours mutuels et en fournir au théâtre du Port-La Montagne, quand le besoin l'exigera ; des artistes vraiment patriotes et jaloux de leur art devant bien moins consulter l'intérêt propre ou une rivalité déplacée que le désir de se rendre utiles au développement de l'esprit public.

< Art. IV. — « Si les deux théâtres demeurent réunis, ils formeront le plan d'une administration commune ; s'ils se séparent, chacun formera le plan de son administration particulière, et dans l'un comme Jdans l'autre cas les artistes

( enverront leurs plans et leurs résultats à la Commission de < rinstruction publique à Paris.

« Signé : jban-bon saint-àndré, « j. LABROUGHE, Secrétaire (1). >

A Marseille, de l'imprimerie réTolatlonaaire da sanscalotte Rochebran près le Pont de Pierre (2).

Les artistes votèrent le 19 fructidor la réunion des deux théâtres.

Revenons aux lettres et aux rapports des observateurs :

N^ 181. — Lettre de Perrière d Paré,

Dimanche, 8 septembre 1794.

< Quant aux spectacles, quoique une partie des avantages que j'en retire me soit tonte particulière, tels que la connaissance des différents genres d'architecture des salles» l'appréciation du mérite théâtral des pièces et des acteurs, etc.9 leur étude me fournit cependant beaucoup d'observations qui peuvent concourir au bien public^ et dont Tobjet est la connaissance des dispositions de ceux qui les fréquentent et du mérite révolutionnaire des pièces et des acteurs. Je n'ai pas encore parcouru tous ces temples d'instruction ou de dépravation publique : mais ceux que j'ai visités m'ont fourni cette remarque que Ton peut faire en ce moment sur tous les points de l'Empire, c'est que la Révolution, partout voulue par le peuple, est partout méchamment contrariée par le riche ; il suit de là que les petits

(i) Archivei {%) Le miU(

Archives nationales*

milieu de l'affiche serrant de séparation entre les articles est rempli de bonnets ronges surmontés d'un coq.

spectacles, fréquentés pair la classe la moins aisée deà citoyens, présentent dans les spectateurs et cetix <Jtii les amusent un ensemble de patriotistoe bien flatteur pour le vrai républicain ; tandis. que ceux, à la construction des- (^uels a p.rés,i(ié Ifi magi^iflcei^ae, et ^opt le prix des places n'ouvre guère la porte qu'eaux riches, ne reçoivent dans leur seii^ q^e, les enpemis 4^ l^ m^erté ftu çmx q^'eilte trftlive indifférents. Mais, comme je Tai dit plus haut, cftttQ Iflfmarque n'est que générale^ et, dans les mnd^, ç;pec^c}es, il en faut excepter, par exemple, celui de la République, Il mérite véritablement son nom : c'est là qu'accourent les plus ardents patriotes, là qu'ils relèvent avec transport le plus petit trai^, l'alluspn la, p^\i^ éloi^^éei favorable au républicanisme ; là enfin que la liberté trouve des amis parmi les riches et que le patriotisme brille avec l'or et les diamants ; et les acteurs et les aûteuts sont dignes en tout de ceux qui les écoutent et semblent s'être formés depuis le despotisme.

< On donnait hier à ce spectacle la pièce tant courue de Robert, chef de brigands. On peut dire qu'il n'en existe point dont l'esprit soit plus conforme à notre situation politique actuelle ; elle respire la vertu, mais une vertu vraimeM révolutionnaire et digne des fondateurs de Rome. Elle irenferme seulement deux passages, dont l'un peut être saisi par les aristocrates et l'a été en eflFet par un ou deux qui se trouvaient mêlés à cet auditoire patriote, et l'autre a paru exciter les scrupules et balancer l'opinion des patriotes. Le premier est celui où Robert, se disposant à combattre 3,000 hommes avec sa troupe de 300, compte assez sur l'effet du courage pour s'exposer encore à en diminuer le nombre, en donnant ^ llh^F*^ i^® §P retirer ^ ceux q]^ ijp ^e iiei^tifaie^t p^^ asi^ez fermes pour le combat ; « seulement, dit-il, ils renonceront

