OB LA
«... Duas restantum anxius optât, Panem et circenses. »
(D. JUKII JUVIKALIS SATIR4Î. - X.)
Qi^an^ à Beaumarchais, il importe de constater que s^ çél^brité remonte à 1775 pour le Qarbier de SépUle et à J784 p9WF le Mariage de Figaro, pièpes qui ,sonJ exactefperjt Tifflag© de la vieille société français^ à )a vei)Ie de U Révplfi^j.on. I( n'est donc compris dans la période exapioée p^f ^qvl^ ç^^el pour son drame la Mère coupable, et, sai)s yqulpir (l|ipi):^|ier le merveilleux écriv^,ia auquel nous réservons ailleurs pt pl]iis tard une étude spéciale^ il nous est bien peripis ^e 4JrP iP^ ce drame n'ajoute rien à sa gloire.
La politique cuisait donc à l'essor ^\^ tl^éâtre p\ donnait un tour fatal à nmagiQation des ^utei^rs. D'n^ ^i^^re 0(^1^^ c'e^t ce ({iji pfête aux pièc,es de 1^ péyolutipu |in car^^èr^ partipulier : ç'^st .ce p^r^actère qj^ ^qu§ allous e^f^ijainer, ]^ seul qui puisse yv^m&nt intéresser }e IjBcteur. Par }^ ^fjéli^ miuutieuse avec laqupliç pe^ pièces exprifnent )e^ idjées Je» plus fugitives du fppu^ef^t, les fpliea^ les caprice^, la mo4ey ]^ préjugés, elles constil^uent d^s docii^fpents historiques i*jiù^ valeur supérieure aux journau:;^ et aux pamphlets de c^tte époque. Ou ye;rra da^s \^ PPurs de cet ouvrage se refléter le» sentiiuen^ e|; les passions à& la société révolutionnaire, revivre les perspunages célèbres, apparaître les type» eu vogue et les grandes journées.
Nous n'examinerons donc pas en détail les diverses pièces qui ont passé sous nos yeux. La besogne serait trop ingrate pour uous et surtout trop pénible pour jCteux qui uous feront l'honneur de nous lire ; mais il est un point sur lequel nous voulons d'abord attirer leur attention : les dédicaces et les préfaces des auteurs. Elles nous ont souvent frappé par leur style et par leur originalité : nous nous reprocherions de ne pas en citer quelques-unes. Nous les prenons comme eUe$ nous toinbeut soa$ la main, persuadé que le hasard nous servira mieux ouq la plus te^bile prépar9li9P<
LBa GENS DE THEATRE. •**' 7
Lupinid ou les Çm^ik dangereusf H): tQ toi qi)i ffis bffio- « £||saf^t, p()i)ofQphe, sensible ef ^p^oi|fei^| ëcoaM-qi^aî. « Qaigfi9 8i9i^i?9 ep fpft lis^^t. J'ai f^^\ quelque 4ft»«Pr» ^9
< la calomnie et ta connue fai^s 869 pa}|us||r§. Pi|Î89a«*tu ^n
< ètim U defliidn» victiwa ?
< Adi^a. le t-aime comme je l'admise I »
SiUvait nue aatre dédicace à one ai&trice : r A cel)e que j'aime > , et dans les termes suivants : » 0 ma Ziline, reçois ma comédie avec le plaisir que j^ai
< à té l'offrir. J'ai imaginé des méchants ponr montrer les « daafers de la calomnie et de la haine. J'ai parlé de tas « chagrins. Ils n'ont en qa'an paomeat et l'enYie màme ap^ « pread à t'applandir.
« Que ton regard est enchanteur 1 « Amour, c'est ainsi que tu blesses ; « Q]fï m^urjt de Texcôs du bonheur...
4^ ZélU^f je crains tes caresses.
