‹ Le théatre de la revolution, 1789-1799Chapitre 36 sur 137 · LE CURÉ DE SOUPPÈ · texte numérisé non relu

LE CURÉ DE SOUPPÈ

« Vous devez le savoir*. Le sexe ésl fort habile, « Le diable est bien liiaiin et la chair mx fragile. « Aussi pour résister à ces trois ennemie, « Mariez-vous, dom Gerle^ et suive» mon avis.

l'abbé GOUTTE.

« Il veut vous marier î... N'en faites rien, dom Gerle ! « Vous des chastes chartreux et la gloire et la perle, « Vous voudriez former un profane lien ? < Ah I Seigneur, ce projet n*est pas d'un bon chrétien t »

Le curé de Souppe cite l'exemple de Tabbé de Boislorelte, et l'auteur ajoute en note i « Sa chère épouse que j'ai ren- « contrée dernièrement à l'Opéra m'a dit que M. l'abbé était < un des maris les pluà actifs du rôyautne. >

l'abbé GOUTTE {en sortant, à dom Gerle). * Puisque vous renoncez à votre cohtihence, < Puissiez-vous être un jour... vous me corupi^etiez bien !...» Le pauvre dom Gerle fut emprisonné avec Catherine Théot, comme coupable de complots théocraliqués, et recouvra heuïeusement sa liberté au 9 thermidor. Il finit par obtenir un emploi au ministère de l'Intérieur et mourut oublié de tous vers 1806.

Enfin, quel était le type du curé, favori du peuple i Le Voici d'après la chanson du * Curé patriote » extraite de la pièce de Radet et Desfontaines « Au Retour » (1) jouée en novembre 1793 au Vaudeville. Nous la citons textuellement, ^n priant le lecteur de nous pardonner cette audace :

(Oi Paris, chwç Brunel, 1793,

J*ons un curé patriote,

Un curé bon citoyen,

Un curé vrai sans-culotte,

Un curé qui n'fait que du bien.

Chaq' paroissien trouve en lui

Son modèle, son appui.

Et nos cœurs (ter) sont tons à lui t (bis)

Désormais le presbytère, Séjour de la liberté.

Par un froid célibataire Ne sera plus habité.

Not' curé vivra chez lui, Et sans dîmer sur autrui.

Il aura (ter) sa femme à lui I (bis)

Sans r secours de la soutane Et com' nous coiffé, vêtu,

Y r' mettra celui qui s' damne Dans r chemin de la vertu.

Y prêchera Ts enfans d'autrui.

Puis, le soir, en bon mari Il en f ra (ter) qui s' ront à lui î (his) *

Voilà comment le théâtre révolutionnaire respectait clergé I

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