à leuc habit mililaire, et je dirai, si ilOBS sommes vaincus, que ce sont des... voyageurs que nous avons dëpouilWs î » Ge trait de générosité a été vivement applaudi, parce qu'il peut Tètre par tous les partis ; mais j'<at entendu un aristocrate qui n'était qu^^ deux ou trois banquettes de moi, dire avec triomphe : Ah ! ce ne sont pas là des enrôlements forcés)...

« Citoyen, lui ai-je répondu, il est des époques pour les sociétés et des circonstances pour les hommes oii nul n*a besoin d*étre forcé; mais convenez que de vieux esclaves que Ton veut régénérer ont besoin d'être poussés au feu et qu'à leur retour ils sauront bon gré à ceux qui leur auront appris à retrouver le courage dans le sein du danger, et la

liberté qui en est le prix »

« Vous;^enez de voir, citoyen ministre, dans le théâtre de kt République une exception bien glorieuse à la règle générale que j'avais posée sur les grands théâtres. Celui de la Eue Feydeau, qui n'eût pas dû perdre son nom de Monsieur, en est une confirmation amère, du moins à ce qu'il m^a semblé. Je n'étais environné que d'impudents ennemis non -seulement des dernières révolutions, mais de toute révolution : même empressement qu'aux Français, et même mauvaise foi à saisir toute allusion favorable à la bassesse et à l'iniquité de leurs sentiments ; le ton léger et railleur des acteurs, toutes les fois qu'ils rasaient quelque idée révolutionnaire, ne donnait pas meilleure opinion d'eux f qu^ dçs^pep^ateurs; le titre glorie^^x et s^^^ré d^ citoyen ne f leur servait qu'à renforcer le çqmique d'upp positipn ; et « cet abus d'\^n noçfi si respectable e^^ (l'^u^^t woius par- « ^i^nable, q^'iU le çomineftaie^t dans une pièce dopt le < sujet et les détails sont de beaucoup antérieurs à l'époque € où la nation française s'en est revêtue ! C'était donc un pur

jeu de ces messieurs qni^ an lien d'employer cette dénomination à élever Tâme des spectateurs, ne cherchaient ijn'à la rendre vile à leors yeux, pour les dégrader enx-mèmes ; mais ils savaient hien devant qui ils représentaient. < Il suit donc de mon rapport, citoyen ministre, qu'il y a théâtres utiles et d'autres nuisibles. Il faut traiter les uns d légal de l'aristocratie et encourager les autres comme on encourage le patriotisme. Au reste, il est un reproche commun à tous les spectacles, c'est qu'il n'en est presque point où il ne se joue des pièces qui ne sont que la dégoûtante peinture de la corruption et de la légèreté enfantées par le despotisme; et celles mêmes à qui l'on ne peut faire cette objection contiennent toujours quelque trait, quelque expression qui peut sortir innocente de la bouche d'un acteur, mais qui, dans les circonstances où nous sommes, n'entre jamais telle dans l'oreille du spectateur l Je propose donc, citoyen ministre, que toute pièce qui doit être présentée au peuple, les anciennes encore plus que les nouvelles, soit soumise à la censure d'un certain nombre de patriotes purs, éclairés aussi, mais fermes surtout (1).

N^ 247. — Rapports journaliers,

10 bramaire an III (31 oct. 1794).

* Hier au théâtre de la République on a donné la première « représentation de Cange, fait historique arrivé à la maison « d'arrêt de Saint-Lazare. Le public a montré par des applau- « dissements réitérés, combien il est ennemi de la cruauté^

(1) Schmidt, tome II, p. 109.