« Mais ce^e^dant si dans tes br^s « De plaisir et d'amour j*expire, « Mon amante, n'en doute pas, # Je renaîtrai pour te le dire {... >
Le citoyen Arnault était au moins aussi tendre quand il offrait Oscar, fiU d'Osmn (3), cette tragédie si passionnée, à sa femme :
< Tu ne dédaigneras pas l'enfant de mon cœur, ô mon « amie, toi dont l'exist^oe est depuis si longtemps un bienfait
< pour la mienne, toi qui dus m'entendre en écoutant Oscar,
(i) Brest. 1791.
(<2) Tragédie représentée, le 14 prairial an iv, sur le théâtre de la Republiqitô. J^^ joi^a^t le rôle d'0$ear. — Cette pièce a ét|é parodiée par 4. Gonflé et R. Deschatnps sur le théâtre de la Gté. le 5 n^essidor aç ly, ^fxfifi 1« t|tr« d9 « Méd^rt^ (iip ^ Orfi^pon^ »,
< toi qui vas me relire en le lisant. Quelques femmes onl
< dit: Je ne voudrais 'pas être aimée comme cela!... Que ces
< dames se rassurent. Celles qu'eflfraye un tel amour ne sont « pas celles qui l'inspirent et tu sais, mon amie, que celui qui
< le ressent peut n'être pas un barbare... »
Le même dédiait avec une solennelle emphase Blanche et Montcassin (i) à « Buonaparte, membre de l'Institut > . On va savoir pourquoi le poète tenait à donner ce titre au général : « Voici le nouvel enfant de mon cœur. Ami des arts, c'est h * vous que je l'ofiFre; membre de la première société savante « et littéraire de l'Europe, n'en faites-vous pas votre plus « beau titre?... » H lui rappelait les délices de leurs soirées littéraires dans l'intervalle qui s'écoula entre les victoires d'Italie et la conquête de l'Egypte; il lui citait avec complaisance les lectures de Bernardin de Saint-Pierre (2) et les vers de Ducis, puis il ajoutait :
« Il me fallut descendre aussi dans l'arène. J'y parus avec « cette Blanche que j'ai rapportée d'Italie. Blanche séduisit ses
< juges. Ses larmes firent couler les levLTs.Vous pkurâtes vous- « même\... Cependant une catastrophe terrible ne terminait « pas alors le cinquième acte. — Je regrette mes larmes, me dites- « vous. Ma douleur n'est qu'une émotion passagère, dont j'ai « presque perdu le souvenir à l'aspect du bonheur des deux « amants. Il faut que le héros meure /... » Arnault consentit à tuer le pauvre Montcassin, car, suivant lui, < un conseil de
< Buonaparte devait produire une victoire. > Lesgénéraux victorieux ne recevaient pas seuls des pièces en
hommage, les comités populaires et les gardes nationaux avaient aussi leur part du tribut. Le cpmité de correspon-
(1) Traj|[édie représeatée, le 25 yendémiaire ao vu, sur le théâtre de Ita, Hëpablique.
\i) Bernwrdio «riUt appelé Bonaparte « héros philosophe « ,
dance de la société des Amis de la Liberté et de l'Égalité, séante aux Jacobins, remerciait par la lettre suivante datée du 4 septembre 1793, le citoyen Thiébaut de sa pièce la Révolution
francise : ^
* Frère et ami, la société a reçu votre ouvrage intitulé : « la Hévolution française. Elle en a entendu la lecture avec « toute la satisfaction que vous deviez en espérer. Soyez per- « suadé, frère et ami, que la société ne vous a pas oublié, « qu'elle n'a jamais douté de votre patriotisme et qu'elle « vous croit comme elle (et vous invite à être toujours) occupé « à répandre dans Ëpinal et partout ailleurs les vraies lumières
< du patriotisme et du républicanisme.
c Salut et fraternité.
< Signé: gaillard, président; blanchet, a. larassb, senter,
< LEFORT, LOCHARD, Secrétaires. >
Nous verrons dans un autre chapitre ce que c'était que cette pièce soi-disant patriotique.
