‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 2 sur 137 · LES AUTEURS · texte numérisé non relu

LES AUTEURS

Les pièces de théâtre que la Révolution française a vu paraître dans l'espace de dix ans sont très-considérables. Nous parlons de leur nombre. On n'en connaît généralement que sept ou huit : Charles IX ou VÉcok des Rois, les Victimes cloîtrées, Jean Calas, Othello, VAmi des Lois, Paméla ou la Vertu récompensée, Vlntérieur des Comités révolutionnaires ou les Aristide» modernes^ Madame Angot ou la Poissarde parvenue.

Les noms des auteurs arrivés jusqu'à nous sont ceux de Marie-Joseph Chénier, Fa})re d'Églantine, Laya, Picard, Gabriel Legouvé, Ducis, Alexandre Duval, Martainville, Lemercier. Maillot, Armand GoufFé, Olympe de Gouges, Ducancel, Dupaty, Radet, Piis, Desfontaines, Georges Duval et Pigault- Lebrun. Mp.is cqrabien de lecteiirs pavent-ils que Nazjiire, Bouilly, Léger, Castaing, Pain, Sewrin, Dorvo, Charlemagne, Cuvelier, Hapdé, Vial, Prévost et autres ont écrit des centaines de pièces ? Combien de personnes ont-elles lu (nous prenons au hasard) V Agioteur, la Bonne Aubaine, le Canonnier convalescent, la Dévote ridicule, Élize dans les bois, la Fille soldat, le Gâteau des Rois, Montano et Stéphanie, la Nourrice républicaine, la Perruque hlçin4e,le8 fJrmlii^çs efles Vieux Époux?.,, Nous ne venons de citer qu'une douzaine d'ouvrages sur un millier au moins que nous avons eu le courage d'étudier avec soin. C'est le résumé de ce long et scrupuleux examen que nous offrons tout simplement aux lecteurs curieux de connaître à fond le théâtre révolutionnaire et les œuvres de ceux quij pour parler le langage du temps, < ont senti leurs « cœurs s'allumer au feu sacré qui brûle sur les autels de « Thalie et de Melpomène » I

A quels sujets les auteurs de cette époque si dramatique n'ont-ils pas touché, poussés par leur caprice ou entraînés par la force des choses ? Ils ont chanté sur tous les rhythmes les triomphes de la Révolution, de la République, de la Démocratie, du Tiers État, de la Liberté, de la Raison et de l'Amitié ; le Génie de la Nation, la Vertu, la Sensibilité, la Tolérance» l'Amour, la Conscience, la Bienfaisance, la Valeur, THospitarr lité, le Devoir et la Nature ; ils ont célébré la Famille, 4pg époux généreux, les époux réunis, les époux républicain^, le bonheur d'être père, le mariage civique ; ils ont r^Hé 1^ gIosbomanie, leç sottises du moment, les femmes politiques, les

jaôobii^ et ]^ ^jPf oristes ; iU pî^t p|e^r^ m le§ vjpjjmeç d^ co^v^n^ pt sur ]^s iriguenr^ des çlpl|]rei» ^ ils pa( applaudi ai^x déprèlrisés, au o^arUge des cffréç, tandis q|i'i|s dé,c)aqi)aiei^( contre les ,^ncie^ i^qui^^te^rs jst les npi^ypaux Tartnffes ^ ils ont incj^)rné les rldicple^ (lains des types dpy^ff^s pélè))res, Madame Angpt^ •4rl3^in» Figarp et Nicod^pae; ils ont fêté avec )e ifièff\e enthousiasme le i^ juillet^ le iQ août, le 9 thermidor, le 18 fructidor, le 18 brumaire, l'Assemblée constitua te, l'assemblée législative, 1^ ([loi^yention et le Directpire ; }h 9Ut pxaltjé les victoires deç armées républicaines et acclamé leç exp)pit§ d,e Poja^arte. E^ cependaiijf J.-B. ïladef, YmtW in NfiHfi rof^rifr^ définissait ^Im l0 no^veau I^M^^FP y

« An théâtrp Qiïfîf sous 4^9 trai^ séduisaii^

< Des rois prgnfeilleu^, dje lâcj^es courtis^]:^^

« pes pères trompés^ des valets çpmplaisans^

« C'était là l'état monarchique.

« Peindre tels qu'ils sont les tyrans oppresseurs,

< Chanter les exploits de nos fiers défenseurs, « faire dn tl^é^tpe une école de mœur^,

* Voilà quelle est la j^publique f »

Faut-il le dire en tput^ franchise? En général^ consi4éré ^ paîa$ de ¥ue lijltéraûre^ pe thé^tfe est médiocre. Çà et là quel* ques pièces émergent de U fpule banale et de la cohue jie» à-propos : le CharU$ IX et 1^ Caïus Gracchus de Marie-Jpsepfi Chénier, le Cala», F Ami des Lois et le Falkland d^ U^sl, le Robert, chef de brigands^ imité de Schiller par ^martellièrei le Quinfus Fal^ius de Legouvjé, le Souper des Jacohim d'Armand Charlemagne, les Assemblées primaires de MartaiuviUe, YAgamemr^ ^ liCiuercier et une dizaine d'aut^ d^^^ ^^ négligeons 1^9 nou^s afin d'abfégef cette i^p9enc)ature; p^que UP^ WW rpcc^ou ^ ]e^ éljj^V^f 4#f)3 \^ ai^trp

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