LES GENS DE THÉÂTRE. i89

< de Toppression^ et Fami sincère des bonnes mœurs et de la « yertn... Gange et son épouse assistaient à ce spectacle ; le « public les a demandés^ ils ont para sur le théâtre aux cris « redoublés de Vive la Vertu, Vive la République (1). >

iV" 253. — Rapports journaliers.

2 germinal an III (22 mars 1795).

< .... Au théâtre de la République un événement tumultueux a obligé le public de se retirer avant la fin du spectacle par suite des mouvements qu'y occasionnèrent des jeunes gens qui, sous le titre de qualification « de Terroristes et de Jacobins > , voulurent que Gaillard et Dngazon parussent sur la scène, mais comme on vint dire qu'ils n'y étaient pas, plusieurs s'élancèrent sur le théâtre pour faire perquisition. Alors une quantité de jeunes gens forcèrent l'entrée du spectacle^ se répandirent dans la salle et demandèrent que ces deux artistes ne parussent plus sur aucun théâtre, mais qu'ils parussent à l'instant pour leur signifier l'ordre du peuple. On a annoncé alors qu'ils étaient à leur section ; l'on nomma à l'instant une députation pour aller instruire la section de la moralité de ces citoyens. Le spectacle a fini au milieu de ce bruit. Tous les autres théâtres ont été tranquilles (2).

(1) Schmidt, tome 2, p. 243.

(2) IHd,, p. 306.

460' LE THJ^ATRIl DE LA RÉVOLUTÎON.

15 pluviôse an III (3 février 4795.)-.

€ Au théâtre de la rue Favart on a crié à plusieurs reprises d bas Châlier 1 > Quelqu'un avait préparé la chute de ce buste ; il avait été attaché à la corde du rideau, de sorte qu'il se trouva enlevé et, par sa chute, a manqué de blesser plusiélHPB personnels. A tjelui de la rue Feydeau le buste de Marat, qui avait été replacé, a de nouvejiu été. renversé.

* A celui des Ar% au fayer-, un partieulier se vantait d'avoir jeté le buste de Marat aux It^iens, un fouet à la main, et attendait un renfort pour renverser le buste; aussitôt une centaine de jeunes gens se portéreût ai foyer» ren* versèrent le buste et le jetèrent au feui.

« Au théâtre de la rue Feydeau on a jeté un papier j et lu, qui est un appel au meurtre contre les terroristes, po^tr venger les frtmes ées vicUmes iimocentes égorgées par leur cnteîle fac-^ tiort, »

N° 261. — Bappor^ joitrnaliers.

is lùessidôran ïll (16 juTllet 1793).

« Spectacles fort agités ; au théâtre de la rue Feydeau, les « couplets du Réveil du Peuple cliantés et applaudis avec cha- « leur, surtout celui où il est dit, qu'il faut que les Jacobins « et la Terreur finissent; les spectateurs répétaient en cboms: « nous le jurons ! » Au couplet des représentants, on a crié « la toilô » , de manière qu'il n'a pu être chanté.

LES GEICS DB THâÀT|l9« idi

< Aux théâtres du Vaudeville et de rOpéra-Comique, même à^tatioB avec applaudissements des couplets du Réveil, à la réserve du dernier que l'on a refusé d'entendre. Au spectacle de là République, impatience des jeunes gens de ce que Ton ne chantait pas assez promptement les couplets du Réveilj six sont montés sur lé théâtre pour se rendre maîtres de la toile ; rixe entre un de ces jeunes gens et l'artiste bugazon ; le jeune homme s*est mis en devoir de tirer son épée ; les partisans, les acteurs sont intervenus et ont séparé les champions ; Dugazon s'est soustrait ; alors on a demandé que Dumas chantât le Réveil, ce qu'il a fait ; il a été vivement applaudi; le couplet des représentants a d'ahord été applaudi, quelques voix ont dit : « Pour les bons députés à la bonne heure t (i) >

iV® 263. — Rapports journaliers,

i*' thermidor an III. (19 juillet 1793).

t Aujithéâtre de FeydeàUy eiitre tes deux pièces, quelques jeunes gens dans k parquet. ont chanté le Réveil du Peuple, qui a été très-applaudi d'une partie du public. Au coi:4)let des représentants,, des voix parties des secondes ont crié à b£^ à bas 1 > j cependant il a été chanté, mais applaudi partiellement.