Destival et Lacour présentaient leur opéra le Gâteau des Rois (i) aux gardes nationaux avec cette épitre enthousiaste :
< Braves citoyens,
« Voilà un ouvrage que vous avez fait naître. Pour en « assurer l'existence, nous le déposons à l'ombre de vos dra- « peaux. Autrefois les gens de lettres invoquoient les pré-
< tendus Mécènes de la grandeur ou les utiles Midas de la
< finance. Letems est venu de s'adresser d'une voix libre et
< pure aux enfans de 1^ Liberté. Les sentimens que nous
ii) Heprésanté sur lo U^éàtre Pi^triotiqae. U 5 jaatier t786<
10 LE THÉA?ftB PB U ^^VOmTfON.
« pFQfe^soaS; qui seront les nôtres jusqu'au?: ^^mil»fS Sd^pifs» « vous 00mbattr^ »% vqus mourre» pour la^ d^fei^iiirQ t... f tfottssommes, ftyeo frat^rrî}M; braver ci^ygRS, vqs 4igi^m
< compatriotes. »
Les mêmes auteurs font suivre leur épîlre d'une préface qui
débute par cette phrase curieuse !
« £n 9iler-mèm6 une préfaod ^st souvent qno Qiaiseri^ ( * Lç laFpttcbe Oizos-Duplessis ne craifit pas qu^on lui fasse rapplieatioi^ de cet aphoFisme, car il lait préoéfleF les Peu^le§ et les Rois eu le Tribunal de la Raison (I) de ce^te éiQouvante déjslaration de gnenre à ia Monaffehie ; < Les théâtres sons nn roi corrompront toujours les e^nrs^ car un roi fut toujours un monstre en morale et en politique. Ce mmêU» ne peut s'alimenter et conserver sa force épouvantable que par la dépravation des mœurs, par le développement des passions, par l'abrutissement des &mes et par la dégradation complète de tout ce qu'a fait l'Auteur de la Nature^ défiguré lui-même par les dominateurs de la terre et par leurs esclaves... Mais la Convention nationale, du sommet de la Montagne, répand à grands flots les feux i^nérateurs et, comme le flambeau du ciel, elle voit s'évanouir devant elle les nuages amoncelés par le crime et par l'ignorance. Le fi/ran n* est plus !.., Les factions s'engloutissent dans le sang de ceux qui les formèrent et le peuple français ne voit plus que l'Être et ses bienfaits, la Raison qui les désigne et toutes les vertus qui seules peuvent embellir l'existence des hommes. Les théâtres doivent s'empresser d'offrir cette idée consolante à ceux qui peuvent l'apprécier: que la haine des tyrans, vigoureusement prononcée, y fasse ir tout individu assez lâche pour les aimer encore i... >
(1) ReprésMiti lor M ^liéà^ ^ ^ (M, U U fsrmiQM «q u,
raat^^r Oorfpiii||e, qni §'appe|l0 iuirmi^0M « aci&nr tragique » et qui vjeal 4e aomp0fi0r J^ l4mym9 fmgiqu^ pi^trioUque ou le Coup d0grm de V(^rUki(iratie{l), i Frères et am|9| ^ éQrjt" il aux m^mbrea d3ji loisié^é» de» Amis da la Cop9titation dç Toa|o«a0> da Bayoppe et da Noatpâllier^ < jadis pu dédiait
< ses ooyr^goa ^ des roi», je dédie le miep k des bomn^ee libres. « Je mi», frères et ami9« ¥Ptre ég^l,
9 Signé i ppiiFBPii.i.ii, meoibre de toq(ei lei soeiétés • oirrdeseoe. >
Jj^ çjtQ^ep PoiQyinier3, membre da Musée et de la Société littéraire 4e Paris, ppus réyè)e que sa pièce if. le m^nfuis (f), « où régnait Tayersion pour tput pe qu'il y ^ de yain et de « mepspnge):» , a été refusée par le théâtre de laNatiop. Aussi dédl^ut $a comédie < k sou au^i» lui écrit-il : « Je pae flattais
< que içe pelit puvr^ge^ traduit sur la scène, pourr»il acquérir « à tes yeu^ PU nouveau degré de mérite, mais |es directeurs « d'uu tbé4tre souillé d'ariftocrQtie ont pru devoir le refuser.
