LE CURÉ DE SOUPPÈ
« Vous devez le savoir*. Le sexe ésl fort habile, « Le diable est bien liiaiin et la chair mx fragile. « Aussi pour résister à ces trois ennemie, « Mariez-vous, dom Gerle^ et suive» mon avis.
l'abbé GOUTTE.
« Il veut vous marier î... N'en faites rien, dom Gerle ! « Vous des chastes chartreux et la gloire et la perle, « Vous voudriez former un profane lien ? < Ah I Seigneur, ce projet n*est pas d'un bon chrétien t »
Le curé de Souppe cite l'exemple de Tabbé de Boislorelte, et l'auteur ajoute en note i « Sa chère épouse que j'ai ren- « contrée dernièrement à l'Opéra m'a dit que M. l'abbé était < un des maris les pluà actifs du rôyautne. >
l'abbé GOUTTE {en sortant, à dom Gerle). * Puisque vous renoncez à votre cohtihence, < Puissiez-vous être un jour... vous me corupi^etiez bien !...» Le pauvre dom Gerle fut emprisonné avec Catherine Théot, comme coupable de complots théocraliqués, et recouvra heuïeusement sa liberté au 9 thermidor. Il finit par obtenir un emploi au ministère de l'Intérieur et mourut oublié de tous vers 1806.
Enfin, quel était le type du curé, favori du peuple i Le Voici d'après la chanson du * Curé patriote » extraite de la pièce de Radet et Desfontaines « Au Retour » (1) jouée en novembre 1793 au Vaudeville. Nous la citons textuellement, ^n priant le lecteur de nous pardonner cette audace :
(Oi Paris, chwç Brunel, 1793,
J*ons un curé patriote,
Un curé bon citoyen,
Un curé vrai sans-culotte,
Un curé qui n'fait que du bien.
Chaq' paroissien trouve en lui
Son modèle, son appui.
Et nos cœurs (ter) sont tons à lui t (bis)
Désormais le presbytère, Séjour de la liberté.
Par un froid célibataire Ne sera plus habité.
Not' curé vivra chez lui, Et sans dîmer sur autrui.
Il aura (ter) sa femme à lui I (bis)
Sans r secours de la soutane Et com' nous coiffé, vêtu,
Y r' mettra celui qui s' damne Dans r chemin de la vertu.
Y prêchera Ts enfans d'autrui.
Puis, le soir, en bon mari Il en f ra (ter) qui s' ront à lui î (his) *
Voilà comment le théâtre révolutionnaire respectait clergé I