« Au théâtre des Arts le désordre était à son comble, tant au dehors qu'au dedans. Dans l'intérieur de la salle le bruit a commencé par ée» voies de fait ; le représentant du peuple Merlin de Thionville a voulu parler ; il a été peu écouté. On criait de toutes parts que l'on voahât ramener la Ter-^

(1) Schmidt, tome II; p. 368.

renr, que l'on promettait justice contre les buveurs de sang, que ces promesses n'étaient qu'illusoires, attendu qu'on les mettait au fur et à mesure en liberté. On a été jusqu'à dire que la Convention contenait encore dans son sein des égorgeurs, qu'il fallait qu'elle fût purgée, qu'elle avait trompe la confiance du peuple qui ne le serait pas plus longtemps. Un adjudant général a paru sur la scène et de la part des Comités, dont il s'est dit envoyé, a exhorté les jeunes gens d la concorde et d la fraternité. On lui a à peine laissé le temps de dire deux mots ; il a été interrompu par les cris répétés « que les Terroristes et les Jacobins périssent t > Cette scène a duré assez longtemps, ensuite on a demandé si l'on continuerait la pièce ; il a été dit < oui > de tous côtés. Les jeunes gens sont partis en disant : «Nous avons commencé, il faut mener cela grand train ! > chantant le Réveil, et criant : * A bas les Louvet et les Louvetauts I (i) >

Rapport général,

Paris, le 29 brumaire an IV (20 noTembre <795).

« Théâtres toujours extrêmement remplis et tranquilles au « dedans. Toujours le Vaudeville troublé au dehors par le roya-

< lisme et la sottise. Toujours même nécessité d'avoir une « garde respectable et imposante pour forcer au silence et au

< respect l'essaim de libertines et de polissons qui en infectent * les corridors et le foyer,

« HOUDEYER (2). »

isî

Scbmidt, tome II, p. 373.

Ibid., p. 460.

Rapport du 1" frimaire an IV (22 novembre 1795).

< Malgré la grande afflaence de monde qui s'est portée hier aux spectacles, ils ont été assez tranquilles à cela près de la diversité des avis qui se manifestent de temps à autre, relativement à Tair de la Marseillaise,

« Dans les foyers de 'plusieurs il n'est pas de ridicule qu'on n'ait jeté sur le Directoire et sur les deux Conseils. Les uns disaient que les Vendéens trouvaient à chaque pas la \ictoire; les autres assuraient que sous peu nous aurions un mouvement général, que tout en conséquence était préparé. On a distingué parmi ces insolents orateurs le marquis d'Armaillé et un nommé Rosetti, Italien, qui, malgré son royalisme et son incapacité^ occupe une place dans une administration. >

4 frimaire an IV (26 novembre 1795).

« Le théâtre du Vaudeville offre toujours des scènes scandaleuses. L'hymne des Marseillais a été siiSlé (i). >

17 frimaire an IV (8 décembreîl795).

« Les théâtres du Lycée (des Arts), des Variétés et du Vau- « deville fermés excitent les applaudissements des amis des * mœurs; mais si un prompt règlement et sévèrement exécuté « n'est pas mis en vigueur, celui de la Républiqm sera bientôt < déserté par les citoyens honnêtes et tranquilles, et représen-

(1) Scbmidt, tome II, p. 468, 470, 480.

iO

« tera à lui seul le tableau hideux du libertinage. Déjà il se « compose de tous les libertins et libertines des environs. Ceux « du boulevard exigent une surveillance Hgiàe, èliè à^èXtercera. \l\ m faut pins Hfu'uh règienent sévère et prôteeiear des k bon»eft mœurs, ^r ies ramei^* i tetr véritable mlkttUen,

iV« JfÔ5. — Bapporï (Suite).