< Il te plaira 4obc, 6 pion apii, il plaira de même h la saine
< partie du peuple par 1^ raison seule ()u'il n'a pas plu à ces
« messieurs 1 ^
Cet auteur se boru^it à exbaler publiquement sou dépit, mais d'autres, tels que Bifçet et Faciolle, emportés par la colère d'avoir subi up refus, déponçaiept les directeurs au Comité de Sa}ut pubUP comme aristocrates et suspects et demapdaiept c qu'uM $urveillan(^ nationale débarrqs94t les écrivc^ins des ^Priçp9 dçft ^trepreneurs de théâln > • Plusieurs dpcumepts des Arcbive^ natiopales nous ont appris que le Comité de Salut public était l'objet des sollicitations fréquentes de l£^
(1) Toulonse, 1790.
{%) VeriaiUes, 1790,
iâ LE THÉÂTRE DE LA EËVOLUTION.
part des dramaturges on des poètes et que ce Comité intervenail souvent auprès des théâtres pour imposer telle ou telle pièce. Le curé assermenté de Beaupréau (Maine-et-Loire), Coquille d'Alleux, auteur de la comédie le Prêtre réfractaire ou le Nouveau Tartuffe (1), a besoin de Tappui des Patriotes ou des Amis de la Constitution. «Je me fais un devoir, dit ce charitable citoyen, de donner au public un aperçu des sottises des prêtres réfractaires de nos cantons. Si cette comédie est digne de vos suffrages, votre approbation me dédommagera de tous les sacrifices que je fais pour soutenir la Constitution et dissipera Tennui dont je suis nécessairement accablé a?/ centre de l'idiotisme. Je suis, dans cette espérance, avec tous les sentiments les plus constitutionnels et les plus fraternels, frères et amis, votre très-dévoué frère. » Le citoyen Louis Tissot, plus bruyant, fait parler la poudre : Citoyens représentants, écrit-il aux membres du Comité do Salut public, les Salpêtriers républicains (2) ne peuvent paraître sous de plus heureux auspices que sous ceux dis sauveurs de la patrie qui ont indiqué au peuple français les moyens de fabriquer du salpêtre, ce foudre de guerre qui doit l'aider à exterminer tous les tyrans coalisés et h assurer à jamais Tunité et l'indivisibilité de la République. — Salut et fraternité. » Aussi obtint-il la faveur d'être joué sur le théâtre de la Cité- Variétés.
Pierre-Louis-Athanase Veau, capitaine de la garde natio^ nale de Tours, met sa comédie le Corps de garde national (3) sous les auspices des Amis de la Constitution, et nous apprend que « le désir de concourir à propager Tesprit nalion:U « et l'avenir de la Constitution Ta enhardi à exposer sur l.i
(2) Représenté le 8 messidor an ii.
(3) Représentée à Toars le 16 mai 1790.
IMS tlKMii DE THAaTEB. 13
< scène ce faible essai. • M. Veau maltraitait resprit national et les habitants de Tours, ponr répéter nne grosse plaisanterie qui courut dans le partarre, trouvèrent M. < Veau froid • .
Le citoyen Henri Pradel, jacobin, à propos de sa comédie V Instituteur ou le Patriote d l'épreuve (i), juge nécessaire de faire sa profession de foi :
< Je déclare hautement que je tiens à la Montagne, à cette
< montagne politique qui restera sans doute aussi immuable « dans ses bons principes que les montagnes de la nature « inébranlables sur leurs fondemens éternels t... >
Le citoyen Cammaille, auteur de VAmi du Peuple et acteur de rAmbigu-Comiqne, est encore plus énergique. Il s'écrie, à propos de la mort de Marat : < Un événement € cruel vient d'attrister le cœur des républicains prononcés:
< Marat est mort assassiné et les traîtres qu'il a dénoncés « existent t Mais leur triomphe ne sera pas de longue durée.
< Qu'ils tremblent ! Il existe encore des âmes énergiques
« Mon âme, toute de feu, dirigera contre eux l'opinion pu-
< blique et mon corps se présente aux coups des assassins. • La mort de Marat avait tourné toutes les tètes jacobines.
