‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 30 sur 137 · REY · texte numérisé non relu

REY

« Allons maintenant à la rencontre des Français ) Nous (1) Cbe« Barba, an ii,

< sommes dignes d*eux /.... Nous avons sa les imiter. Us étaient « nos ennemis, quand des tyrans nous gouvernaient. Qu'une c sainte amitié nous unisse à jamais et puisse notre exemple « hâter Tinstant heureux où tous les peuples de la terre « ne formeront qu une seule famille l »

< Le Gâteau des Rois > (i), opéra allégorique en un acte de Destival et de Valcour, représenté sur le théâtre Patriotique le 5 janvier 1796, est aussi une satire des Rois. La scène se trouve sur les débris de la Bastille. < Un homme modestement « vêtu en noir, annonçant une propreté voisine de l'indi- « gence (c'est un homme de lettres) (sic), contemple les « ruines de la Bastille et chante :

« Peuple libre, contemple avec horreur

* L'antre affreux de la tyrannie !

* Que cet aspect redouble dans ton cœur « Le saint amour de la Patrie î {bis) »

La Liberté apparaît et plante au milieu du théâtre un poteau garni d'armes rompues, de drapeaux déchirés; de sceptres brisés^ etc. Au haut flotte le bonnet phrygien. Au milieu du poteau on lit sur une banderole aux trois couleurs ces mots : Gâteau des Rois l « Les rois assemblés tirent la « fève. C'est la France qui obtient la fève, et de sa part sort

< le bonnet de la Liberté !... »

Quelques rares pièces ont plaint les royales victimes. Un auteur qui garda l'anonyme écrivit une tragédie intitulée

< le Martyre de Marie- Antoinette d'Autriche, reine de France^ (2). Le premier acte se passe au Comité de Salut public où l'on projette l'assassinat de la Reine, et les quatre derniers au Temple. Une des scènes les plus émouvantes est celle où des

(1) Paris, au Cabinet littéraire, 1796.

(2) Amsterdam, 1794.

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scélérats arrachent à Marie-AntoiDette ses bijoux. Elle les supplie de lui laisser son anneau de mariage. Ils refusent brutalement. La Reine baise Tanneau et s'écrie, en le leur remettant devant madame Elisabeth :

< Cher époux î... ô mon fils !... tout est fini, ma sœur...

< Je n'ai plus rien au monde.

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