17 ftiillKtH» M IV (8 (Oému/tt iwsi.

t Le rôyaïièiùie àé montré àViec imptritencô ; le ïtiXé tÉhât^irt « marctie à la suite. Queîs sont 'dîôi tt^yalîstes, ten tettrttoî « perâontMig'es ? Des fournisseurs, soit anciens, is6ît -èA 'éxHr^

< ûice, de là Répubiri^nie cft de ^s âUrmées. L^ leutmell 4eâ *

< spectacles n'ont établi leur élégance que sur la profusîoft dô « ces messieurs. Le peuple n'en doute pas, et ces voleurs roya-

< listes jouissetet du firuit de le«rs rapines, et le gouvernement ■ « reste tranquille sur. ces désordres. Les fayers des spectacles « Re présen^eRt à k vue qùè ceè brigasids lovt IftâAaiits de « leurs vols '01 dès étourdis à. èadeRetties. iJisoat Tàirn^pÉdent « et rassuré ; mais écoutez-les, ils tremblent et redoutent les

< mesures sévères que Ton menace de prendre contre eux. « Qu'on leà plpeïïnè donc ces ïnèsûfes, et elles seront plus -« Vivemefâl; api^aud^ q^'èllèà ne ^ok% iïAfitlà^mjÈmt at- ^ Rendues !.v, =(^>.

(1) Schmidt, tome U, p. ^îii.

(2) Ibid,, p. 534.

LES 0BN9 BB THlÉÀn». MK

iV° 298. — Rapport {Smté),

20 frimaire an IV (il décembre 1795).

* Ces nfio^s ; « le vice triompha e{ la vertu est persécutée »

< ont été vivçment ^ppla^udis ai} théâtre Italien, où les Adonis

< se sont jjçtés.

« Les acteur^ ta VaVfâ^ville disent qu'on a exprès expliqué « sur Taffiche qu*on jouait par ordre le Chant du Départ, pour « ne pas dégoûter les habitués (1).

%% frimaire.

« . , . « LtM ^^Uciles ont été tranquilles malgré T^filaeiice et le nombre des femmes publiques. La fermeture des foyers d% tons les spectacles serait un excellent moyen poui» éviter toiu \m rassemblements d'étonrdia et da QUet pabliqnfis. {40 règlement, qui est attendu, n'oubliera certainement pas ce point important ; c'est là que se tiennent les conversations qui ne sont pas à l'ordre du jour et se commettent des indécences qu'une bonne police doit répriinert « L'affluence était considérable au Vaudeville, parce qu'on donnait une pièce nouvelle, V Ecole des mères ; cette pièce, assez mince, n*a rien offert qui pût donner occasion à l'esprit public de se manifester ; quelques maximes de bonne morale ont cependant été applaudies. La scène ajoutée à Arlequin afficheur pour inviter les habitués à ne plus ftiire d'allusion, et à se conduire décemment, a été Irès-applaudie du parterre, et très-peu des baignoires, qui, ordinairement, étaient fort tranquilles dans les entr'actes (2). »

(1) Schmidt, tome II, p. 534.

(2) IHd., p. 534.

Rapports journaliers,

3 nivôse an IV (24 décembre 1795).

« Les spectacles ont été tranquilles, à la réserre du théâtre € de la rue Favart où TajBluence de monde était si considé- « rable qu'il y a eu un grand nombre de montres et porte-

* feuilles volés à l'entrée du spectacle, jusqu'au chapeau d'an

* factionnaire qui lui a été pris sur la tête (1)... »

8 nivôse an IV (29 décembre 1795).

« Les orchestres et les foyers continuent à être le rendez- < vous des ennemis de la République. Ceux-ci ne cessent de « la vouer au mépris et à l'indignation publique (2). >

Nous donnons ici un rapport trouvé par nous aux Archives nationales et qui a une réelle valeur par sa dernière signature :

Armée de Vintérieur,

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