Chacun se croyait en danger. Un grand nombre vinrent, le lendemain de l'attentat, dénoncer dans les assemblées et dans les clubs qu'on avait menacé leurs jours précieux, sans pouvoir toutefois indiquer les coupables.
L'adjudant-major du 2« bataillon de Paris, Cuvelier, n'est pas moins excité que le citoyen Cammaille. Il compose une pantomime contre < les Royalistes de la Vendée » (2) et la fait précéder de cette déclaration enflammée :
< Puissent les tableaux affreux que ma main a essayé de « tracer redoubler dans tous les cœurs la haine de la tyrannie
(1) Paris, 1793.
(2) Représentée, le ^i fructidor an ii. sur le théâtre de la Cité- Variétés.
14 LE TIUiATaB DE hk fliiYOI«UTION.
< et dn fanatisme I Puiiaent les nuages de 'sang qui a'agglo*
< mèrent encore mr nos têtes se dissiper bientôt aux rayons « bienfaisants dn soleil de la Liberté I.., »
L'anleur de la Prise ds Cholet (1) est plm oonais. < l^es
< rois, je les déteste I les prêtres, je les abhorre 1 Im nobles,
« je les méprise !.... *
Is citoyen Sripis, pour montrer son sans^-cnlottisipe, s'adresse ainsi h ses camarades de la section dn Temple en leur présentant « la Mort du jeune ffarra (S) t ; < J>i dédié mon « premier ouvrage sur le Théâtre républmmt^nx&m^'CJuloUQ^ « de ma nation ou plutôt au^ Sans-Gulottes de rUniyars, car i tout ce qui est patriote est adressé h la Nation entière ; k t ee litre celui-ci lui appartient encore et je le lui offre,
♦ Votre frère \ pwois. »
Le citoyen Lebceuf déclare qu'en écrivant l'opéra héroïque « V Apothéose de Beaurepaire » (3) il a voulu prouver àses braves compatriote» < son enthousiasme pour la Liberté républicaine
< après laquelle son âme marseillaise soupiroit depuis plus de « quarante ans t .
Nous revenons h la sensibilité avec Préfontaine qui ofiFre son drame le Prisonnier d'Olmutz (4) h madame de La Fayette, jadis enfermée dans les prisons de Robespierre et consolant aujourd'hui son illustre époux :
< Toi qui. depuis cinq ans dans le fond des cachots, « Languis dans les chagrins et les vives alarmes,
< Famille infortunée, au récit de tes maux,
« Qu'il m*est doux de t'offrir le tribut de mes larmes! »
D parait que cette pièce fut vivement attaquée par la cri-
(1) Angers, 1793.
(S) Représenté sur le théâtre Républicain, en 1793.
(3) Rçprétent^ Wt rAo&déntie de musique eo jaurier iT93t
'4; Repréiènt< le !•» prairial an V.
im 61018 DK talATilt. 18
tl(itte. L'antetif éoHt âins 0110 pHhoê potif m jnsfifler : Qiié eerUind critiques, qtii lotgueni tout àvéc le télescope de l'ironie potir donner & leur Imâgiftfttion étroite tm genre d'originalité, é'amnsent, tant qn'il leur plaira, les âmes sensibleâ admireront dans tobs les tetns le détonemettt héroïque d'une femme, fécommandable t>ar sa condtdte, ses mœurs et ses vertus!... > Là cétebre Marie-Olympe de Ooilgés, qui tte potltait se con- Boléf dé i'insuccèë de t'Eietatàge deê Nègreê et l'attribuait ati mativaié vouloir des âctèurs de la Nation, place une longue ^Êicé en tète de âon drame leê Vœux forcée (1), où elle raecmte «es per^entiônê. < J'ai déjà pfonvé, dit-elle, que de-
< puis ma naissance Je snls perdëcntée \ qne rien ne m'a jai mais fénssi et qu'enfin les vraies Jouissances me sont c inconnues, qnoiqne le Ciel m'ait fait une âme pour en goûter « les déliceà. La littérature est une passion qui porte ju8qu*au
< déliré. Cette paSsion m'a constamment occupée pendant dix « années de ma vie. Elle a ses inquiétudes, ses alarmes, ses « tourments comme celle de l'Amour... mais il m'a pris fank taisie de faire fortune. Je veux la faire et je la ferai. Je « la ferai en dépit des envieux, de la critique et du sort
< même I »
Trois ans après, le sort conduisait Marie-Olympe de Gouges à réchafaud.
La préface émue de < F^énelon ou les Religieuses de Cambrai » (2) mérite un instant d'attention. < A la cour du plus « orgueilleux despote, écrit M.-J. Chénier, Fénelon fut un phi- « losophe et un patriote... Les peintures énergiques de Tin-
{i) ft^rélenté en dotobre il90, m le théàtfé Ffaûçftts (^talqué di I7-
(i) Trtgéâlé wpdtmêa sttr I0 th^tf s dd la ft^^tUbUqoé. U 0 (énlet
i6 LE THÉATRB DE LA RÉVOLUTION.
sensé lils de Sésostris, du féroce Adraste, du sombre et cruel PygmaHon, de l'infâme Astarbé sont des monuments immortels de la haine qu'il portail aux tyrans et de son amour pour la Liberté 1... » Après avoir chanté « cettg
âme douce » , M.-J. Chénier explique son but : « J'ai cru qu'en nos jours mêlés de sombres orages, lorsque les mauvais citoyens prêchent impunément le brigandage et l'assassinat, lorsque les vrais républicains, ceux qui ont pu croire nécessaires les actes les plus rigoureux de la justice nationale pleurent encore sur la moralité publique compromise par les crimes du mois de septembre, il était plus que temps de faire entendre du théâtre cette voix de l'humanité qui retentit toujours dans le cœur des hommes rassemblés. Par la nature même des choses, la mission du poète dramatique, lorsqu'il est digne de la remplir, est d'un effet bien plus sûr que celle du philosophe qui compose un traité de morale. L'un apprend comme on est bon, l'autre inspire le désir de l'être ; l'un disserte sur la Vertu, l'autre la met en action et la rend aimable et facile... J'attaquerai encore au théâtre les préjugés de toute espèce qui voudraient relever la tête ; j'y ferai verser quelques larmes sur les héros qui ne sont plus et je contribuerai peut-être, dans cette espèce de tribune, à perfectionner les mœurs sociales et à former insensiblement des hommes nouveaux par des lois nouvelles. > Marie-Joseph Chénier a dû se convaincre du succès de ses
plans vertueux et aimables, quand il a vu, le 7 thermidor an
II, son frère André traîné au supplice... (i).
(l) Nons troQTons dans un rapport de police du 21 fructidor an m (7 septembre 1795), la curieuse note suivante :
« Hier au théâtre des Arts, des jeunes gens, croyant voir les représen- « tants Dubois-Crancé et Chénier, firent des plaisanteries et notamment « sur Chénier en lui appliquant ces paroles de l'Écriture : « Caïn 1 Caïn ! « qu'as-ta fait de ton frère f »
Le gai Pigault-Lebrun en veut aux spectateurs qai n'applaudissent pas son drame larmoyant « le Blaiw et le Noir » . « Cet onvrage qui durait neuf quarts d'heure à la représenta. « tien a été entendu trois fois sans le moindre signe d'impro' « bation mais avec un silence désespérant. Trois fois les spec- * tateurs ont pleuré, et fâchés probablement d'avoir pleuré, < jamais ils n'ont voulu applaudir. » Aussi l'auteur retira-t-il sa pièce (1), en se jurant de ne plus écrire de drame et de renoncer à la sensibilité. L'auteur grivois de. V Oncle Ihomas et de la Folie espagnole tint parole.
Le citoyen Pain, disciple d'Anacréon, offre ainsi sa comédie « Saint'Far ou la Délicatesse de V Amour > (2) à sa maltresse :